<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751</id><updated>2012-01-28T12:09:07.044+01:00</updated><category term='Les muses s&apos;amusent'/><category term='manifestations culturelles'/><category term='(il) lettrés?'/><category term='résonances'/><category term='billet d&apos;août'/><category term='Les errances de Erato'/><category term='éthique d&apos;invention'/><category term='Romans à suite'/><category term='poésie'/><category term='Modern European writers/Auteurs de l&apos;U.E'/><category term='Les muses musent'/><title type='text'>Les muses à tremplin</title><subtitle type='html'>Les muses se proposent de causer,
les mots pour  l'expression d'un jour le jour,
d'une lecture qui reste ou ne reste pas,
d'un quelque chose à écrire et à partager.
A vos commentaires!</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>235</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-7420735972939171793</id><published>2012-01-28T10:53:00.001+01:00</published><updated>2012-01-28T12:09:07.049+01:00</updated><title type='text'>Il tombe des baleines</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-_X2t1mFyD_Y/TyPXKpwkM0I/AAAAAAAAAxY/GRvfw_U7-ek/s1600/101_0482.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://1.bp.blogspot.com/-_X2t1mFyD_Y/TyPXKpwkM0I/AAAAAAAAAxY/GRvfw_U7-ek/s320/101_0482.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="background-color: white; color: black; display: inline ! important; float: none; font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 18px; orphans: 2; text-align: justify; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px;"&gt;il tombe des baleines. sur la ville endormie. julia enfile ses bas de laine en me disant que c'est fini. et les oiseaux s'enfuient. et les chevaux se cabrent. les baleines, dans un cri, s'écrasent sur les arbres. et ça y est déjà j'étouffe. et julia fait tomber. une brassée de lilas sur le parquet flotté. on dérive comme on peut. sur la mer de mon appart. et les mouettes deviennent folles. il est grand temps qu'elle parte. et je deviens fou aussi et je rejoins la salle d'eau en rampant comme un ver. j'ai besoin de fraîcheur. et je pense à la couleur de ses yeux. en vomissant. et je pense au bonheur, et à boire de l'eau de javel.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="background-color: white; color: black; display: inline ! important; float: none; font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 18px; orphans: 2; text-align: justify; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px;"&gt;julia julia julia julia. je te phoque je te morse, salope aux yeux pissés. il tombe des baleines sur la ville endormie. et la misère se traîne. sur les tessons de la nuit. mais j'en ai rien à foutre. de la misère j'entends. qu'elle s'écrase et qu'elle me foute. la paix pour un moment. je me noie je me noie je me noie je me noie. je me chien et je me veau. je m'ordure et me pétasse. je me dieu et je me saint, me martyr et me fracasse. et je chiale et je chiale et je. chiale et je. chiale.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="background-color: white; color: black; display: inline ! important; float: none; font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 18px; orphans: 2; text-align: justify; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px;"&gt;&amp;nbsp;Pierre Anselmet &lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-7420735972939171793?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/7420735972939171793/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=7420735972939171793&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/7420735972939171793'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/7420735972939171793'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2012/01/il-tombe-des-baleines.html' title='Il tombe des baleines'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-_X2t1mFyD_Y/TyPXKpwkM0I/AAAAAAAAAxY/GRvfw_U7-ek/s72-c/101_0482.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-9025656396190261541</id><published>2011-12-07T15:39:00.001+01:00</published><updated>2011-12-07T15:39:43.566+01:00</updated><title type='text'>Les pyramides d’Egypte</title><content type='html'>Je m’appelle Faustin, je viens de fêter mes 40 ans et comme cadeau&amp;nbsp;d’anniversaire, mes frères m’ont offert mes carnets intimes d’enfance.&amp;nbsp;Reliés et tous dédicacés d’un petit mot par eux. J’ai pris beaucoup de&amp;nbsp;plaisir à relire ce que j’écrivais de ma famille à l’époque. Et j’ai eu le&amp;nbsp;cœur serré aussi de lire les passages concernant deux des membres qui ne&amp;nbsp;sont plus parmi nous.&lt;br /&gt;Tante Chloé s’est éteinte doucement il y a à peine cinq ans, éteinte c’est&amp;nbsp;bien le mot, peu à peu sa flamme a vacillé, elle n’avait plus assez d’air&amp;nbsp;pour l’alimenter depuis que le colonel nous avait quitté, un an&amp;nbsp;auparavant, d’un bête accident de voiture. Renversé par un chauffard&amp;nbsp;même pas ivre. Un vieux monsieur qui ne savait plus conduire, qui était&amp;nbsp;sorti de sa voiture paniqué en pensant avoir écrasé un gros chien et avait&amp;nbsp;fait une attaque en découvrant mon père sous ses roues. Le colonel venait&amp;nbsp;juste de prendre sa retraite et était parti habiter avec tante Chloé qui&amp;nbsp;resplendissait de bonheur, même si c’était une colocation tout ce qu’il y&amp;nbsp;avait de platonique. Sa joie n’aura duré que six mois.&lt;br /&gt;Il avait emporté tous les vieux souvenirs de l’appartement de fonction&amp;nbsp;avec lui, tout ce que ses sept garçons avaient laissé en partant faire leur&amp;nbsp;vie. Les cahiers d’école, les vieux livres, les jeux, les albums photos et&amp;nbsp;quelques bibelots d’enfance dont il n’avait pu se séparer. A la mort de&amp;nbsp;tante Chloé, c’est Auguste bien sûr qui s’était occupé de vider la maison&amp;nbsp;et de la vendre, nous en avions hérité et si certains, dont moi, voulaient la&amp;nbsp;conserver pour y passer des étés en famille – un regroupement annuel de&amp;nbsp;vieux frères – la majorité n’avait pas les moyens de la garder et de&amp;nbsp;l’entretenir. Et les vergers sont devenus le terrain de jeux d’autres&amp;nbsp;enfants.&lt;br /&gt;Auguste avait gardé précieusement ces reliques d’un autre temps, d’un&amp;nbsp;temps avec des soucis d’enfants et d’adolescents, de la dernière année&amp;nbsp;sans gros nuages au-dessus de la fratrie. J’avais arrêté d’écrire à la&amp;nbsp;maladie de César, trop inquiet, trop révolté que mon frère préféré – je&amp;nbsp;peux bien l’avouer maintenant – subisse encore un orage, comme si être&amp;nbsp;mutilé ne suffisait pas. Quand j’allais lui rendre visite, je tenais ses deux&amp;nbsp;doigts, sa main valide étant encombrée de perfusions et d’un cathéter et&amp;nbsp;en rentrant je n’avais plus le courage de tenir un stylo. Cette période nous&amp;nbsp;a tous encore plus soudés, si c’était possible, et les rôles s’étaient&amp;nbsp;distribués naturellement. Auguste tenait la maison pendant que le colonel&amp;nbsp;était avec César. Boris était devenu bénévole dans une association de&amp;nbsp;clowns pour enfants à l‘hôpital, et le soir il nous berçait d’histoires de&amp;nbsp;guérisons miraculeuses de toutes sortes. Damien était entré chez les&amp;nbsp;compagnons du devoir et apprenait à devenir charpentier pour ensembles&amp;nbsp;plus grands que nos cabanes, et dépensait tous les sous gagnés en livres&amp;nbsp;et friandises pour César. Éloi était devenu d’une sagesse exemplaire, sa&amp;nbsp;crise d’adolescence coupée net en plein vol. Et Gaspard faisait des projets pour quand notre frère irait mieux : il comptait bien l’emmener&amp;nbsp;faire de la plongée sous-marine et un saut en parachute.&lt;br /&gt;Et César ? Il souriait tout le temps, nous rassurait, poursuivait ses études&amp;nbsp;par correspondance, bien décidé à ne pas perdre son année d’avance pour&amp;nbsp;passer le bac. Et puis il avait un rêve à réaliser, il voulait à tout prix voir&amp;nbsp;les pyramides d’Égypte, passionné de mythologie depuis toujours, il&amp;nbsp;souhaitait voir la dernière merveille du monde encore debout.&lt;br /&gt;Un soir où on l’avait trouvé particulièrement pâle et fatigué lors de notre&amp;nbsp;visite, on s’était rassemblés autour de la table, tous unis en silence dans&amp;nbsp;l’angoisse et la peine. La gorge nouée, le colonel avait murmuré sans&amp;nbsp;entrain un « ça va aller les gars, il est solide notre César ». J’avais&amp;nbsp;répondu sans y penser « oui et puis il ne peut rien lui arriver, on est là et&amp;nbsp;on est tous comme les sept doigts de ses mains ». Bien plus tard je lui&amp;nbsp;avais raconté la scène et César avait souri en me disant que j’avais le sens&amp;nbsp;de la formule et que je devais devenir un auteur. Je suis devenu autre&amp;nbsp;chose, mais j’ai bien envie de nommer ainsi le recueil qu’ils viennent de&amp;nbsp;m’offrir, de le reprendre un peu, de poursuivre les souvenirs, de raconter&amp;nbsp;la rencontre de César avec les pharaons, la grande famille d’Auguste qui&amp;nbsp;a battu les parents en nombre mais dans la mixité, les &lt;i&gt;one man shows &lt;/i&gt;de&amp;nbsp;Boris qui commencent à avoir du succès après des années de galère et&amp;nbsp;d‘intermittence, les réalisations de Damien qui lui valent des prix, les&amp;nbsp;victoires d’Éloi en tant qu’éducateur avec de jeunes rebelles en&amp;nbsp;difficulté, les aventures de Gaspard pilote de formule 1, et de voir ce&amp;nbsp;que je peux en faire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Auteure : Stéphanie Tallon&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-9025656396190261541?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/9025656396190261541/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=9025656396190261541&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/9025656396190261541'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/9025656396190261541'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/12/les-pyramides-degypte.html' title='Les pyramides d’Egypte'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-7436780138214963256</id><published>2011-12-04T09:22:00.000+01:00</published><updated>2011-12-04T09:22:00.574+01:00</updated><title type='text'>La statue de Zeus</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-ejxRgdijJGI/Tr1_AxDR2EI/AAAAAAAAAw4/IDVFFq9X9MQ/s1600/zolan-richard-brothers-9967953.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="261" src="http://3.bp.blogspot.com/-ejxRgdijJGI/Tr1_AxDR2EI/AAAAAAAAAw4/IDVFFq9X9MQ/s320/zolan-richard-brothers-9967953.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Quand on était un peu plus petits, Gaspard et moi on se chamaillait tout&amp;nbsp;le temps et on en venait souvent aux mains. Pourtant je suis plutôt calme,&amp;nbsp;l’intello comme dit Boris mais même si le ton est moqueur, je sais bien&amp;nbsp;qu’en fait c’est un compliment. Je me souviens de ses yeux la première&amp;nbsp;fois que je lui ai fait lire un de mes poèmes. D’abord il m’a demandé où&amp;nbsp;je l’avais recopié, et quand enfin il m’a cru parce que je lui jurais que&amp;nbsp;c’était de moi, il n’a plus rien dit mais m’a lancé ce regard bizarre que je&amp;nbsp;découvrais : un regard d’égal et pas de grand frère. Et parfois il&amp;nbsp;m’appelle Verlaine pour rire et me dit de ramener mes sanglots longs à&amp;nbsp;table.&lt;br /&gt;Mais Gaspard il me cherchait tout le temps, comme si ça ne suffisait pas&amp;nbsp;de m’avoir piqué la place de chouchou des grands. Il me houspillait&amp;nbsp;jusqu’à ce que je craque et il avait sa méthode bien à lui pour ne pas être&amp;nbsp;puni : il me tapait mais c’était lui qui criait. Ce qui fait que le colonel me&amp;nbsp;punissait toujours moi, sans écouter mes protestations, parce que bon,&amp;nbsp;d’accord, pendant longtemps j’ai été plutôt jaloux de Gaspard et tout le&amp;nbsp;monde le savait.&lt;br /&gt;Et puis un jour, au jardin public où le colonel nous avait emmenés pour&amp;nbsp;qu’on prenne l’air – et sans doute pour respirer un peu lui aussi – Gaspard&amp;nbsp;m’a fait un croche-pied près de la mare aux canards, et il m’a enfoncé la&amp;nbsp;tête sous l’eau et puis il s’est mis à crier, comme d’habitude, comme si&amp;nbsp;c’était lui la victime. Et le colonel assistant, ahuri, à la scène, a fini par&amp;nbsp;comprendre. Il l’a pris entre quatre z'yeux pendant un bon moment, je&amp;nbsp;n’avais pas de montre mais malgré l’absence de soleil mes cheveux&amp;nbsp;étaient secs quand ils sont revenus. Je les voyais de loin, le colonel à&amp;nbsp;genoux pour être à sa hauteur et Gaspard qui le regardait d’un air grave et&amp;nbsp;hochait la tête de temps en temps. J’ai même cru apercevoir quelques&amp;nbsp;larmes, du moins je l’ai espéré. Je ne sais pas ce qu’il lui a dit mais au&amp;nbsp;retour mon petit frère s’est excusé, s’est serré dans mes bras et m’a dit&amp;nbsp;« je t’adore » avec une toute petite voix de bébé que je ne connaissais&amp;nbsp;pas. Pour un peu j’aurais pleuré. Mais comme j’avais bu la tasse et&amp;nbsp;qu’elle n’était pas bonne, je n’ai rien répondu, et je suis resté sur mes&amp;nbsp;gardes. Pourtant c’était bien fini : plus de bagarres et pas trop de&amp;nbsp;disputes.&lt;br /&gt;Depuis ce jour, je regardais le colonel avec le respect dû à un dieu, réussir&amp;nbsp;à calmer Gaspard en une discussion et me libérer de mon bourreau en&amp;nbsp;culottes courtes, ça lui conférait un statut olympique. Genre Zeus, pas les&amp;nbsp;jeux.&lt;br /&gt;Peu à peu ma méfiance est partie, on est devenus copains avec Gaspard,&amp;nbsp;finalement, c’était chouette d’avoir un petit frère. Parfois il acceptait de&amp;nbsp;faire ce que je lui demandais et comme il écoutait souvent aux portes, il&amp;nbsp;venait tout me raconter de ce qu’il avait compris et retenu. Et surtout&amp;nbsp;c’est à moi qu’il posait toutes ses questions. Questions dont je n’avais&amp;nbsp;pas toujours les réponses mais qui me forçaient à chercher : pourquoi le&amp;nbsp;soleil est jaune ? C’est quoi un pédé ? Comment on fabrique une voiture&amp;nbsp;de course ?&lt;br /&gt;Et puis un jour, juste avant la rentrée scolaire, il m’a demandé : « c’est&amp;nbsp;quoi une leucémie ? ». Et ça, je le savais parce que j’avais un camarade&amp;nbsp;d’école qui en avait une. Alors je lui ai expliqué, il est devenu tout blanc,&amp;nbsp;s’est mis à pleurer et a dit « je ne veux pas que César il aille à l’hôpital ».&lt;br /&gt;Et mon monde s’est écroulé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;(à suivre)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;illustration : R. Zolan, Brothers&lt;/i&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-7436780138214963256?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/7436780138214963256/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=7436780138214963256&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/7436780138214963256'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/7436780138214963256'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/12/la-statue-de-zeus.html' title='La statue de Zeus'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-ejxRgdijJGI/Tr1_AxDR2EI/AAAAAAAAAw4/IDVFFq9X9MQ/s72-c/zolan-richard-brothers-9967953.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-7044765088167905257</id><published>2011-12-01T13:06:00.002+01:00</published><updated>2011-12-01T13:10:44.969+01:00</updated><title type='text'>Le colosse de Rhodes</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-EgsclmQ_upg/Tr2GI0HMrPI/AAAAAAAAAxA/xib4AA35oc0/s1600/Verger+fleurissant-+Vincent_Willem_van_Gogh_.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="250" src="http://4.bp.blogspot.com/-EgsclmQ_upg/Tr2GI0HMrPI/AAAAAAAAAxA/xib4AA35oc0/s320/Verger+fleurissant-+Vincent_Willem_van_Gogh_.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Papaa… paapaaa… ».&lt;br /&gt;Si je n’avais pas de suite compris qu’il s’agissait d’un de mes frères,&amp;nbsp;j’aurais pensé que le voisin de tante Chloé, monsieur Pigne, avait enfin&amp;nbsp;décidé d’égorger sa truie. Mais ce qui m’inquiétait et me faisait courir&amp;nbsp;aussi vite vers l’endroit d’où venaient les cris, c’est que je ne&amp;nbsp;reconnaissais pas la voix. Impossible de savoir lequel des six hurlait&amp;nbsp;comme ça. Le bruit venait du coin du bois, à la limite du jardin, là où les&amp;nbsp;arbres fruitiers rejoignent la forêt. En chemin j’ai vu courir Auguste,&amp;nbsp;César et Damien dans la même direction. Pas besoin de compter sur mes&amp;nbsp;doigts pour savoir qu’il était arrivé une tuile à Éloi : Gaspard était parti&amp;nbsp;au marché avec tante Chloé – non qu’il aime particulièrement les cris des&amp;nbsp;poussins ni l’odeur du fumier, mais elle lui avait promis quelques tours&amp;nbsp;sur le taureau mécanique – et je savais Boris occupé à écrire une lettre à&amp;nbsp;sa dulcinée, quittée à regret le temps des vacances au risque qu’elle trouve&amp;nbsp;un gars plus marrant que lui entre-temps. Pensée qui ne le rendait plus&amp;nbsp;drôle du tout, il avait en permanence un air de chien battu et l’œil&amp;nbsp;humide, et passait son temps à lui écrire pour qu’elle ne l’oublie pas.&amp;nbsp;Les cris ne cessaient pas. Ce qui me terrorisait encore plus c’était ce&amp;nbsp;« papa » oublieux du « colonel » habituel dont on se servait tous pour&amp;nbsp;appeler notre père. Lequel était invisible d’ailleurs. D’accord, c’était&amp;nbsp;l’heure de sa sieste sacrée mais le bruit aurait réveillé en sursaut tout un&amp;nbsp;régiment. Un instant j’ai eu la vision du colonel se retournant vaguement&amp;nbsp;sur le canapé du salon, un oeil à moitié ouvert puis ronflant de plus belle.&amp;nbsp;Mais cette vision fut vite remplacée par celle d’Éloi couché par terre, le&amp;nbsp;visage ensanglanté et la jambe droite formant un angle bizarre avec le&amp;nbsp;reste de son corps. J’étais parvenu à destination.&lt;br /&gt;Si je n’avais pas déjà été essoufflé, cette scène m’aurait coupé la&amp;nbsp;respiration. Auguste était arrivé aussi, venait de faire demi-tour et courait&amp;nbsp;à toutes jambes vers la maison, prévenir le colonel ou les secours, je ne&amp;nbsp;sais pas, il n’avait pas dit un mot. Mais j’admirais le calme et la rapidité&amp;nbsp;de décision de mon aîné, sur qui on pouvait compter en toutes circonstances pour agir comme il fallait. Damien tournait, affolé, autour&amp;nbsp;d’Éloi, n’osant ni l’approcher, ni lui parler, comme si ce petit tas&amp;nbsp;geignard à terre n’était plus vraiment son frère. César, en revanche, s’était&amp;nbsp;de suite agenouillé près du blessé et tournait délicatement sa tête dans&amp;nbsp;tous les sens pour comprendre d’où venait le sang. Moi je n’avais pas&amp;nbsp;besoin de chercher : à midi, Éloi avait été privé de dessert par un colonel&amp;nbsp;furieux de son escapade nocturne de la veille pour aller draguer les filles&amp;nbsp;du village. Il était rentré plutôt saoul et avec une trace de suçon dans le cou. Le colonel ne sachant plus comment le punir, puisqu’il était déjà&amp;nbsp;privé de sorties, de télé et de jeux vidéo pour les dix prochaines années,&amp;nbsp;avait décidé de passer au dessert. Gourmand comme l'était Éloi, il aurait&amp;nbsp;peut-être dû avoir cette idée plus tôt. Surtout avec tout ce que nous&amp;nbsp;cuisinait tante Chloé. L’andouille avait donc décidé de s’accorder lui-même&amp;nbsp;un dessert en faisant la tournée des fruits du verger. Il avait&amp;nbsp;visiblement terminé sa course sur la branche pourrie d’un cerisier, mais&amp;nbsp;avait eu le temps de mêler leur jus sur ses joues à celui des framboises et&amp;nbsp;des groseilles déjà englouties en route.&lt;br /&gt;Sa jambe par contre ce n’était pas du barbouillage, elle commençait à&amp;nbsp;prendre une couleur étrange et était toute gonflée. Aucun de nous n’osait&amp;nbsp;la toucher.&lt;br /&gt;Éloi pleurait, chose tellement rare que je me suis assis à côté de lui pour&amp;nbsp;prendre sa main et essayer de le rassurer. Il ne l’a pas retirée et a serré la&amp;nbsp;mienne, alors que c’est le moins démonstratif de mes frères et le plus&amp;nbsp;prompt à fuir les câlins ou les contacts. Souvent, lors des bises du nouvel&amp;nbsp;an, il s’essuie la joue avec un bout de manche d’un air dégoûté, comme si&amp;nbsp;on était des pestiférés. Mais ça fait longtemps qu’on ne s’en vexe plus. Il&amp;nbsp;est comme ça Éloi, un peu contre tout, juste par principe. Et surtout contre&amp;nbsp;les interdits ou les gestes obligés.&amp;nbsp;Mais là, il tenait ma main tellement fort que je commençais à avoir les&amp;nbsp;larmes aux yeux, j’ai pris sur moi et serré les dents pour ne pas lâcher ni&amp;nbsp;protester, ça lui faisait du bien je crois, il gémissait faiblement au lieu de&amp;nbsp;hurler.&lt;br /&gt;César m’a dit plus tard que dans ses cris il devait y avoir un tiers de&amp;nbsp;douleur, un tiers de colère, un tiers de peur et un tiers de honte. « Et ça&amp;nbsp;fait quatre tiers » j’ai répondu avec l’accent, ça l’a fait rire, il aime bien&amp;nbsp;quand je le taquine à la Marius.&lt;br /&gt;C’est comme ça qu’on a enfin vu arriver le colonel, tout ébouriffé, la&amp;nbsp;trace de l’oreiller lui barrant la joue et un pan de chemise hors du&amp;nbsp;pantalon. La preuve absolue à mes yeux qu’il avait jugé la situation assez&amp;nbsp;urgente pour ne pas paraître impeccable comme il aime l’être. Il a rassuré&amp;nbsp;son cinquième élément, Auguste avait prévenu le SAMU, ils étaient en&amp;nbsp;route. Et j’ai bien vu qu’il était prêt ensuite à l’engueuler et puis il a&amp;nbsp;aperçu sa jambe contorsionniste et les mots sont restés dans sa gorge. Il&amp;nbsp;se l’est raclée avant de prendre la tête d’Éloi entre ses mains, de la poser&amp;nbsp;sur ses genoux et de sortir son mouchoir pour le débarbouiller tout&amp;nbsp;doucement. J’ai vu une larme d’Éloi venir l’aider dans sa tâche et je suis&amp;nbsp;sûr que ce n’était pas une larme de douleur.&lt;br /&gt;Quand l’hôpital nous a rendu notre frère, il portait fièrement deux&amp;nbsp;béquilles autour d’un plâtre colossal sur lequel plusieurs infirmières&amp;nbsp;avaient fait des dessins. Plus question de faire le mur la nuit ni&amp;nbsp;d’escalader les arbres pour le reste des vacances. Mais dans son regard&amp;nbsp;un truc avait changé, il avait grandi et semblait apaisé. Comme s’il venait&amp;nbsp;enfin de trouver une place dans la fratrie, une aventure qui le rendait&amp;nbsp;géant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;(à suivre)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;illustration : V. Van Gogh, Verger fleurissant 1888&lt;/i&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-7044765088167905257?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/7044765088167905257/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=7044765088167905257&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/7044765088167905257'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/7044765088167905257'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/12/le-colosse-de-rhodes.html' title='Le colosse de Rhodes'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-EgsclmQ_upg/Tr2GI0HMrPI/AAAAAAAAAxA/xib4AA35oc0/s72-c/Verger+fleurissant-+Vincent_Willem_van_Gogh_.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-7853679529609995745</id><published>2011-11-28T13:34:00.000+01:00</published><updated>2011-11-28T13:34:22.849+01:00</updated><title type='text'>Le phare d’Alexandrie</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-3lg0_99ypgk/Tr1-dwg474I/AAAAAAAAAww/T5673SFCelk/s1600/Au+moulin+de+la+Galette-Henri_de_Toulouse-Lautrec%2526__%25C3%25A7.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="286" src="http://4.bp.blogspot.com/-3lg0_99ypgk/Tr1-dwg474I/AAAAAAAAAww/T5673SFCelk/s320/Au+moulin+de+la+Galette-Henri_de_Toulouse-Lautrec%2526__%25C3%25A7.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Ta mère, Alexandra, avait un caractère bien trempé. De l’acier, de la&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;fonte. Elle l’avait signifié à son entourage dès son premier cri, un unique&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;cri, bien sonore, sûr, qui avait imposé le silence dans la salle&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;d’accouchement.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Les années suivantes ne furent que la confirmation de cette arrivée&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;déterminée. Petite fille butée et certaine de ce qu’elle voulait.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Adolescente tout feu tout flamme atteignant toujours ce qu’elle désirait.&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;Jeune femme sereine de son futur, sachant très bien qu’elle allait obtenir&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;ce qu’elle souhaitait : un homme soucieux de fonder une grande famille.&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;Dans cette optique, elle promenait ses boucles noires et ses yeux assortis&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;dans toutes les soirées dansantes des environs, se laissant mener le&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;temps d’un rock ou bercer le temps d’un slow mais jamais raccompagner&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;chez elle.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Ton père (le colonel) en avait entendu parler avant même de la voir ;&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;Alex comme tout le monde la nommait, la guincheuse inatteignable, la&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;demoiselle au coeur imprenable. Pourtant tous les gars du coin avaient&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;tenté, sans succès, de prolonger la valse sur les chemins de traverse.&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;Alexandra et le colonel fréquentaient les mêmes bals, mais il faut croire&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;que la foule n’avait jamais voulu s’écarter afin qu’ils s’aperçoivent.&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;Et puis, un soir pas comme les autres, un soir de chaleur infernale d’un&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;été de fournaise, il s’était accoudé à la buvette pour profiter du petit&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;ventilateur qui y ronronnait paisiblement, buvant une bière fraîche bien&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;qu’aux bulles éventées. J’étais sur ses talons, comme toujours, la&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;chevelure flamboyante attachée en chignon sage sur la nuque, les&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;épaules recouvertes d’un châle pudibond et les ballerines plates à peine&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;usées par quelques pas esquissés maladroitement.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Le colonel était bien trop timide pour aborder les jeunes filles – son&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;défaut d’élocution revenait au galop lui hanter la bouche dès qu’il&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;essayait – et bien trop piètre danseur pour espérer les séduire sur la&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;piste. Il se rendait à ces soirées plus pour me sortir et faire plaisir à nos&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;parents avec des occupations de notre âge que par conviction&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;matrimoniale. Il ne remarquait bien sûr pas que je ne regardais que lui et&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;aucun des autres mâles de l’assemblée. Ni que je refusais&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;systématiquement les invitations à danser pour rester à ses côtés.&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;Pourtant avec mon nez cerné de taches de rousseur, et ma poitrine&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;avantageuse, j’avais un certain succès. On discutait donc ces soirs-là&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;comme on l’aurait fait dans le salon des parents, devant un feu de&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;cheminée ou une corvée de cornichons à gratter pour alimenter les&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;bocaux de la réserve. La musique en plus.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avalant une gorgée supplémentaire de sa bière tiédie, le colonel&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;observait deux jumeaux, fille et garçon, en train de jouer aux billes dans&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;un coin pendant que leurs parents se lançaient dans un jerk endiablé. Je&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;lui murmurai : « tu veux des enfants ? ». Les yeux dans le vague,&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;attendri par ces jeux fraternels, le colonel, qui était enfant unique,&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;répondit sans y penser : « une douzaine au moins ». Une grande brune&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;se retourna vers lui, s’exclamant : « vraiment ? »&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;L’histoire venait de s’écrire. Dans la nuit, Alexandra avait éclairé le&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;colonel en perdition, il ne savait pas encore que la lumière s’éteindrait&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;un jour, mais il était ébloui.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;– Tu en fais vraiment des tonnes là, ma tantine !&lt;br /&gt;– Mais je te jure Faustin, ça s’est passé exactement comme ça.&lt;br /&gt;Ils se sont échangés des Alinoë, des Bérénice, des Calixte, des Daphné,&amp;nbsp;des Eloïse, des fadaises et galéjades jusqu’au bout du bal. Car ta mère, au&amp;nbsp;diminutif masculin, ne rêvait que de filles, sans savoir à quel point elle&amp;nbsp;allait aimer n’enfanter que des garçons. Et elle s’est laissée raccompagner&amp;nbsp;chez elle au bras du colonel. Je les suivais, prise de frissons malgré la&amp;nbsp;canicule, un peu en retrait pour ne pas perturber l’idylle naissante. À tel&amp;nbsp;point qu’ils avaient dû oublier ma présence lorsque leurs lèvres se sont&amp;nbsp;scellées dans un premier baiser torride. Il faut dire que ta mère n’avait&amp;nbsp;rien à envier à ton père pour le charnu de sa bouche. C’était un régal,&amp;nbsp;autant qu’un crève-coeur, à voir. J’en avais moi-même les lèvres toutes&amp;nbsp;émues, tendues vers un baiser imaginaire d’une douceur satinée&amp;nbsp;exquise…&lt;br /&gt;Mais je m’égare, passe-moi donc le tamis que je termine cette pâte à&amp;nbsp;tarte. Tu adores les mirabelles n’est-ce pas ?&lt;br /&gt;Je n’osais lui avouer que c’était le fruit préféré du colonel et pas le mien.&amp;nbsp;Comme disait Boris, elle avait le chic pour réaliser des plats rappelant le&amp;nbsp;roux, histoire de mater&amp;nbsp;à loisir la bouche du colonel croquant dans sa&amp;nbsp;couleur naturelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;(à suivre)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;illustration : Au moulin de la Galette, Toulouse-Lautrec 1889&lt;/i&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-7853679529609995745?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/7853679529609995745/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=7853679529609995745&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/7853679529609995745'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/7853679529609995745'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/11/le-phare-dalexandrie.html' title='Le phare d’Alexandrie'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-3lg0_99ypgk/Tr1-dwg474I/AAAAAAAAAww/T5673SFCelk/s72-c/Au+moulin+de+la+Galette-Henri_de_Toulouse-Lautrec%2526__%25C3%25A7.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-2632312493567916202</id><published>2011-11-25T21:01:00.000+01:00</published><updated>2011-11-25T21:01:50.376+01:00</updated><title type='text'>Les jardins suspendus de Babylone</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-tS6KfuVDvr0/Tr196jfn7_I/AAAAAAAAAwo/HH9ilCg_f8k/s1600/giverny.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://2.bp.blogspot.com/-tS6KfuVDvr0/Tr196jfn7_I/AAAAAAAAAwo/HH9ilCg_f8k/s320/giverny.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour fêter le bac d’Auguste et la bonne note de Boris au bac français – à&amp;nbsp;l’en croire il aurait imité Jean d’Ormesson lors de son oral, bluffant&amp;nbsp;l’examinateur, mais dans ce que dit Boris il faut beaucoup trier pour&lt;br /&gt;avoir un peu de vrai – ainsi que l’excellente note de César qui, bien&amp;nbsp;qu’ayant seize mois de moins que Boris l’a rattrapé dans les études, nous&amp;nbsp;sommes partis tout l’été chez tante Chloé. Pas les trois semaines&amp;nbsp;habituelles mais deux mois. Je ne sais pas si c’était notre récompense à&amp;nbsp;nous – qui adorons y aller – ou la sienne.&lt;br /&gt;Tante Chloé n’est pas notre tante. C’est l’amie d’enfance du colonel mais&amp;nbsp;à force de la voir tout le temps dans les parages, elle fait partie des&amp;nbsp;meubles, du paysage et de la famille donc. Et puis chacun de nos parents&lt;br /&gt;ayant été enfant unique, nous n’avons ni oncle, ni tante, ni cousins et plus&amp;nbsp;de grands-parents. Elle a donc été élue tante, je ne sais pas très bien&amp;nbsp;depuis quand ni par qui. Par maman peut-être qui n’avait pas dû&amp;nbsp;remarquer que tante Chloé en pinçait pour le colonel, ou alors qui le savait&amp;nbsp;très bien mais fermait les yeux parce que ce n’était pas une rivale ou un&amp;nbsp;danger. D’ailleurs, même depuis la mort de maman, elle ne rivalise&amp;nbsp;toujours pas. Elle est transparente pour le colonel. Il lui sourit gentiment,&amp;nbsp;la remercie sans y penser pour les cadeaux qu’elle lui ou nous fait et&amp;nbsp;n’aurait jamais l’idée de louper les grandes vacances chez elle. Mais ce&amp;nbsp;n’est pas vraiment une femme pour lui. Tout au plus une petite soeur. Et&amp;nbsp;encore.&lt;br /&gt;Pour nous en revanche c’est un peu une figure maternelle, une présence&amp;nbsp;féminine du moins, pas très autoritaire mais qu’on respecte pour sa&amp;nbsp;gentillesse et sa douceur. Il ne viendrait, je crois, à l’esprit d’aucun de&amp;nbsp;nous sept de lui désobéir ou de faire des bêtises chez elle, qui puissent&amp;nbsp;mettre le colonel en colère. On sait bien qu’une partie de sa colère&amp;nbsp;retomberait sur elle. Donc en général les vacances là-bas se passent dans&amp;nbsp;le calme et la sérénité. Sans oublier les joies de la campagne. Elle habite&amp;nbsp;une grande maison nichée dans le coin d’un immense terrain plein&amp;nbsp;d’arbres centenaires gigantesques dans lesquels Damien nous fabrique&amp;nbsp;des cabanes. Et puis un verger avec des pommiers, des poiriers, des&amp;nbsp;cerisiers, des pêchers et des abricotiers. Sans oublier les framboises, les&amp;nbsp;groseilles et les cassis dont elle fait une liqueur qui nous régale depuis&amp;nbsp;notre plus jeune âge. Parce que comme c’est l’été papa ferme les yeux sur&amp;nbsp;le fait qu’on en boive un verre en dé à coudre de temps en temps. Alors&amp;nbsp;pour remercier, on l’aide à ramasser les fruits qui mûrissent pendant notre&amp;nbsp;présence. Sinon c’est elle qui vient régulièrement nous fournir en&amp;nbsp;compotes, crumbles, confitures, et pâtes de fruits. Tout au long de l’année&amp;nbsp;c’est un peu notre douceur sucrée, tante Chloé.&lt;br /&gt;Elle n’a jamais quitté le village de leur enfance, à papa et à elle ;&amp;nbsp;reprenant la maison au décès de ses parents pour y vivre seule, minuscule&amp;nbsp;petite chose perdue dans une maison dix fois trop grande. J’aime bien&amp;nbsp;quand elle nous raconte un peu leur enfance. C’était une petite fille&amp;nbsp;rousse et gauchère, de quoi la diaboliser aux yeux des autres gamins de l’école et du village. À l’époque le colonel zozotait et restait silencieux et&amp;nbsp;à l’écart pour éviter les moqueries. Ils s’étaient rencontrés lors d’une&amp;nbsp;récré, tout deux à l’abri sur le banc le plus éloigné de la cour.&lt;br /&gt;– Pourquoi t’as des zeveux de feu ?&lt;br /&gt;Elle avait répondu timidement, sans rire de son défaut d’élocution et ils&amp;nbsp;étaient devenus inséparables.&lt;br /&gt;Il était beau, à entendre tante Chloé, avec ses boucles brunes, ses yeux&amp;nbsp;verts en amande (Boris, Éloi et Gaspard ont les mêmes, nous autres on a&amp;nbsp;les braises noires de maman, sauf César qui a les noisettes du mélange,&amp;nbsp;noisettes mélancoliques et douces) et sa peau brune. Et puis des lèvres&amp;nbsp;pulpeuses appelant les baisers a-t-elle dit une fois avant de devenir&amp;nbsp;écarlate et de courir dans sa cuisine préparer un dessert. Boris dit que la&amp;nbsp;cuisine c’est son exutoire sexuel. Et qu’à défaut de pouvoir prendre du&amp;nbsp;plaisir avec le colonel, elle lui en donne par le ventre. J’ai jamais bien&amp;nbsp;compris le rapport mais les plus grands, d’Auguste à Damien,&amp;nbsp;acquiescent comme une évidence. César baisse les yeux lui, comme&amp;nbsp;chaque fois que la conversation fraternelle dévie sur le sujet. D’après&amp;nbsp;Éloi, il n’oserait pas approcher les filles de peur qu’elles ne veuillent pas&lt;br /&gt;de ses caresses incomplètes. Moi qui ai déjà bécoté une fille de ma&amp;nbsp;classe, je me dis que les bisous ça suffit, pas besoin des mains mais il&amp;nbsp;paraît que je comprendrai quand j’aurai la moustache qui pousse. Il ne&amp;nbsp;me tarde pas, j’ai peur que ça chatouille les filles.&lt;br /&gt;Ce que j’aime bien l’été, c’est trouver un moment dans la journée où tous&amp;nbsp;mes frères sont occupés ailleurs pour aller parler avec tante Chloé. Je ne&amp;nbsp;me lasse pas de lui demander de raconter encore et encore comment nos&amp;nbsp;parents se sont rencontrés. Le colonel ne l’évoque jamais. Mais tante&amp;nbsp;Chloé ne se fait pas prier et d’année en année l’histoire s’enjolive et&amp;nbsp;gonfle comme une baudruche. Je me doute bien qu’elle en rajoute un peu&amp;nbsp;et que tout n’est pas exact, peut-être même met-elle un peu de ses rêves&amp;nbsp;et désirs dedans. Mais le conte est délicieux et j’adore qu’elle&amp;nbsp;l’embellisse juste pour moi. En général je m’assois sur le petit tabouret&amp;nbsp;de la cuisine, je la regarde s’affairer aux fourneaux, les gestes précis et&amp;nbsp;sûrs, pas même perturbés par le fait de parler. Et au fur et à mesure,&amp;nbsp;l’histoire de mes parents prend de belles odeurs : leur premier regard sent&amp;nbsp;la mie de pain fraîche sortant du four, leur premier baiser a les notes&amp;nbsp;sucrées d’une tarte au chocolat et leurs fous rires complices ont des&amp;nbsp;arômes fruités. Plus tard, je crois que j’épouserai une pâtissière ou une&amp;nbsp;cuisinière, pour respirer sur elle les parfums de l’amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;(à suivre)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;photo : Giverny par S.T.&lt;/i&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-2632312493567916202?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/2632312493567916202/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=2632312493567916202&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/2632312493567916202'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/2632312493567916202'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/11/les-jardins-suspendus-de-babylone.html' title='Les jardins suspendus de Babylone'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-tS6KfuVDvr0/Tr196jfn7_I/AAAAAAAAAwo/HH9ilCg_f8k/s72-c/giverny.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-2345159913834484663</id><published>2011-11-22T18:05:00.000+01:00</published><updated>2011-11-22T18:05:59.239+01:00</updated><title type='text'>Le mausolée d’Halicarnasse</title><content type='html'>Je cherchais la blonde briseuse de famille et je suis tombé sur ma mère.&lt;br /&gt;Le colonel nous a toujours formellement interdit de pénétrer dans sa&amp;nbsp;chambre. Prétextant l’intimité due à un adulte ; le petit espace réservé&amp;nbsp;qu’il avait bien le droit de s’octroyer après une journée à éduquer les&amp;nbsp;enfants de l’école et une soirée à houspiller les siens. Ou inversement, je&amp;nbsp;ne me souviens plus bien de son discours qui a lieu au minimum une fois&amp;nbsp;l’an, lorsqu’il nous convoque pour nous rappeler les règles. Et la règle&amp;nbsp;numéro un c’est de ne jamais, au grand jamais, franchir le seuil de sa&amp;nbsp;chambre.&lt;br /&gt;Je ne sais pas si mes frères ont toujours respecté la consigne mais il me&amp;nbsp;fallait l’enfreindre pour mener à bien mon plan de sauvetage des&amp;nbsp;nouvelles amours de mon père. J’espérais trouver un nom, une adresse ou&amp;nbsp;au &amp;nbsp;moins un numéro de téléphone.&lt;br /&gt;Une fois que l’idée avait germé dans mon esprit j’ai dû patienter une&amp;nbsp;bonne huitaine de jours avant de pouvoir la mettre à exécution. C’était un&amp;nbsp;dimanche, le colonel était parti taquiner le tiercé, comme d’habitude et&amp;nbsp;selon son expression. Dans un bistrot du coin où la télé retransmettait les&amp;nbsp;courses à un petit comité de fidèles serrant dans leurs poings des billets&amp;nbsp;d’espoir froissé. Et mes frères étaient éparpillés un peu partout dans la&amp;nbsp;nature. Ou avec une fille pour Boris. Auguste en plein bachotage chez un&amp;nbsp;copain. César, un livre à la bonne main, gardait les plus petits dans la&amp;nbsp;cour de récré avec pour mission de surveiller les jeux pour qu’ils ne&amp;nbsp;dégénèrent pas. Damien fabriquait un cerf-volant pour les grandes&amp;nbsp;vacances. Éloi râlait qu’il avait passé l’âge de s’amuser aux billes avec&amp;nbsp;Gaspard. Et je me suis éclipsé en arguant d’un subit mal de ventre très&amp;nbsp;certainement dû au quintal de frites dont j’avais accompagné le poulet&amp;nbsp;grillé du midi.&lt;br /&gt;J’ai traversé la cour de l’école en me tenant le ventre, plié en deux pour&amp;nbsp;donner un peu de crédibilité à mon gros mensonge et sans avoir besoin&amp;nbsp;de me forcer à être vert parce que le fait de mentir à mes frères pour la&amp;nbsp;première fois de ma vie me rendait vraiment un peu malade.&lt;br /&gt;J’ai fermé le verrou intérieur pour être certain de ne pas être pris en&amp;nbsp;flagrant délit d’intrusion dans l’antre paternel et je me suis glissé dans sa&amp;nbsp;chambre. En prenant garde d’enlever mes chaussures et de revêtir des&amp;nbsp;gants de vaisselle pour ne pas laisser de traces.&lt;br /&gt;Au moment où j’ai posé les doigts sur la poignée j’ai pensé une seconde&amp;nbsp;que si j’étais né en premier, Arsène eu été un prénom m’allant comme un&amp;nbsp;gant rose en caoutchouc.&lt;br /&gt;Ravalant ma culpabilité à violer ainsi le saint des saints, je me suis dit&amp;nbsp;que c’était pour la bonne cause et suis entré d’un pas décidé dans la&amp;nbsp;pièce.&lt;br /&gt;Un choc.&lt;br /&gt;Dans le reste de l’appartement de fonction trônent ici et là quelques&amp;nbsp;clichés de ma mère, avec nous dans les &amp;nbsp;bras pour la plupart ou des&amp;nbsp;portraits de famille réunissant les neufs. Mais on en dénombre à peine&amp;nbsp;une demi-douzaine. Ici un mur entier lui était consacré. Des photos du&amp;nbsp;mariage de mes parents que je n’avais jamais vues. Des photos de&amp;nbsp;chacune de nos naissances où ma mère visiblement fatiguée mais&amp;nbsp;heureuse posait avec un bébé entre les bras. Si j’avais eu le temps j’aurais&amp;nbsp;joué au jeu des ressemblances pour deviner lequel était qui. Des photos&amp;nbsp;d’elle embrassant mon père, prises par je ne sais qui, tante Chloé peut-être.&amp;nbsp;Et un immense portrait en pied qui me souriait d’un air doux à m’en&amp;nbsp;faire gicler les larmes sans même m’en apercevoir.&lt;br /&gt;C’est quand ma vue s’est brouillée que j’ai enlevé mes lunettes pour&amp;nbsp;essuyer mes yeux sur ma manche. Et mon nez au passage.&lt;br /&gt;Et puis, sur la commode, il y avait une bouteille de son parfum, ses&amp;nbsp;bijoux et sa brosse à cheveux avec quelques frisottis noirs encore pris&amp;nbsp;dans les poils.&lt;br /&gt;Tout me poussait à ouvrir l’armoire, j’y ai découvert ses robes, ses&amp;nbsp;chemisiers, ses jupes, alignés soigneusement sur les cintres, comme une&amp;nbsp;armée de reproches à la défunte partie trop tôt pour les avoir élimés.&amp;nbsp;J’ai été déposer un pschitt de parfum sur la seule robe dont je me&amp;nbsp;souvenais avoir vu ma mère la porter et je me suis glissé dans l’armoire&amp;nbsp;contre elle, entre les vêtements, pour fermer les yeux et laisser les tissus&amp;nbsp;me caresser comme si c’étaient ses bras me prenant entre eux. Je ne sais&amp;nbsp;pas trop combien de temps je suis resté comme ça, prostré dans des&amp;nbsp;souvenirs que je n’avais pas.&lt;br /&gt;C’est la sonnette de l’entrée qui m’a extirpé de là, « Faustin ? Ça va ?&amp;nbsp;Ouvre ! ». Je suis sorti en courant ouvrir à César, inquiet de ne pas&amp;nbsp;m’avoir vu revenir.&lt;br /&gt;« T’es vraiment pas bien toi, t’es tout blanc ». J’ai fondu en larmes et j’ai&amp;nbsp;soulagé mon lourd secret en le partageant avec lui. Il m’a suivi dans la chambre à reculons, c’est, de tous, celui qui respecte le mieux les règles.&amp;nbsp;Sans doute parce que la seule fois où il ne l’a pas fait, on lui en a mordu&amp;nbsp;les doigts.&lt;br /&gt;Il avait un air bizarre face au mur de photos, il était comme pétrifié au&amp;nbsp;milieu de la pièce, et puis il s’est avancé doucement vers le grand&amp;nbsp;portrait, s’est collé contre lui et a déposé un baiser humide sur le front de&amp;nbsp;notre mère.&lt;br /&gt;J’avais oublié pourquoi j’étais là mais j’ai finalement laissé la blonde où&amp;nbsp;elle était. Papa pouvait bien se trouver une rousse s’il le voulait, je savais&amp;nbsp;désormais qu’aucune femme ne remplacerait maman dans nos vies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;(à suivre)&lt;/i&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-2345159913834484663?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/2345159913834484663/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=2345159913834484663&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/2345159913834484663'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/2345159913834484663'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/11/le-mausolee-dhalicarnasse.html' title='Le mausolée d’Halicarnasse'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-9021555832303341959</id><published>2011-11-17T18:45:00.000+01:00</published><updated>2011-11-17T18:45:41.590+01:00</updated><title type='text'>Le temple d'Artémis</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-VOMau5RnO2w/Tr19ePnq28I/AAAAAAAAAwg/cEzW2bbpZwo/s1600/Le+baiser+de+l%2527h%2524otel+de+ville-+Robert+Doisneau+1950.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="257" src="http://4.bp.blogspot.com/-VOMau5RnO2w/Tr19ePnq28I/AAAAAAAAAwg/cEzW2bbpZwo/s320/Le+baiser+de+l%2527h%2524otel+de+ville-+Robert+Doisneau+1950.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est Damien qui nous a révélé l’affaire.&lt;br /&gt;Au début aucun d’entre nous n’a pu y croire sauf Gaspard qui voulait&amp;nbsp;savoir ce que c’était qu’une grue et pourquoi le colonel avait été surpris&amp;nbsp;en train d’en embrasser une.&lt;br /&gt;César a fermé les yeux, comme pour s’empêcher de voir l’évidence ; je&amp;nbsp;crois que c’est à lui que maman manque le plus, comme son pouce absent&amp;nbsp;qui parfois le démange encore.&lt;br /&gt;Auguste a levé les siens au ciel en soupirant qu’il fallait bien que cela&amp;nbsp;arrive un jour, qu’un homme avait des besoins.&lt;br /&gt;Ce n’était pas Boris et sa valse de petites amies qui allaient le contredire&amp;nbsp;(il les tombe toutes, soi-disant que les femmes aiment rire). Ni Éloi qui a&amp;nbsp;très bien compris comment tromper le contrôle parental pour surfer sur&amp;nbsp;des vidéos amateur et dont le dessous de matelas regorge de revues qui,&amp;nbsp;pour y avoir jeté un œil en cachette, ne brillent pas par leur sens littéraire&amp;nbsp;ou leurs dialogues.&lt;br /&gt;Quant à moi j’ai demandé à quoi ressemblait la grue et la réponse m’est&amp;nbsp;tombée sur la tête comme le ciel sur les Gaulois dont j’aime lire les&amp;nbsp;aventures : blonde, elle est blonde. Impossible ! Pas dans une fratrie de&amp;nbsp;bruns. Cherchez l’intruse !&lt;br /&gt;J’ai revu en un éclair les boucles noires de ma mère et je me suis&amp;nbsp;demandé comment le colonel pouvait désormais embrasser de la paille.&lt;br /&gt;C’était la consternation totale.&lt;br /&gt;On a bien sûr demandé des détails à Damien. Il a d’abord dû admettre&amp;nbsp;qu’un concours de circonstances tout particulier était à l’origine de la&amp;nbsp;découverte. Ce qui allait compliquer les choses pour mettre le colonel&amp;nbsp;déchu face à ses responsabilités. En effet notre bien-aimé bricoleur adore&amp;nbsp;oublier qu’il a des cours. Il préfère aller traîner en ville et c’est devant le&amp;nbsp;cinéma qu’il a assisté à la scène. Quand on pense que papa ne veut jamais&amp;nbsp;nous y emmener ! Moi dont c’est le rêve, après la stupeur c’est la jalousie&amp;nbsp;qui a pointé son bout de nez grincheux.&lt;br /&gt;Mais le pompon c’est quand César a murmuré « finalement il va peut-être&amp;nbsp;réussir à le faire son petit Hector ».&lt;br /&gt;« Je ne veux pas de petit frère » a hurlé Gaspard les poings serrés, bien&amp;nbsp;décidé à ne céder à personne sa place enviée de petit dernier.&amp;nbsp;C’est comme ça que Boris a eu l’idée des capotes.&lt;br /&gt;Deux semaines après c’était la fête des pères, on s’est tous cotisés pour&amp;nbsp;lui donner de quoi acheter un petit panel de ce qui peut se trouver sur le&amp;nbsp;marché. Et personne n’a eu le cœur d’expliquer à Gaspard pourquoi&lt;br /&gt;certaines ont le goût des fraises et d’autres sont perlées. « Tu&amp;nbsp;comprendras plus tard » lui a dit Éloi l’œil brillant, déclenchant l’hilarité&amp;nbsp;de Damien au passage.&lt;br /&gt;L’idée de la poupée Barbie vient de moi, je voulais ainsi ne laisser aucun&amp;nbsp;doute dans l’esprit du colonel quant à ma désapprobation de son choix&amp;nbsp;blond.&lt;br /&gt;Et le jour J on a glissé l’air de rien la Barbie tenant le bouquet de capotes&amp;nbsp;au milieu des cadeaux destinés au colonel. Il les a vues tout de suite.&lt;br /&gt;« Message reçu cinq sur cinq les garçons » a-t-il dit avant d’aller les&amp;nbsp;mettre à la poubelle (où elles n’étaient plus le lendemain et je n’ai jamais&amp;nbsp;su qui s’était relevé la nuit pour les chiper).&lt;br /&gt;S’est ensuivi un silence gêné. Je ne sais pas trop à quoi on s’était&amp;nbsp;attendus, des cris sans doute, de la colère, peut-être même une punition&amp;nbsp;exemplaire pour mutinerie et sabordage de fête, mais certainement pas à&amp;nbsp;cet air peiné et ce petit sourire triste.&lt;br /&gt;Le colonel nous a remerciés comme tous les ans, pour les vrais cadeaux.&amp;nbsp;On lui a lancé un « bonne fête papa » à l’unisson mais le cœur n’y était&amp;nbsp;pas vraiment parce que dans ses yeux on lisait bien qu’entre nous et la&amp;nbsp;blonde il avait fait son choix mais que ça ne le rendait pas&amp;nbsp;particulièrement joyeux.&lt;br /&gt;Depuis il plaisante comme avant, il distribue les punitions comme aux&amp;nbsp;meilleurs jours mais il reste aussi parfois de longues minutes les yeux&amp;nbsp;perdus, un peu humides, comme si nous n’étions plus là et qu’il avait été&amp;nbsp;télé-transporté au milieu d’un champ de blé à explorer.&lt;br /&gt;Et moi ça me fait mal au coeur. Parce que plus rien n’est comme avant et&amp;nbsp;que César avait raison quand il disait que les femmes c’est rien que des&amp;nbsp;ennuis.&lt;br /&gt;La seule petite consolation que j’ai c’est de me dire que tante Chloé&amp;nbsp;n’aurait pas survécu à l’annonce. Mais ce n’est que tante Chloé, alors que&amp;nbsp;mon père, colonel ou pas, c’est le seul parent qu’il me reste. J’ai donc&amp;nbsp;décidé de prendre les choses en main. Sans en parler à mes frères, pour&amp;nbsp;une fois les décisions ne seront pas collégiales ; à cette pensée je me suis&amp;nbsp;senti plus grand tout d’un coup et j’ai été ranger mon doudou au fond de&amp;nbsp;l’armoire avant de partir en quête de la blonde perdue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;(à suivre)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;illustration : Le baiser de l'hôtel de ville, R. Doisneau 1950&lt;/i&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-9021555832303341959?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/9021555832303341959/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=9021555832303341959&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/9021555832303341959'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/9021555832303341959'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/11/le-temple-dartemis.html' title='Le temple d&apos;Artémis'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-VOMau5RnO2w/Tr19ePnq28I/AAAAAAAAAwg/cEzW2bbpZwo/s72-c/Le+baiser+de+l%2527h%2524otel+de+ville-+Robert+Doisneau+1950.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-7705036775777049521</id><published>2011-11-14T16:00:00.005+01:00</published><updated>2011-11-17T18:39:14.982+01:00</updated><title type='text'>Comme les sept doigts de ses mains</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-Z7GHn8zxpqs/TsEwHQhGH0I/AAAAAAAAAxI/rj_--K31bxM/s1600/Rosa+bonheur+-m501304_96-022105_p.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/-Z7GHn8zxpqs/TsEwHQhGH0I/AAAAAAAAAxI/rj_--K31bxM/s320/Rosa+bonheur+-m501304_96-022105_p.jpg" width="210" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;i style="font-family: Verdana, sans-serif; font-size: xx-large;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #ffd966;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;« Les sept merveilles du monde ». C’est ainsi que papa nous appelle. Ou&amp;nbsp;parfois « les sept péchés capitaux ». Quand ce n’est pas « mes&amp;nbsp;mercenaires ».&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous, c’est la fratrie, que des petits mecs. On ne peut pourtant pas dire&amp;nbsp;que les parents n’aient pas tenté d’avoir une fille. Jusqu’au dernier&amp;nbsp;souffle, celui de maman le jour de la naissance de Gaspard, le petit&amp;nbsp;dernier forcément. L’alphabet s’est donc arrêté au G. Oui parce que la&amp;nbsp;hantise de papa était qu’on soit illettrés, alors il nous a nommés dans&amp;nbsp;l’ordre alphabétique : Auguste, Boris, César, Damien, Éloi, Faustin et&amp;nbsp;Gaspard.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Parfois, quand il regarde des photos de maman, papa soupire « je lui&amp;nbsp;aurais bien fait un petit Hector ». Boris lui rétorque que de toute façon il&amp;nbsp;n’aurait pas tenu jusqu’à Zéphyr. Alors papa bombe le torse, l’air&amp;nbsp;contrarié qu’on remette en cause sa virilité, et ça nous fait tous rire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bien que mon père ait été, dans sa jeunesse, objecteur de conscience, il&amp;nbsp;nous a élevés à la militaire.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Réveil à la trompette de Chet Baker, douche froide (pas assez d’eau&amp;nbsp;chaude pour tous de toute façon), lit au carré, petit déjeuner à la cantine.&amp;nbsp;Exercices de vivification tous les jours sauf le dimanche (le jour du&amp;nbsp;tiercé), qu’il pleuve, vente, grêle ou canicule. Appel en rang d’oignon le&amp;nbsp;soir, chacun vérifiant les dents, les mains et les oreilles de son voisin de&amp;nbsp;droite et papa, au bout, s’occupant d‘Auguste. Et distribution de corvées&amp;nbsp;comme on donne des baffes mais sans lever la main, enfin la sienne, vu&amp;nbsp;que les treize nôtres s’activent de la serpillière au bac à vaisselle.&amp;nbsp;La quatorzième ? Avalée par un chien, aux trois-cinquièmes seulement :&amp;nbsp;du pouce au majeur. Un veuf, père de sept garçons ne peut pas tout&amp;nbsp;maîtriser. Mais l’année où le chien des voisins, Brutus, a croqué les&amp;nbsp;doigts de César, la vigilance du colonel s’est renforcée.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Oui, c’est comme ça qu’on l’appelle en cachette : le colonel, qui n’est pas&amp;nbsp;dupe je pense mais laisse une brise de rébellion souffler sur les troupes&amp;nbsp;de temps en temps pour mieux les mater par la suite.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On a notre mitard aussi : les toilettes de la cour. Toute désobéissance de&amp;nbsp;force supérieure ou égale à trois est punie de nettoyage de mitard. Et&amp;nbsp;nettoyer les toilettes d’une école maternelle c’est pas de la soie. Faut&amp;nbsp;croire qu’à l’arrêt des couches il reste encore du boulot pour devenir&amp;nbsp;parfaitement propre.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Parce que papa il est directeur d’école. Et il ne nous tape jamais sur les&amp;nbsp;doigts avec une règle mais il en a fixé tout plein et a gradué la gravité&amp;nbsp;selon celle qu’on enfreint.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On ne risque pas grand-chose à lire encore après le couvre-feu (il adore&amp;nbsp;ce genre d’activité intellectuelle, rapport à sa hantise), il fermera les&amp;nbsp;yeux. En revanche, il ne fait pas beau voir à laisser traîner le moindre jeu&amp;nbsp;dans la cour de récré ou encore à ne pas avoir effectué dans l’heure la&amp;nbsp;corvée attribuée.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il y a pire que le mitard, mais cette punition-là n’a eu lieu qu’une fois.&amp;nbsp;Depuis qu’Éloi a vidé d’un coup le bocal de griottes à l’eau de vie de&amp;nbsp;tante Chloé (qui en offre régulièrement à papa en espérant au moins un&amp;nbsp;baiser chaleureux de remerciement qui ne vient jamais), on fait tous bien&amp;nbsp;attention à n’en chiper qu’une à la fois et pas trop souvent. Aucun de mes&amp;nbsp;frères n’ayant spécialement envie de goûter aux joies de la nuit passée&amp;nbsp;sur le béton de la cour. Pour dessoûler. Et comme on se serre les coudes,&amp;nbsp;aucun ne songerait à parler des cigarettes de Boris au colonel. Les&amp;nbsp;représailles seraient brûlantes.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais à la maison, enfin dans l’appartement de fonction, si on respecte les&amp;nbsp;règles, tout roule. Comme il en avait marre de calciner les repas, papa a&amp;nbsp;pris l’habitude de n’acheter que des conserves et des surgelés. Et comme&amp;nbsp;il n’aime pas l’idée de devoir nous forcer à manger ce que l’on&amp;nbsp;n’apprécie pas, il prend toujours des plats qu’on adore. On croule sous&amp;nbsp;les vêtements et les jouets donnés par les mères d’élèves. Et sachant que&amp;nbsp;c’est important pour lui, on aide Damien dans ses devoirs, c’est le seul&amp;nbsp;qui rame un peu mais il n’a pas son pareil pour nous fabriquer des trucs&amp;nbsp;de ses dix doigts.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Auguste a fêté ses dix-sept ans cette année, et Gaspard en a eu sept,&amp;nbsp;autant d’années depuis lesquelles papa joue tout seul à la maman.&amp;nbsp;Comme il peut, c’est-à-dire sans bisous ni câlins, mais en tenant nos&amp;nbsp;vêtements propres, le congélateur plein et l’appartement bien nettoyé.&amp;nbsp;Une fois par mois, le samedi, il nous réunit dans la cour d’école vide&amp;nbsp;pour nous passer à la tondeuse. Coupe réglementaire, la même pour tous :&amp;nbsp;bien dégagé sur les oreilles et la nuque, un peu plus long sur le dessus.&amp;nbsp;Une fois Éloi a tenté de lui faire entendre que c’était pratique mais pas&amp;nbsp;très à la mode, papa lui a proposé de le Barthez-iser, et depuis, Éloi aime&amp;nbsp;sa coupe.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Moi c’est Faustin donc, j’ai tenu pendant presque trois ans le rôle envié&amp;nbsp;de petit dernier, avant que Gaspard ne me vole la vedette et nous enlève&amp;nbsp;maman. On ne lui en veut pas, il paraît que le docteur avait prévenu&amp;nbsp;qu’un nouvel accouchement serait risqué pour elle, mais elle n’en a fait&amp;nbsp;qu’à sa tête. Les plus grands savent bien que c’était elle qui portait la&amp;nbsp;culotte comme on dit et que papa n’avait jamais son mot à dire. Ça me&amp;nbsp;rend fier d’imaginer ça, une femme capable d’affronter le colonel et le&amp;nbsp;faisant marcher à la baguette. Dans mes rêves, éveillés ou non, ça force&amp;nbsp;mon respect et mon admiration pour cette maman dont je n’ai pas le&amp;nbsp;souvenir, si ce n’est la vague sensation d’un parfum entêtant et de deux&amp;nbsp;bras doux dans lesquels me blottir. Et ce doit être pour ça que papa ne&amp;nbsp;voit pas tante Chloé, c’est la soumission faite femme. Une voix en filet&amp;nbsp;qui coule à peine dans les oreilles, une discrétion de vitre sans tain, les&amp;nbsp;épaules rentrées pour prendre moins de place. Tellement peu que parfois&amp;nbsp;personne ne s’aperçoit qu’elle est là. Pourtant ses yeux brillent quand elle&amp;nbsp;regarde papa et elle donne des bisous tout doux sur les joues en nous&amp;nbsp;serrant contre elle. Moment que j’apprécie particulièrement parce qu’elle&amp;nbsp;a deux coussins volumineux entre lesquels se caler. D’ailleurs Damien a&amp;nbsp;souvent les yeux fixés dessus, m’est avis qu’il aimerait bien bricoler&amp;nbsp;avec.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On nous dit souvent qu’on est tous fabriqués dans le même moule, c’est&amp;nbsp;vrai qu’on se ressemble et pas qu’à cause de la coiffure, mais n’empêche&amp;nbsp;que de caractère on est tous différents.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Notre Auguste c’est le plus responsable, c’est l’âge qui veut ça ou le fait&amp;nbsp;d’avoir aidé à s’occuper des six autres. Il est sage, posé, adulte, rien à&amp;nbsp;voir avec un adolescent, d’ailleurs il n’a pas fait sa crise, pas comme Éloi&amp;nbsp;qui l’a débutée depuis longtemps, un peu précoce.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Boris c’est le rigolo de la troupe, il nous fait des spectacles de temps en&amp;nbsp;temps, il connaît des dizaines de sketchs par cœur et imite à la perfection.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Des personnalités connues aux personnes de l’entourage, notamment&amp;nbsp;madame Mireille, l’institutrice des petites sections, énorme femme à&amp;nbsp;l’accent chantant des cigales, ogresse un peu inquiétante, qu’on&amp;nbsp;soupçonne de manger des petits garçons pour son petit déjeuner. C’est du&amp;nbsp;moins ce qui se raconte sous le préau.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Damien donc c’est le manuel du groupe, il répare une chasse en deux&amp;nbsp;temps trois mouvements et débouche un évier en le regardant. Mais&amp;nbsp;surtout, l’été, quand on passe trois semaines chez tante Chloé, il nous&amp;nbsp;fabrique des cabanes dans les arbres, plus luxueuses que des châteaux,&amp;nbsp;avec plusieurs pièces, des toilettes et une échelle amovible pour se&amp;nbsp;retrancher dans le donjon.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;César et Gaspard sont l’exact opposé, le timide et le casse-cou, peureux&amp;nbsp;et téméraire on les appelle parfois. César est le plus brillant dans les&amp;nbsp;études, « il ira loin » dit papa avec le regard perdu dans le vague, rêvant&amp;nbsp;probablement des fastes d’un poste haut placé. Moi je dis que ce qu’il a&amp;nbsp;perdu en doigts, il l’a gagné en cerveau et que ce n’est que justice.&amp;nbsp;Gaspard lui, il veut faire du saut en chute libre, de la plongée sous-marine&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;et de la course automobile. S’il était né avant moi les parents&amp;nbsp;auraient dû l’appeler Fangio.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Moi il paraît que je suis le littéraire, tout ça parce que je suis le seul à&amp;nbsp;porter des lunettes, lire pendant des heures et écrire quelques poèmes.&amp;nbsp;Mes frères ont l’étiquette facile. Boris m’affirme souvent que Pivot refera&amp;nbsp;une émission juste pour m’y recevoir ; le temps que je perce, je me&amp;nbsp;demande s’il sera encore présentable pour passer à la télé.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais aujourd’hui il n’est plus question de télé, l’heure est grave.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;(à suivre)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;illustration : Chien (assis), Rosa Bonheur&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-7705036775777049521?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/7705036775777049521/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=7705036775777049521&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/7705036775777049521'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/7705036775777049521'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/11/comme-les-sept-doigts-de-la-main.html' title='Comme les sept doigts de ses mains'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-Z7GHn8zxpqs/TsEwHQhGH0I/AAAAAAAAAxI/rj_--K31bxM/s72-c/Rosa+bonheur+-m501304_96-022105_p.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-4067729691684773251</id><published>2011-11-08T08:46:00.000+01:00</published><updated>2011-11-08T08:46:56.252+01:00</updated><title type='text'>Portrait</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;Ma mère est là, tête penchée sur sa table roulante, entre son lit médicalisé et la fenêtre, petit bout de femme, émouvant dans sa solitude et son enfermement.&lt;/span&gt;&lt;br style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;Elle ne m’a pas reconnue.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;Il en est ainsi depuis si longtemps.&lt;/span&gt;&lt;br style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;J’ai posé mes mains sur les siennes. J’ai la particularité d’avoir toujours les mains chaudes, même l’hiver.&lt;/span&gt;&lt;br style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;Elle les a saisies, les a caressées, embrassées à plusieurs reprises et les a tenues fermement entre les siennes pendant presque une heure.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;Une heure silencieuse et chargée d’amour.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;Elle reniflait ma peau, comme une chatte renifle son petit. Elle léchait mes doigts à petits coups précis.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;A-t-elle reconnu l’odeur de son enfant ?&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;Elle m’a flairée.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;La douleur habituelle qui embrase mon plexus solaire a disparu pour faire place à une grande joie.&lt;/span&gt;&lt;br style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;Je me suis levée doucement de ma chaise, j’ai soulevé ma main gauche pour lui caresser la tête.&lt;/span&gt;&lt;br style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;Si frêle objet. Je sens les plaques osseuses sous mes doigts. Ne restent que la peau, les veines saillantes sur ce squelette animé.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;Elle prend ma deuxième main pour la déposer sur son visage. Je parcours ainsi en caresses légères chaque centimètre de ce qui pour moi sera le portrait final de ma mère.&lt;/span&gt;&lt;br style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;É&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;trange peinture, toute en émotion et légers tressaillements de sa part lorsque le plaisir l’effleure.&lt;/span&gt;&lt;br style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;Elle aura cent ans en août 2013.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;Janine Martin-Sacriste&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 13px; line-height: 18px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 13px; line-height: 18px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 18px;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: xx-small;"&gt;Pascale&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-4067729691684773251?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/4067729691684773251/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=4067729691684773251&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/4067729691684773251'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/4067729691684773251'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/11/portrait.html' title='Portrait'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-5304079080605476838</id><published>2011-11-04T08:49:00.002+01:00</published><updated>2011-11-04T08:51:08.946+01:00</updated><title type='text'>Le Secret</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-2A_CmU2m6QQ/TrOYrTWJ3bI/AAAAAAAAAwY/GxoeiN9tHgU/s1600/caspar_david_friedrich__moine_au_bord+de+la+mer.jpeg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="204" src="http://4.bp.blogspot.com/-2A_CmU2m6QQ/TrOYrTWJ3bI/AAAAAAAAAwY/GxoeiN9tHgU/s320/caspar_david_friedrich__moine_au_bord+de+la+mer.jpeg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="background-color: rgba(255, 255, 255, 0.917969); color: #222222; font-family: arial, sans-serif;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="background-color: rgba(255, 255, 255, 0.917969); color: #222222; font-family: arial, sans-serif;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;Dora soupira. La clarté ne lui était pas d'une grande utilité. En musique, elle était terriblement surestimée. Avec une clarté limpide, le pianiste a planté le thème, lisait-on dans les critiques. Mais qu'est-ce que cela vous apportait si ce thème ne se détachait pas sur un fond sombre ? La clarté était peu coûteuse, facile et trompeuse. Elle masquait l'opacité mystérieuse qui enveloppait le cœur de toute musique. On ne savait pas ce qu'on entendait, n'est-ce pas ? On devait donc donner aussi cette impression quand on jouait. C'était ainsi. Schubert, clair ? Brahms ? Les maniaques de la clarté vous faisaient croire à une fausse simplicité. Ecoutez donc, les choses qui se passent sont si logiques et si claires. Rien n'est énigmatique, tout peut être suivi sans difficulté du début à la fin. Un mensonge. Comme si on ne devait pas chercher, comme si on ne devait pas entrer à tâtons dans une composition, prêt à errer en tous sens, sans trop s'émouvoir de trouver une signification aux endroits les plus inattendus. Une interprétation n'était pourtant pas une expression éternellement immuable ? Il arrivait bien que l'édifice de signification érigé avec satisfaction pendant des années vacille soudain et s'effondre ? Derrière les Variations Goldberg, se trouvaient des Variations Goldberg et ainsi de suite !&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="background-color: rgba(255, 255, 255, 0.917969); color: #222222; font-family: arial, sans-serif;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;Et la clarté n'était-elle pas une concession faite à l'auditeur ? Jouer pour ce dernier est trop dangereux, se dit Dora. On songe à lui faire des tours de magie, on cherche à l'influencer, à le manipuler, à le capturer et à l'enchaîner. Toujours emphase et arrogance. Il est déjà assez difficile de discuter avec le compositeur, de s'entendre avec les touches et la mécanique de l'instrument. L'auditeur n'a rien à y voir. On peut l'ignorer.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="background-color: rgba(255, 255, 255, 0.917969); color: #222222; font-family: arial, sans-serif;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="background-color: rgba(255, 255, 255, 0.917969); color: #222222;"&gt;&lt;div style="font-family: arial, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: arial, sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana;"&gt;pp 218-219 Anna Enquist&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="background-color: rgba(255, 255, 255, 0.917969); color: #222222; font-family: arial, sans-serif; font-size: 13px;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="background-color: rgba(255, 255, 255, 0.917969); color: #222222; font-family: arial, sans-serif; font-size: 13px;"&gt;&lt;i&gt;Illustration : Caspar David Friedich&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="background-color: rgba(255, 255, 255, 0.917969); color: #222222; font-family: arial, sans-serif; font-size: 13px;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Pascale&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="background-color: rgba(255, 255, 255, 0.917969); color: #222222; font-family: arial, sans-serif; font-size: 13px;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="background-color: rgba(255, 255, 255, 0.917969); color: #222222; font-family: arial, sans-serif; font-size: 13px;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="background-color: rgba(255, 255, 255, 0.917969); color: #222222; font-family: arial, sans-serif; font-size: 13px;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-5304079080605476838?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/5304079080605476838/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=5304079080605476838&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/5304079080605476838'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/5304079080605476838'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/11/le-secret.html' title='Le Secret'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-2A_CmU2m6QQ/TrOYrTWJ3bI/AAAAAAAAAwY/GxoeiN9tHgU/s72-c/caspar_david_friedrich__moine_au_bord+de+la+mer.jpeg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-5018110033923890236</id><published>2011-10-24T22:36:00.000+02:00</published><updated>2011-10-24T22:36:04.304+02:00</updated><title type='text'>Et ça recommence.</title><content type='html'>&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/--3FFu_cr0wE/TqXMBV8iqdI/AAAAAAAAAwQ/8OjFgMlyaO0/s1600/recuei11.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="232" src="http://1.bp.blogspot.com/--3FFu_cr0wE/TqXMBV8iqdI/AAAAAAAAAwQ/8OjFgMlyaO0/s320/recuei11.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center" class="Default" style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Et ça recommence. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;C’est toujours la même chose. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Je ne fais pas ça par amour dumétier, comme il est communément admis, mais parce qu’on m’a assuré, un matinoù tout était encore calme, rosée sur les herbes et frissons dans l’air, quec’était tout ce qu’il me restait. Que les autres postes avaient été pourvus etque le boulot avait déjà commencé. J’ai accepté. Ça ou autre chose, je nevoyais pas la différence. Quand on vient de nulle part, peu importe où on va etavec quel métier on le fait.&lt;span&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;On le fait, c’est tout. Sansposer de questions parce que, de toute façon, personne ne répond. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Il y en a qui font les vents etles pluies, il y a ceux qui éclairent et ceux qui assombrissent, ceux quiguérissent et qu’on vénère et les autres, les colériques, les terrifiants, lescrochus, les fumants, les affamés ; chacun a sa petite idée sur le pourquoi ducomment mais au fond, personne n’en sait rien. Ceux qui prétendent le contrairemarchent sur la tête&lt;span&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;– tout le mondechez nous sait cela. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Ça recommence. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Et c’est toujours la même chose. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial; font-size: 11.5pt;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Camilia ne comprend pas tout. Elle sait juste que maman estinquiète. Papa aussi mais il fait semblant. Elle le sait parce que quand il estinquiet, papa lui caresse les cheveux. Et là, il vient de lui caresser lescheveux, alors il est inquiet. Il sourit en disant que tout va bien. Camiliaest grande, elle sait que tout va bien. Elle a Tinou et maman et papa prèsd’elle. Tinou ronronne fort. On dirait qu’il a un moteur dans le ventre. Ondirait aussi qu’il sourit. Il est rigolo quand il a les yeux fermés. Il aencore fait des bêtises aujourd’hui et maman n’était pas contente. Papa a ditque les fleurs étaient fanées de toute façon et qu’il lui en rachèterait destoutes neuves. Maman a dit d’accord mais qu’elle aimait quand même celles-là.Alors papa a répondu qu’il achèterait les mêmes en toutes neuves et même unvase. Pendant que maman ramassait l’eau, Tinou s’est caché sous la couette deCamilia. Camilia protège toujours Tinou quand il se fait gronder. Elle ditmaison et maman dit toujours qu’ils sont trop choux tous les deux mais que legros ne perd rien pour un temps. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Il aime la nuit. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Il aime ces deux heures, entre quatre et six, où plus rien nebouge. Où même les &lt;i&gt;bips &lt;/i&gt;s’assoupissent. Il aime ces deux heures parcequ’il a l’impression que le monde oublie d’être con pour un temps. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Il fait toujours froid entrequatre et six. Même dans les couloirs. Même col refermé. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Il a toujours un peu la nauséeentre quatre et six. Faim aussi. Pas seulement de solide, pas seulementlorsqu’il ouvre le frigo pour y cueillir les plateaux du personnel et leursbarquettes plastifiées et imbouffables. Pas seulement. Il a surtout faim devie. Entre quatre et six, il confond tout. Son sentiment d’utilité, celuid’impuissance, il confond devoir et nécessité, il confond le jour et la nuit,il confond envie et dégoût, fatigue et énergie. Il mélange tout et ça donne untruc étrange, un battement sourd, profond, bien au chaud dans son ventre, unepelote qui lui donne envie de respirer plus fort, de se sentir battant, enmouvement, léger. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default" style="page-break-before: always;"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Il sourit souvent entre quatre et six. Pasaux anges, parce que ça fait bien longtemps qu’ils sont partis faire un tourailleurs, pas parce qu’il trouve quoi que ce soit d’amusant dans ces moments-làmais parce qu’entre quatre et six, cernes pesants et néons fatigués, il entendbien montrer à celle qui rôde, celle qu’il aperçoit parfois, tapie dans uneombre, immobile comme pour se faire oublier, qu’elle peut encore rôder un bonbout de temps. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Il veille. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Elle est comme ça Céline, elle ne dit rien. Menton dans la main,coude sur le rebord de la fenêtre, elle regarde au loin, ignorant la route quidéfile et les arbres qui soufflent. Au-dessus des champs, le ciel pâlit àpeine. Le soleil est un peu en retard ce matin. Il paresse derrière lescollines, les yeux collés par la brume. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Céline, en revanche, les a bienouverts. Fixes et bordés de rosée. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Elle s’est fait belle. Ellelutte. Prétend pouvoir repousser l’inévitable à coups de coiffure parfaite, detenue choisie, de parfum discret et de boucles d’oreilles timides. Elle esttellement solide qu’elle respire presque normalement. Son collier noir, stupidebreloque à cinq euros, reste stoïque. Ce qui va se jouer dans vingt minutespasse bien au-dessus de la tête d’un morceau de ferraille. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Au volant, Mehdi ne dit riennon plus. Ses dents sont trop serrées pour ça. Il aura mal aux mains dans peude temps. Trop crispées. Il jette des regards furtifs à sa femme et ne trouverien d’intelligent à faire. Elle n’a pas dit un mot depuis tout à l’heure. Elleest comme ça, Céline. Elle ne dit rien. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Dans le rétroviseur, Camiliadort profondément, tétine tombée sur l’épaule et doudou dans le cou. Elle estsi belle. Mehdi se souvient du jour de sa naissance. Elle était toute petite,toute fragile, toute rose. Il s’était promis de la protéger de tout. Il avaitpromis à Céline qu’ils seraient heureux tous les trois. Un soir il est rentré àla maison en annonçant qu’il avait vendu le resto. Céline lui a répondu que lapetite avait dit son premier mot. Il se souvient comme il a eu peur, ce matinde mars, où sa fille a lâché le canapé pour courir jusqu’au fauteuil. Du jouroù elle a avalé une bille. De celui où… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Le feu passe au vert. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Mehdi tourne à droite. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;La ville est déjà debout. Ellen’attend jamais. Elle a des fenêtres allumées et des bus qui grondent. Sur sesbalcons, les oiseaux se chamaillent. Et dans l’air, en tendant bien l’oreille,les marcheurs pourraient entendre le grésillement des réverbères. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Le temps est un enfoiré, penseMehdi. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Je ne choisis pas où je vais nià qui j’ai affaire et c’est mieux ainsi. On m’y envoie sans me prévenir.Certains ont plus de chance, j’en conviens. Ils ont des jours de congé ou desavantages en nature. Sont parfois même célèbres. Moi, je suis un bon petitsoldat. On ordonne, j’exécute. Je ne prends aucune décision et ça me va trèsbien. Je ne me plains jamais. Pas un mot plus haut que l’autre. Pas derevendication, ce serait peut-être mal vu. Je n’ai que le travail dans ma vie :je fais donc ce qu’on me demande – et sans fausse modestie, je pense le faireassez bien. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Le temps n’a pas beaucoupd’importance. Les distances non plus. Je peux travailler vite. Je pars, jefais, je reviens, je repars. Certains jours sont moins intéressants que les autres.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default" style="page-break-before: always;"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Oupour être exact, certains sont plus ennuyants que d’autres. C’est ainsi. Mêmele boss doit se faire suer de temps en temps. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Ce matin, je commence ici. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Et le bâtiment ressemble à tousles autres. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Ils le maquillent avec de lacouleur, de jolies plantes vertes, des affiches optimistes, des distributeursde boissons fraîches et du linge blanc éclatant. Ils voudraient lui donner uncôté rassurant avec toute leur science, leurs machines, leurs liquides et leursgrands mots, mais ils ne rassurent que les petites gens effrayées. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Moi, je sais. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Ça commence toujours de la mêmefaçon. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Leanna a passé la nuit. Cen’est pas une grande victoire puisque la revanche aura lieu ce soir mais il al’impression d’y être pour quelque chose. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Le café est infect, comme tousles matins, mais il est chaud. Et ça fait du bien après toutes ces heures nondormies. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;La vie a repris. Les lumièressont allumées, les chariots de sortie. Ils se cognent aux plinthes devant leschambres. Les sabots claquent et les sols sont propres. On voit à nouveau lescouleurs criardes des dessins accrochés aux murs. Les filles piaillent. Lesunes sont en pleine forme, les autres se sont couchées trop tard à cause dudernier qui fait ses dents, d’un film idiot, d’une soirée arrosée, d’une partiede galipettes – souvent à cause d’une partie de galipettes. Il est encore unpeu trop tôt pour que ces messieurs bien rasés ne leur fassent des réflexionsau sujet des bilans mal prélevés, alors elles en profitent. Il y a toujoursquelque chose de mal prélevé. Ça fait partie des choses du monde. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Lui, s’entend bien avec elles.Il sait que chacun vit la même chose ici et y réagit différemment. Ça prendparfois la forme de la légèreté la plus absolue mais ce n’est que l’expressionde la même boule au ventre. De la même pelote. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Lui, comme les autres, saitbien que tout le monde ira au lit, quoi qu’on fasse. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;D’ailleurs, après lestransmissions, il compte bien y finir la journée. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Papa l’a réveillée. Elle ademandé où était maman et papa lui a dit qu’elle avait pris un peu d’avance.Camilia a bien dormi. Elle dort toujours dans la voiture. Papa s’est penchépour lui enlever sa ceinture. Elle a senti son odeur. Après il l’a prise dansses bras, il lui a fait un bisou, et il l’a posée sur le trottoir. Il fait unpeu froid ce matin. Papa lui met sa capuche. Elle est fatiguée. Ils se sontlevés tôt. Il y avait les oiseaux mais pas le soleil. L’immeuble blanc esttoujours très grand. Maman lui a dit un jour que quand elle deviendrait grande,elle le trouverait plus petit, mais elle le trouve toujours très grand. Quandelle vient ici, on ne rigole pas. Les gens font semblant que tout est amusantmais ce n’est pas vrai. Ça pique et elle est fatiguée après. En plus ellen’aime pas vomir. Et puis il faut toujours marcher pour arriver là-bas. Elleest fatiguée. Il fait un peu froid ce matin. Alors papa la prend dans ses bras.Elle pose la tête dans son cou et elle essaye de faire le tour avec ses brasmais elle n’y arrive pas encore. Ils marchent. Il y a une sirène. Après ilsarrivent à l’immeuble. Maman est là. Elle a acheté des pains au chocolat. Elledit on touche pas, vilaine gourmande, c’est pour après. Les portes tournent.Ils rentrent. Ça sent pareil. Camilia est courageuse, elle le sait, lesdocteurs lui ont dit. Mais ce matin, elle chouine. Elle n’a pas envie. Mamansourit pour de faux. Papa ne dit rien. L’ascenseur sonne. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Onze heures vingt. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Il est enfin rentré chez lui,quatrième sans ascenseur, escalier en cours de réfection parsemé d’ouvrierstousseurs, voisine psychotique hurlant aux voix dans sa tête de la laissertranquille, odeurs de bouffe lacrymogènes dispersées par la grand-mère dudessous, serrure capricieuse, entrée trop étroite et guéridon surchargé derelevés de banque et autres deuxième pizza offerte à emporter. Il jette sesclés quelque part, accroche son manteau ailleurs et caresse le chat. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;En buvant son jus d’orange ilse dit que Leanna est perdue. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Sous la douche il essayed’accepter que certaines questions n’auront jamais de réponse. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Dans son lit il espère que cesoir, avec Emy, l’interne de cardio, ça va bien se passer. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Toutes les chambres sont lesmêmes. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Je connais chacune d’entreelles. Je connais tous les gens présents ici. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Il y a ceux qui m’attendent,ceux savent que je suis là, et il y a les autres, ceux qui ouvrent des yeuxronds comme la lune quand ils me voient enfin, qui pleurnichent ou quis’excusent. Il y a les dignes et, comme chez nous, les lâches. Il y a ceux quivoudraient reporter le rendez-vous ou me faire croire que je me suis trompée dechambre et d’autres qui essayent de m’acheter, en troquant tout et n’importequoi – jusqu’à leurs propres enfants. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Il y a ces jeunes femmes enblanc qui sortent lorsqu’elles ont la chair de poule. Il y a ces hommesbruyants qui s’agitent en pensant me faire partir. C’est à chaque fois pareilet ça me fait doucement rire – à peine un frisson. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Ce matin tout est calme. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Ça commence toujours de la mêmefaçon. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Leanna est partie ce matin,enfin. Pour de bon. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Camilia, elle, est revenue. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Le chef fait la gueule :l’étude en cours va être abandonnée à cause des effets secondaires. Elle lui apourtant pris un temps monstre, cette étude. Pendant la visite il a braillé surSabrina, l’infirmière portugaise, parce qu’elle avait oublié un foutu marqueurtumoral sur le bilan de la 945. Stéphane a voulu calmer les choses en disantque ce n’était pas grave, qu’on le prélèverait demain, que le petit à la 945allait rester là encore plusieurs jours et que de toute façon, le résultat neserait pas bon. Le chef lui a rappelé que le chef justement, c’était lui. Pasl’interne. Stéphane n’est pas contrariant. Il sait que le chef est fatigué,qu’il croyait dur comme fer pouvoir sauver la petite Leanna. Alors Stéphane abaissé le nez et a gentiment demandé à Sabrina de piquer le gosse – clin d’œilà l’appui. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;La visite est terminée.Stéphane vient d’imprimer les résultats. Ils sont encore plus mauvais queprévu. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Journée de merde, il se dit. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Et puis Emy a annulé hier soir.L’air de rien, SMS nonchalant, comme ça. Ça l’a rendu fumasse. Lui aussi, iltravaille. Lui aussi, il est fatigué. Mais il ne trouve jamais d’excuse bidon.Une autre fois, elle a écrit. Et puis quoi encore, il peste. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Il ferme son bureau les traitsrenfrognés. Pas besoin d’être devin : ce midi, au self, ce sera dégueulasse. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;La Terre s’est ouverte etCéline y tombe. L’air est gluant ; il épaissit les larmes. Le ciel charrie lamort et des nuages bas. Les gens qui passent ricanent. Ils se moquent dumalheur des autres. Ils en sont ravis. Leurs sourires s’étirent, découvrent deslangues sifflantes. Ils ont le regard mauvais et les rires qui grignotentl’esprit. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;L’air est gluant. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Il ne rentre plus dans la gorgede Céline ; il y est coagulé. Elle fait comme les poissons, gueule ouverte,souffle court, regard perdu : elle étouffe. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Et les mouches devant les yeux.Les arbres aussi. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Et les perfusions qui gouttent &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: 11.0pt;"&gt;—&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt; &lt;i&gt;plic, plic&lt;/i&gt;. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Et les fumeurs qui se tuent enriant. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Sa fille qui meurt. Le docteurqui le dit. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Le docteur qui le dit. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Ils ont piqué Camilia. Ça afait mal. L’infirmière est gentille mais Camilia en a assez. Papa et mamanavaient dit qu’ils venaient juste pour la journée, comme la dernière fois, pourl’hôpital du jour. Mais après le liquide, le docteur est revenu. Il a ditbonjour chouchou. Camilia lui a dit qu’elle voulait rentrer à la maison voirTinou. Il a dit je sais. Il a dit à papa et maman qu’il voulait leur parler.Camilia est restée dans le lit. Elle a compris. Il y avait Dora à la télé. Ledocteur a souri pour de faux. Camilia a dormi après. Quand elle s’est réveilléeelle avait mal à la tête. Alors elle l’a dit à l’infirmière. Elle lui a donnéun sirop. Maintenant ça va un peu mieux mais papa et maman ne sont toujours paslà et l’infirmière aussi. La fenêtre est devenue noire. La télé est éteinte.Dans le coin de la pièce il y a quelqu’un. C’est une dame. Camilia ne laconnaît pas. Elle a un peu peur. La dame ne bouge pas. Il y a une odeur commeles œufs dans la salade. Camilia n’aime pas ça. Elle a des frissons. Le damevient. Camilia ne dit rien. Elle ferme les yeux, comme maman lui dit quand ellevoit des monstres sous le lit. Elle ferme les yeux. L’odeur est là. La dame luitouche la tête. Elle a les mains froides. L’odeur est là. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Il a croisé Emy au self. Ellelui a souri comme la première fois et il a tout oublié. Elle est venue à satable et s’est excusée pour la veille. C’est vrai qu’elle a l’air un peufatiguée, il&lt;span&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;a pensé. Elle lui ademandé si elle pouvait s’asseoir avec lui. Il a dit oui, avec plaisir. Ils’est dit que ce serait trop bête de passer à côté d’une fille – et d’un cul –comme ça. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default" style="page-break-before: always;"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Lui,avait du mal à trouver des choses intelligentes à dire. Il avait l’impressiond’être complètement coincé. Était persuadé qu’elle le trouvait un peu gentil.Elle, parlait en souriant, l’air de rien. Sa blouse était ouverte sur un petitgilet gris. Il a risqué un regard vers ses jolis seins mais la crainte depasser pour pressé l’a vite rappelé à l’ordre. Il y avait une toute petite,minuscule petite miette sur la lèvre d’Emy, sur cette bouche à tomber quiracontait sa journée, la pluie, le beau temps, les brocolis vapeur et ledernier Woody Allen, et il n’arrivait pas à penser à autre chose qu’à seslèvres à lui sur ses lèvres à elle. Il avait le cœur taquin, la langue curieuseet les idées plus très claires. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Elle lui a demandé ce quin’allait pas, et ne me raconte pas de bobards, je vois bien que tu fais latronche. Elle mangeait du poisson. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Il lui a répondu, l’air grave,que là-haut, dans le service, l’ambiance était à chier ce matin. Que le chefétait dans un de ses mauvais jours en grande partie à cause de Leanna et que,pour tout avouer, de son côté, il avait été déçu pour hier soir et leurrendez-vous annulé. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Elle a fait la moue, a vouludire quelque chose mais son &lt;i&gt;bip&lt;/i&gt; a sonné. Elle a répondu et il l’aregardée. Elle est bien jolie quand elle parle sérieusement. Ça lui donne unair inaccessible, un goût de divin. Quand elle a raccroché, il était temps departir. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Elle a dit : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: 11.0pt;"&gt;—&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt; Même heure, même endroit, ce soir. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Et elle a disparu. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Ça lui a rendu le sourire, àStéphane. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Ça lui a même donné la force deremonter pour rencontrer les parents de Camilia. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Docteur Sibon est venu les chercher dans la salle dechimiothérapie de l’hôpital de jour. Mehdi a tout de suite vu qu’il n’avait pasla même tête optimiste que les fois précédentes. Il a dit bonjour à Camilia, ouplutôt bonjour chouchou, en lui passant la main sur la joue. Mais le cœur n’yétait pas vraiment. Camilia a dit : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: 11.0pt;"&gt;—&lt;/span&gt;&lt;span style="color: red; font-family: Verdana; font-size: 11.0pt;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: 11.0pt;"&gt;Ç&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;a va Stéphane ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: 11.0pt;"&gt;—&lt;/span&gt;&lt;span style="color: red; font-family: Verdana; font-size: 11.0pt;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Super et toi ma belle ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: 11.0pt;"&gt;— &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Je veux rentrer. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Le docteur a dit qu’il savaittout ça. Qu’il voulait qu’elle rentre aussi, que les jolies filles comme ellen’avaient rien à faire dans un endroit où la purée était aussi dégueu. Camiliaa ri. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Céline avait les traitscreusés. Elle se donnait toutes les peines du monde à faire bonne figure maiselle ne trompait personne. Mehdi avait remarqué quelques jours auparavant queles mains de sa femme étaient sèches comme celles des petites vieilles. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Docteur Sibon leur a demandé debien vouloir le suivre dans son bureau. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Céline a vacillé. Mehdi l’aaidée à se lever du bord du lit et ils sont sortis de la salle en promettant àleur fille qu’ils reviendraient bientôt. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Elle a dit d’accord et a serréson doudou un peu plus. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Ça commence. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Je suis arrivée. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Il fait froid, la nuit esttombée. Les voitures font de petites taches silencieuses derrière les fenêtres.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;J’aime la nuit. Dansl’obscurité, je ne vois plus que je n’ai pas d’ombre. Je m’y sens un peu plusnormale. Et j’ai moins chaud. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default" style="page-break-before: always;"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Cettechambre est parfaite. Juste elle et moi. Papa maman à la cafétéria. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Les enfants sont étranges. Ilsme voient. Leurs parents pensent toujours qu’ils regardent le plafond mais enréalité, c’est dans mon sourire qu’ils se perdent. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Les plus petits ne connaissentpas les histoires que les grands se racontent. Ils ne savent pas qui je suisalors ils s’imaginent à chaque fois quelque chose de nouveau. Je suis souventun monstre mais pas seulement. Parfois, je ne suis qu’une ombre. Un rideau quibouge. Un craquement. Un courant d’air. Un mauvais rêve. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Rendors-toi, ce n’est qu’unmauvais rêve. &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Les enfants sont gentils. Ilsme suivent sans faire de bruit. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Et cette petite, cette si joliepetite fille, fera comme les autres. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Qu’elle est belle. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Je n’en ai jamais vu d’aussibelle. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Les parents de Camilia sonteffondrés. Le traitement de la rechute n’a pas fonctionné. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Stéphane le leur a annoncécomme il le fait à chaque fois, au plus juste, mais le plus juste ne changejamais la réalité. Il l’enrobe seulement de traitement de deuxième ou detroisième intention, de cures et de bilans répétés, d’études prometteuses, dejolis mots faussement pleins d’espoir. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;La maman a demandé ce quetoutes les mamans demandent à chaque fois : Combien de temps ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Stéphane a répondu qu’il nesavait pas, que les chiffres ne voulaient rien dire, qu’il faudrait attendreles résultats de la prochaine chimiothérapie avant de baisser les bras. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Le père a pleuré en silence. Ilmâchait sa rage. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;La mère s’est agitée. A ditqu’elle voulait prendre l’air. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Stéphane a voulu lesaccompagner mais le père l’a remercié. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Il les a regardés tituber dansle couloir et prendre l’ascenseur. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Et dans son ventre, le vide. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Ce soir, il voit Emy. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Camilia a attendu. La dame estpartie sans rien dire. Elle est rentrée dans le mur. Il faisait froid maismaintenant ça va mieux. Elle n’a pas pleuré. C’est une grande fille. La portede la chambre s’ouvre. Maman est là et papa aussi. Ils sourient pour de faux.Ils ont acheté un jus d’orange. Camilia adore le jus d’orange. Elle le boit etça lui fait oublier la dame de tout à l’heure. Il est tard. Maman se couche àcôté d’elle. Elle lui dit je t’aime mon bébé. Camilia dit moi aussi. Ellevoudrait rentrer voir Tinou. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: white;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Elle s’appelle Leanna. Quellebelle petite. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Ses petits pieds font &lt;i&gt;tic-tic-tic&lt;/i&gt;sur le carrelage. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Elle renifle à peine. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Me demande où on va.&lt;span&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Je lui dis qu’il ne faut pasavoir peur. Promis. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Nous allons juste autre partque dans cet endroit qui pue. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;Matthieu Heidet&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;accessit prix prose du concours Alexandre-VosEcrits 2011&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;span style="font-size: 11.5pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Default"&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;Pascale&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;!--[if !supportAnnotations]--&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;div class="msocomtxt" id="_com_1" language="JavaScript"&gt;&lt;!--[if !supportAnnotations]--&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-5018110033923890236?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/5018110033923890236/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=5018110033923890236&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/5018110033923890236'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/5018110033923890236'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/10/et-ca-recommence.html' title='Et ça recommence.'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/--3FFu_cr0wE/TqXMBV8iqdI/AAAAAAAAAwQ/8OjFgMlyaO0/s72-c/recuei11.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-4549880115486573323</id><published>2011-10-08T10:02:00.000+02:00</published><updated>2011-10-08T10:04:52.643+02:00</updated><title type='text'>Troisième prix Prose du concours Alexandre-VosÉcrits :  La voiture de Dieu est une Audi noire</title><content type='html'>&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-w0FIQpElkmI/Tn4xlTRN6NI/AAAAAAAAAwM/Zz-fLbHTDBs/s1600/recuei11.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="232" src="http://1.bp.blogspot.com/-w0FIQpElkmI/Tn4xlTRN6NI/AAAAAAAAAwM/Zz-fLbHTDBs/s320/recuei11.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;« &lt;s&gt;Cher Dieu&lt;/s&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;s&gt;Mon Dieu&lt;/s&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;s&gt;Monsieur D.&lt;/s&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;s&gt;Dieu&lt;/s&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Entre toi et moi, ça n’a pas toujours été facile. Il y a eu des hauts.&amp;nbsp;Il y a eu des bas. Pas mal de bas. Mais peu importe. Je ne t’en veux&amp;nbsp;pas. Et aujourd’hui, à défaut de te voir — enfin tu peux toujours te&amp;nbsp;pointer hein, moi je suis là — j’ai besoin de te parler. On ne va pas&amp;nbsp;se mentir. Tu t’es bien foutu de ma gueule. D’accord, tu m’as envoyé&amp;nbsp;deux ou trois trucs bien. Les pralines, par exemple. C’est vrai que les&amp;nbsp;pralines ça vaut le coup. L’odeur de la cacahuète chaude enfermée&amp;nbsp;dans son cocon craquant, la praline qu’on mange d’abord avec le nez,&amp;nbsp;puis le caramel encore tiède qui taquine la langue avant de craquer&amp;nbsp;sous les dents et fondre dans la gorge… Oui, les pralines c’est vraiment&amp;nbsp;cool. Mais ça suffit pas. Alors maintenant tu lèves tes fesses de&amp;nbsp;ton boudoir cosmique, tu arrêtes de mater les nanas sous la douche&amp;nbsp;et tu &amp;nbsp;t’occupes un peu de moi de nous de moi.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;J’ai beau regarder. J’ai beau chercher. Mais la vie, ça reste encore et&amp;nbsp;toujours un beau bordel.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Je travaille dans un cube, entouré par d’autres cubes. Enfermé&amp;nbsp;dans un simili-bureau aux trois parois de plastique opaque reproduit&amp;nbsp;à l’infini dans ce pénitencier de province, je regarde les heures passer&amp;nbsp;comme au fond d’un mixeur. Je ne sais pas pour qui je travaille. Je&amp;nbsp;ne suis même pas sûr de savoir ce que je fais. J’appuie sur les touches&amp;nbsp;d’un ordinateur toute la journée. Donnez des graines à une poule,&amp;nbsp;elle serait plus productive que moi. Sur mon clavier, il y a quatrevingt-neuf touches. Je n’en utilise que six. On dirait la vie, version&amp;nbsp;informatique.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;J’ai essayé l’amour. Une fois. Une seule fois. Elle était belle, belle&amp;nbsp;et toute petite, une allumette montée sur des échasses en forme de&amp;nbsp;talons aiguilles. Elle allumait des incendies dans mon crâne. Elle&amp;nbsp;dansait le flamenco avec mon coeur. Au fond de ses yeux, je pensais&amp;nbsp;avoir trouvé… Quoi ? La vie, le pourquoi. Je l’aimais. Elle est partie.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Alors le mal. Le coeur qui gonfle et gonfle à chaque seconde, qui&amp;nbsp;devient trop gros pour la poitrine, qui va briser les côtes, qui va exploser&amp;nbsp;à l’intérieur et noyer les yeux d’une avalanche de sang chaud.&amp;nbsp;Chaque seconde on pense que ça va passer, mais c’est encore pire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Des épines dans les yeux, un iceberg dans le fond de la gorge, on ne&amp;nbsp;peut pas pleurer. Ni parler. Ni bouger. Juste brûler, sentir le coeur&amp;nbsp;gonfler, enfler et claquer. S’enfoncer. Craquer de partout. Cramer.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Le mal.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Et s’il n’y avait que moi, passe encore. Mais tiens, l’autre jour à la&amp;nbsp;télé, j’ai vu un reportage sur les maisons de retraite. Le doyen avait&amp;nbsp;quatre-vingt-quinze ans. Son visage était tellement froissé qu’on&amp;nbsp;aurait pu cacher un puits au fond de ses rides. Il était minuscule, assis&amp;nbsp;tout au fond d’une chaise roulante trop grande pour lui. On aurait dit&amp;nbsp;que le fauteuil le digérait. Bref, il racontait à la caméra que ça faisait&amp;nbsp;sept ans qu’il n’avait pas de nouvelles de ses enfants, sept ans sans&amp;nbsp;visite, sept ans sans appel. Mais tous les ans, le jour de son anniversaire,&amp;nbsp;il insiste pour s’habiller, pas dans son jogging noir trop large,&amp;nbsp;mais avec son beau costume, celui qu’il portait pour son départ à la&amp;nbsp;retraite, et ses chaussures en cuir ciré, celles qu’il avait pour l’enterrement&amp;nbsp;de sa femme. Alors il espérait. Pas une visite, non, juste un&amp;nbsp;appel. Ses enfants lui manquent. Ils s’entendaient bien, avant. Mais&amp;nbsp;aujourd’hui ils habitent loin, ils ont beaucoup de travail, et les gamins&amp;nbsp;qu’il faut garder c’est du souci, alors il comprend qu’une visite ce&amp;nbsp;serait trop, mais rien qu’un appel, un coup de téléphone pour se sentir&amp;nbsp;encore un peu de ce monde, rien qu’un appel ce serait bien. Parce que&amp;nbsp;quand on est vieux, un anniversaire de raté ça compte un peu quand&amp;nbsp;même, on ne sait pas combien d’anniversaires suivront encore quand&amp;nbsp;on est vieux. Alors le vieux s’est mis à pleurer, sans faire de bruit,&amp;nbsp;comme une feuille morte, et la caméra s’est détournée, pudique,&amp;nbsp;tandis que derrière l’oeil rouge faussement gêné piaffaient les producteurs&amp;nbsp;ravis de saisir dans leur broyeur un morceau de misère humaine&amp;nbsp;cloîtrée dans une chaise roulante trop grande pour lui.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Bref. Ma vie ne va nulle part. La vie des autres ne va nulle part.&amp;nbsp;Pas besoin d’être Nobel ou divin pour comprendre qu’il y a quelque&amp;nbsp;chose qui cloche.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Mais je ne t’écris pas pour me plaindre. Tu t’es bien marré. Je&amp;nbsp;comprends. Mais maintenant ça suffit. Rendez-vous jeudi. Minuit,&amp;nbsp;place Carpentier. Tu vois la boîte aux lettres rouge ? Je serai là.&amp;nbsp;J’attendrai. Je ne sais pas vraiment quoi. Mais autant te prévenir,&amp;nbsp;je ne me contenterai pas de la tronche de la vierge dans une flaque&amp;nbsp;ou un autre de tes trompe-couillons. Je veux un vrai signe. Un beau.&amp;nbsp;Débrouille-toi. Et si tu ne te pointes pas, tant pis. J’arrête. Les&amp;nbsp;hommes ne valent pas le coup ? Très bien. Tout le monde peut se&amp;nbsp;tromper. Je me rangerai à ton avis. Et je ne sais pas où tu en es question&amp;nbsp;suicide, mais je promets que, même noirci au fond des flammes&amp;nbsp;de l’enfer, je trouverai toujours un moyen de revenir botter tes honorables&amp;nbsp;miches divines.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;s&gt;Affectueusement&lt;/s&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;s&gt;Sincèrement&lt;/s&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;s&gt;Cordialement&lt;/s&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;À jeudi&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; Oscar. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;*&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;b&gt;22h45.&lt;/b&gt; La nuit est tellement noire que même les lampadaires&amp;nbsp;plantés en bouquet au milieu de la place Carpentier n’arrivent pas à&amp;nbsp;chasser les ténèbres. La pluie me bat le flanc depuis près d’un quart&amp;nbsp;d’heure. Même blotti contre l’énorme boîte aux lettres rouge qui&amp;nbsp;creuse un trou de couleur au milieu de l’asphalte gris, je ne parviens&amp;nbsp;pas à m’abriter.&amp;nbsp;Note personnelle : la prochaine fois, ne pas donner&amp;nbsp;de rendez-vous en extérieur au beau milieu du mois de janvier.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;b&gt;23h58.&lt;/b&gt; Le néon vert de la pharmacie clignote. Je regarde les&amp;nbsp;minutes s’enfiler comme des perles de rocaille. 23h58. 23h59. 0h00.&amp;nbsp;Ça y est. J’ai vingt-six ans. Un quart de siècle plus un. Le temps&amp;nbsp;passe sur moi sans en avoir l’air. Je ne suis pas malheureux. Dans&amp;nbsp;malheureux, il y a heureux. Celui qui pleure est en vie. Les larmes&amp;nbsp;sont l’engrais du sourire. Moi, je ne ressens rien. Je n’entends pas&amp;nbsp;mon coeur battre. Mes yeux restent arides. Mon sourire en friche.&amp;nbsp;L’intérieur de mon crâne est comme une grande caisse de résonance,&amp;nbsp;un caisson de basse, un vide épais, une page blanche. J’ai éteint l’interrupteur&amp;nbsp;de mes sentiments. Sans faire exprès. Je m’en suis aperçu&amp;nbsp;un vendredi, en fumant une cigarette. J’étais accoudé contre le&amp;nbsp;rebord de ma fenêtre. Le soleil faisait son boulot de soleil et achevait&amp;nbsp;d’éclabousser mon salon de lumière douce. Une tasse de café&amp;nbsp;brûlante faisait pousser une fleur de buée sur la vitre. J’ai allumé une&amp;nbsp;cigarette. Bu le café. Fumé la cigarette. Alors, je m’en suis aperçu.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Rien. Pas un trouble, pas un sursaut, pas un frisson. Pourtant, je me&amp;nbsp;souvenais avoir aimé siroter mon café en dégustant ma cigarette,&amp;nbsp;sentir les arômes se mélanger, ma bouche se réchauffer. Mais là, rien.&amp;nbsp;J’habitais la neutralité. J’étais une corde à vide. Le néant.&amp;nbsp;J’ai d’abord pensé que cette frigidité émotionnelle ne durerait qu’un&amp;nbsp;temps. Mais les jours ont passé. Les semaines ont défilé. Rien ne me&amp;nbsp;troublait. Les choses que j’ai aimées, les choses qui m’ont révolté, le&amp;nbsp;monde entier se perd désormais dans ce vague tiède que sont devenus&amp;nbsp;mes sentiments. Le plus étrange est que je ne m’en porte pas&amp;nbsp;plus mal. Moi qui depuis toujours me sens isolé, étranger au milieu&amp;nbsp;des foules, seul parmi les autres, moi dont le coeur tapait si fort qu’il&amp;nbsp;me collait des bleus, je me sens pour la première fois parfaitement&amp;nbsp;adapté. Ce n’est pas plus agréable. Ni plus heureux. Juste plus facile.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;b&gt;0h15. &lt;/b&gt;La pluie a cessé. Dieu n’est toujours pas arrivé. Je commence&amp;nbsp;sérieusement à me les geler.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;b&gt;0h20. &lt;/b&gt;L’obscurité bouge au loin. Un morceau d’ombre se décroche.&amp;nbsp;Je scrute l’horizon. Un vieux type s’approche. Il titube. Il pénètre&amp;nbsp;dans le ballet de lumière des lampadaires. De près, il a l’air encore&amp;nbsp;plus froissé que ses vêtements mités. L’odeur âcre qui l’enveloppe&amp;nbsp;comme une aura suffit à établir son état civil. Le clodo s’est planté&amp;nbsp;en face de moi en &amp;nbsp;marmonnant des paroles incompréhensibles. Je&amp;nbsp;fronce les sourcils. Je ne vais pas foutre en l’air mon signe pour un&amp;nbsp;cinglé sans domicile. Je sors mon portefeuille et lui tends une pièce.&amp;nbsp;La main du type jaillit et la fourre au fond de sa poche. Sans lever&amp;nbsp;les yeux, il grommelle :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;« Z’avez un crayon ? »&lt;/div&gt;Je plonge ma main au fond de mon sac et lui tends un stylo. Sans&amp;nbsp;me remercier, il l’attrape et le cale entre ses dents. J’ai un haut-lecoeur&amp;nbsp;mais ne dis rien. Le type soulève sa manche. Son bras est&amp;nbsp;décharné, on dirait une branche morte. D’une main tremblante,&amp;nbsp;il trace le long de son poignet d’une grosse écriture tremblante :&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;1.298.012. Il dit :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;« 1.298.012.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Qu’est-ce que vous faites ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Je compte.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Vous comptez quoi ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Des nombres.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Pourquoi vous comptez ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Je veux compter jusqu’à l’infini.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— C’est pas possible.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Pourquoi ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Personne l’a jamais fait.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Des couilles molles.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Vous en êtes où ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— 1.298.013.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Bonne chance.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— 1.298.014. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Je regarde le type s’éloigner. Soudain, un frisson me secoue la&amp;nbsp;colonne vertébrale. Mon signe ? Après tout… Le vieux s’est engouffré&amp;nbsp;dans la ruelle voisine. Je me lève d’un bond. Le vieux est là. Je&amp;nbsp;lance une main dans l’air pour l’appeler. Il stoppe net. Il dégrafe&amp;nbsp;sa ceinture. Son pantalon tombe sur ses chevilles comme une peau&amp;nbsp;morte. Il se met à pisser contre un mur. Le glouglou gras qui envahit&amp;nbsp;la nuit me tord le coeur. L’odeur chaude et âcre éclabousse les&amp;nbsp;ténèbres. L’espoir a claqué dans ma tête. Ça fait un bruit d’oeuf cassé.&amp;nbsp;Je regagne ma boîte aux lettres en traînant des pieds. Rien qu’un faux&amp;nbsp;espoir. Un signe ne me pisserait pas à la gueule.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;b&gt;0h45. &lt;/b&gt;En face de moi, un gros bonhomme de neige gonflable se&amp;nbsp;balance d’avant en arrière au gré du vent. Le blanc de son ventre est&amp;nbsp;recouvert de poussière, on dirait que la dentelle de neige délicate qui&amp;nbsp;le fardait s’est transformée, à peine touché terre, en une bouillasse&amp;nbsp;grise et moche. Plus la nuit s’épaissit, plus le bonhomme de neige se&amp;nbsp;dégonfle. Depuis quelques minutes, il courbe la nuque. Un trou s’est&amp;nbsp;creusé au milieu de son ventre, il se recroqueville comme un trognon&amp;nbsp;de pomme. Sa mort est lente. Son agonie dure. Il se vide au ralenti.&amp;nbsp;Maintenant son nez touche le sol. Le reste du corps suit, il forme&amp;nbsp;une flaque grise sur l’asphalte humide. Je ne sais pas exactement&amp;nbsp;ce que ce spectacle m’évoque. Mais je ne peux pas détacher mes&amp;nbsp;yeux de ce cadavre en fausse neige. Soudain, du bruit. Je redresse&amp;nbsp;la tête. Deux jeunes. Un grand black, un petit blond. Ils parlent&amp;nbsp;fort. Marchent en traînant. Ne vont nulle part. Sans m’adresser un&amp;nbsp;regard, ils s’assoient sur le bord du trottoir. Le blond allume une&amp;nbsp;cigarette. Le black étale ses jambes sur la route. Il lance un regard&amp;nbsp;au blond :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;« T’as une clope ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Non.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Je sais que t’as des clopes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— J’en ai plus qu’une.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— File-moi une clope.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Non. Va t’en acheter.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— J’ai pas de fric. File-moi une clope.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Non.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— J’te la rends demain.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Je croyais que t’avais pas de fric ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— J’en aurai demain.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Bah, t’attendras demain pour fumer.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Non. File-moi une clope.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Non.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— T’es chiant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Non. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Le blond tire une bouffée de cigarette, les yeux dans le ciel. Le&amp;nbsp;black lui décoche un regard d’envie. Le silence qui s’installe semble&amp;nbsp;les incommoder. Le black finit par demander :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;« Au fait, t’étais où hier ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Au 300.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Je sais. Mais après ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Après quoi ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Le 300.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Nulle part.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Allez.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Non.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Dis.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Non.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Tu t’es serré la brune ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Laquelle ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Celle qu’était bonne. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Le blond hausse les épaules. Le black soupire et reprend :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;« Alors tu t’es serré Jen ?&lt;/div&gt;— C’est trop un boudin, Jen !&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— J’le savais !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Quoi ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Tu t’es serré la brune !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Ouais.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— C’était comment ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— C’était… Tu vois.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Ça veut dire quoi ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Rien.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— T’es un mauvais coup ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Va te faire foutre. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;D’un geste rageur, le blond jette sa cigarette et l’écrase sous son&amp;nbsp;talon. Le black suit des yeux le mégot qui roule dans le caniveau. Il&amp;nbsp;martèle le silence de son pied avant de lancer :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;« Sérieux, c’était comment ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— C’était… Tu vois.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Ah ouais ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Ouais. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Tous les deux ont renversé la tête en arrière. Visiblement, ils&amp;nbsp;voyaient. Le blond attrape des écouteurs au fond de sa poche. Le&amp;nbsp;black s’empare de l’un d’eux et se l’enfonce dans l’oreille. Le blond&amp;nbsp;l’imite. Quelques secondes plus tard, le black sort une cigarette de&amp;nbsp;son blouson. La flamme de son briquet allume une étincelle dans le&amp;nbsp;regard du blond :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;« File-moi une clope.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Non.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Allez.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Non. Fume les tiennes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— J’en ai plus.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Alors tant pis.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— File-moi une clope.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Non. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Le blond soupire, sort de son paquet froissé une cigarette puis&amp;nbsp;commence à tripoter son MP3. Le black a l’air d’apprécier. Je les&amp;nbsp;regarde secouer la tête au rythme d’une musique que je n’entends&amp;nbsp;pas. Ils ont l’air de coucous suisses. Leurs cigarettes se consument.&amp;nbsp;Les deux yeux rouges qu’elles creusaient dans le noir rabaissent leurs&amp;nbsp;paupières. Les deux types finissent pas se lever. Le black disparaît&amp;nbsp;dans une rue parallèle. Le blond m’adresse un signe de main.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;« Eh mec !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Ouais ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— T’as pas une clope ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Non. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Je le regarde s’éloigner d’un oeil absent. Cette fois, ma colonne&amp;nbsp;vertébrale reste à sa place. Ces types n’étaient rien d’autre que des&amp;nbsp;types. Un signe aurait au moins eu des clopes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;b&gt;0h55. &lt;/b&gt;Ça fait vingt minutes qu’aucune voiture n’a frôlé le bitume de&amp;nbsp;la route. Il n’y a personne dans les rues, absolument personne. Tous&amp;nbsp;les volets sont clos. Les cheminées ne fument plus. Les commerces&amp;nbsp;sont fermés. C’est drôle de surprendre ce monde en suspens, cet&amp;nbsp;horizon serein qui dans cette somnolence d’ébène n’a pas encore&amp;nbsp;besoin encore de se pâmer, ce monde qui attend — qui attend quoi ?&amp;nbsp;Sûrement pas moi…&lt;/div&gt;Je commence à me demander ce que je fous là. Je ne sais pas&amp;nbsp;s’il existe un Dieu. Pas forcément un vieux cinglé qui s’insurge au&amp;nbsp;moindre pet de travers, mais quelqu’un, quelque chose au-dessus de&amp;nbsp;nous, une force obscure qui nous observe et s’amuse à triturer les fils&amp;nbsp;de nos existences. J’espère que oui. J’espère que quelqu’un au moins&amp;nbsp;prend du plaisir à voir nos genoux s’écorcher, à regarder s’effacer&amp;nbsp;les mirages, à écouter crever les espoirs, à mater les déchéances et&amp;nbsp;les dégringolades, j’espère que nos maux servent au moins à divertir&amp;nbsp;un vieux type qui s’emmerde tout seul sur son nuage. Parce que&amp;nbsp;si la douleur existe pour la douleur, la souffrance pour la souffrance,&amp;nbsp;la mort pour le simple plaisir de gonfler le ventre des vers un beau&amp;nbsp;jour, s’il n’y a personne pour donner un tout petit moignon de sens&amp;nbsp;au truc qui chaque jour pompe un morceau de notre moelle épinière,&amp;nbsp;se faire sauter le crâne au milieu des fleurs reste encore le comportement&amp;nbsp;le plus sensé de tous.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;b&gt;1h27.&lt;/b&gt; Minuit est passé depuis près d’une heure et demie. Il ne&amp;nbsp;viendra pas. Dieu m’a posé un lapin.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;À moins que… Ce serait ça, le signe ? La vie ne rime à rien. Si tu&amp;nbsp;veux la faire sonner comme un violon, libre à toi, mais ne t’étonne&amp;nbsp;pas si à la fin il ne te reste que les fils de l’archet pour te pendre…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Tant pis. Je regarde le vieux clocher. Des siècles entiers se sont bousculés&amp;nbsp;sous son cuivre. Les cloches doivent bien se foutre de la gueule&amp;nbsp;de mes vingt-six années. Le poids du monde me pèse soudain sur les&amp;nbsp;épaules. Disparaître en une seconde sous ces montagnes de temps,&amp;nbsp;ce doit être facile… Je me lève. Je peux presque entendre la boîte aux&amp;nbsp;lettres rouge se marrer dans la nuit. D’un geste, je me retourne et&amp;nbsp;lui envoie un coup de pied bien senti. J’entends mes orteils craquer&amp;nbsp;sous la douleur, mais ça soulage. Dans mon dos, j’entends ronronner&amp;nbsp;le moteur discret d’une voiture. Je me retourne. Une &lt;i&gt;Audi &lt;/i&gt;noire.&amp;nbsp;Mon père a toujours voulu une &lt;i&gt;Audi &lt;/i&gt;noire. Je la regarde rouler au&amp;nbsp;pas. S’arrêter au stop. Ouvrir la fenêtre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Alors la terre s’ouvre. Mes jambes ne sont plus que des fac-similés&amp;nbsp;de jambes. Les frissons me parcourent le corps. Je n’ose pas bouger.&amp;nbsp;Quelque chose s’agite à l’intérieur de moi. Une chaufferie rouillée.&amp;nbsp;Un tambour crevé. Un goéland mazouté. Ça tape contre mes côtes, ça&amp;nbsp;fait mal dans ma poitrine, ça gonfle, ça crie, ça pleure, mon coeur bat&amp;nbsp;si fort qu’il va sortir. Une élucubration. Une incantation. Un impératif,&amp;nbsp;une imprécation qui caresse les tripes et tord le coeur pour rejaillir&amp;nbsp;en pépites sous des paupières hallucinées, enfin claires, enfin vives,&amp;nbsp;l’âme épurée de l’intérieur et à jamais squattée par les hurlements de&amp;nbsp;ces vibrations d’outre-tombe. Po-po po-pôm. Po-po po-pôm.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;« Eh ! Tout va bien ? »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Je sursaute. Tout revient devant mes yeux en une seconde, la rue,&amp;nbsp;le vent, la boîte aux lettres rouge, l’&lt;i&gt;Audi&lt;/i&gt; noire, ce type qui me scrute&amp;nbsp;à travers sa vitre baissée. Entre sa cravate délacée et son costume&amp;nbsp;froissé, il a l’air épuisé. Ses sourcils froncés me scrutent d’un air&amp;nbsp;suspect. Je m’empresse de bafouiller :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;« Hein ? Euh, oui…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Je cherche le cours Victor Hugo.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— La… la musique… »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Un sourire se dessine subitement sur le visage du type. Il semble&amp;nbsp;se détendre :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;« Vous aimez Beethoven ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Je crois, oui…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Ça, c’était un génie ! Le type est sourd comme une huître, et&amp;nbsp;vous croyez que ça l’arrête ?&lt;/div&gt;— Non ?&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Non ! S’il ne peut pas entendre le reste du monde, il fera la&amp;nbsp;musique dans ses oreilles. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Le type monte le son de la radio. La musique me colle un nouveau&amp;nbsp;frisson. Je regarde ce visage fendu d’un grand sourire qui me scrute&amp;nbsp;joyeusement. Il a l’air un peu cinglé. Mais je réalise que seul et&amp;nbsp;trempé, à faire le pied de grue au pied d’une boîte aux lettres rouge&amp;nbsp;depuis près de deux heures, je ne dois pas avoir l’air très sain non&amp;nbsp;plus. Une fois le soleil couché, la salubrité a aussi droit à son congé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Je demande :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;« Qu’est-ce que c’est comme morceau ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— &lt;i&gt;La Cinquième Symphonie&lt;/i&gt;. Premier mouvement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— C’est…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Résumé d’une exacte concision.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Euh…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Alors, le cours Victor Hugo ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Ah oui, prochaine à droite, et puis tout droit.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;— Merci. Si vous aimez ce morceau, devriez écouter &lt;i&gt;l’Hymne à la&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;i&gt;joie&lt;/i&gt;. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Je regarde l’&lt;i&gt;Audi&lt;/i&gt; noire disparaître au virage. J’entends la musique&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;vibrer dans mes côtes. Tempête sous un crâne.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; *&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;« &lt;s&gt;Cher Dieu&lt;/s&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;s&gt;Enfoiré&lt;/s&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;s&gt;Lâcheur&lt;/s&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Dieu&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Si tu crois m’avoir eu avec ton &lt;i&gt;Audi&lt;/i&gt;, tu me prends vraiment pour&amp;nbsp;un con. Je ne sais pas ce qui me retient de monter casser tes augustes&amp;nbsp;dents mystiques. T’as préféré garder tes signes pour un autre. J’aurais&amp;nbsp;eu plus de chance avec les cheveux longs et des sandales, c’est ça ?&amp;nbsp;Tant pis. Je me suis débrouillé tout seul.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;La vie n’est rien. Qu’un néant, une absurdité, un sursaut avant la&amp;nbsp;mort, un équilibre toujours précaire, un long déclin, un gouffre plein&amp;nbsp;de vide, une chute entre rien et rien. Et pourtant. Oui, l’horreur&amp;nbsp;existe. Mais pourquoi dans cet antre d’ombre cultiver le malheur&amp;nbsp;comme une plante en serre ? Oui, le saut serait facile. Le vertige&amp;nbsp;séduisant. Mais la joie est là. La chercher, l’arroser, la faire pousser,&amp;nbsp;l’embrasser, l’aimer. C’est le seul choix possible. La joie est le&amp;nbsp;baiser qui console de vivre. Traverser la vie en amputé du coeur, c’est&amp;nbsp;prendre de l’avance sur sa mort.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Beethoven était sourd. Moche, malade et seul. Et pourtant dans les&amp;nbsp;tréfonds de ce crâne &amp;nbsp;buriné, il a trouvé le moyen de faire fleurir la joie.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Je t’écrirai peut-être plus tard. Tu dois bien avoir besoin de distractions&amp;nbsp;au milieu de tous ces culs-bénis. Mais je n’ai pas encore le&amp;nbsp;temps de mourir. J’ai l’intégrale de Beethoven à écouter.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;s&gt;Salut&lt;/s&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;s&gt;Amen&lt;/s&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;s&gt;Adieu&lt;/s&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;s&gt;À plus&lt;/s&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; Oscar. »&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;*&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Je sors. Une flaque de soleil me chauffe le crâne. Je ferme les yeux.&amp;nbsp;La vie n’est pas qu’une suite de clichés à subir. La vie n’est qu’un truc&amp;nbsp;à vivre. Dans ma bouche, des pralines jouent un &lt;i&gt;staccato &lt;/i&gt;de caramel.&amp;nbsp;Dans mes oreilles, la joie se fond en notes de musique. Dans ma&amp;nbsp;poitrine, mon coeur bat la mesure. Po-po po-pôm. Po-po po-pôm.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-4549880115486573323?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/4549880115486573323/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=4549880115486573323&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/4549880115486573323'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/4549880115486573323'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/10/troisieme-prix-prose-du-concours.html' title='Troisième prix Prose du concours Alexandre-VosÉcrits :  La voiture de Dieu est une Audi noire'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-w0FIQpElkmI/Tn4xlTRN6NI/AAAAAAAAAwM/Zz-fLbHTDBs/s72-c/recuei11.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-8388431110517868904</id><published>2011-09-30T08:32:00.000+02:00</published><updated>2011-09-30T08:32:23.847+02:00</updated><title type='text'>Deuxième prix Prose du Concours Alexandre-VosÉcrits : De la poudre aux yeux</title><content type='html'>&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-gUU4sOrK7Go/TnuSdF_4eSI/AAAAAAAAAwI/5MBwu-I7g4M/s1600/recuei11.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="232" src="http://4.bp.blogspot.com/-gUU4sOrK7Go/TnuSdF_4eSI/AAAAAAAAAwI/5MBwu-I7g4M/s320/recuei11.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;De son index droit, ileffleure le bouton rouge. Chaque jour de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;l’année, ou presque, avecla régularité d’un métronome, le doigt de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Sam exerce une légèrepression sur le bouton incurvé, situé à droite&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;des écrans de contrôle. Ilpourrait programmer le déclencheur et&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;rendre automatique cetteman&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-SemiboldItalic; font-size: 10pt;"&gt;œ&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;uvre qui lui demande uneattention&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;particulière un peu plusde cent vingt fois par heure. Mais Sam&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;préfère imposer cettegymnastique à son index et à son esprit. Mike,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;qui le remplace dansl’étroite cabine au moment de sa &amp;nbsp;pause-lunch&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;et pendant ses jours derepos, s’exécute en maugréant. Il aimerait ne&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;pas être obligé devérifier que la nacelle s’immobilise bien face à l’objectif,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de calculer le momentopportun pour appuyer sur le bouton&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;alors que l’ordinateurpourrait seul se charger du déclenchement de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;l’obturateur. Il auraitainsi tout loisir de parcourir les tabloïds du jour&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;d’un oeil qu’aucunebesogne ne détournerait de sa cible, et découvrirait&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;les dernières frasques duPrince Harry s’étalant à la une du&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;Daily Mirror &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;ou du &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;Sun&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;. Sam, lui, ne s’intéresseguère aux dérapages&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;des membres de la familleroyale. Les photos du jeune prince &amp;nbsp;surpris e&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;n charmante compagniedans une boîte de nuit londonienne branchée&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;ne le captivent pasdavantage que l’horoscope du jour. Pour&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;lui, le pouls de lacapitale anglaise bat à l’intérieur des six mètres&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;carrés qui constituent sonunivers, sa « chambre noire » comme il&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;aime la nommer. Elle luioffre une vue imprenable sur Londres et&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la Tamise, par écransinterposés et surtout un album photos plus&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;complet que celui d’uneagence de mannequins. Depuis bientôt&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;deux ans, il photographieles visages des touristes installés dans l’un&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;des globes vitrés duLondon Eye, la grande roue posée comme un&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;échassier en équilibre surles quais de la Tamise, au pied du pont&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de Westminster, face à BigBen. Au fil des jours, il s’est constitué&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;une galerie de portraits àfaire pâlir d’envie plus d’un collectionneur.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Tandis que la radio répanddes flots de musique endiablée dans la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;cabine, Sam, les yeuxplissés par &amp;nbsp;l'observation minutieuse des visages&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;qui s’offrent àl’objectif, photographie inlassablement, d’un clic, les t&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;ouristes de toutesnationalités, quelques minutes avant que leur&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;capsule de verre ne glissedoucement vers l’esplanade. Les voyageurs&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;qui ont effleuré lesnuages accrochés dans le ciel londonien s’évanouissent&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;dans la foule des badaudssur les quais. Mais, auparavant,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;certains achètent,moyennant huit livres sterling, la photo souvenir&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;prise par Sam, livrée enquelques instants sur papier glacé, dans&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;un cadre et une pochettede carton décorés d’images à la superposition&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;fantaisiste : Big Benjaillissant comme une flèche de la coupole&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de la cathédrale SaintPaul, la Tour de Londres éventrée par un bus&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;rouge à étage, BuckinghamPalace à la façade rafraîchie aux couleurs&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;du drapeau britannique, letout enrubanné par la Tamise serpentant&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;entre les images selon untracé défiant tout réalisme, enroulant&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;et déroulant ses eauxconstellées de paillettes, comme le ferait&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;le fil argenté d’un paquetcadeau. Les touristes s’éloignent, emportant&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;le souvenir coloré de leursurvol de Londres à bord d’une bulle&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;de verre qui s’élève avecla légèreté d’une bulle de savon et dont la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;transparence permet auregard de se repaître des reliefs de cette ville&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;qui mêle vestiges du passéet tours audacieuses. Les yeux caressent&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;les rondeurs des coupoleset des dômes, se perdent dans les pleins&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;et les déliés de ladentelle des façades gothiques, se posent sur les&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;toits lisses et plats desbâtiments modernes, se promènent sur les&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;ponts qui enjambent laTamise, en suivant les contours vertigineux&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de Tower Bridge ou lescourbes douces du Millenium Bridge.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Reclus au sol, dansl’étroite cabine sans fenêtre posée comme une&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;verruecontre l’une des deux immenses pattes d’acier du London&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Eye, Sam observe le mondeextérieur à travers ses écrans. Il aime&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la solitude de son antretandis que de l’autre côté de la paroi métallique,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;s’écoulent la viefourmillante du quartier de Westminster et&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;les eaux cendrées dufleuve que l’éclat de la lumière teinte de brun&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;ou d’argent. Il aime lapénombre de son poste de travail qui le cache&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;et lui offre uneprotection, comme si les murs étaient impuissants&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;à le mettre à l’abri duregard des visiteurs. Observer sans être vu&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;lui donne l’illusion derégner sur la rive droite du fleuve et au-delà.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Photographier des milliersd’inconnus chaque jour, figer sur l’écran&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;des sourires, des regards,capturer des expressions qui, grâce à la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;beauté du panorama,échappent un instant au voile terne dont la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;grisaille du quotidienrecouvre les visages, donne un sens à son existence.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Le soir venu, lorsque ladernière capsule de verre a déversé&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;les voyageurs sur la terreferme, que les dernières photos ont été&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;vendues, que les touristesregagnent la rive gauche et s’éparpillent&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;dans Londres pour goûter àl’effervescence du soir puis à l’ivresse de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la nuit, d’un clic, il s’emparedes clichés du jour. Il éteint les ordinateurs,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;les écrans de contrôle, laradio. Il essuie le bouton rouge d’un&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;coin de son mouchoir.Enfin, il quitte la cabine et se dirige d’un&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;pas rapide vers le pont deWestminster, comme s’il était poursuivi&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;par une ombre menaçante oupar ses propres démons. L’été, le jour&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;décline lorsqu’il traversele pont ; pourtant, la luminosité est encore&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;trop intense pour ses yeuxhabitués à la pénombre de la cabine. Il&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;trottine plus qu’il nemarche, les mains enfoncées dans les poches&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;du blouson anthracitequ’il porte en toutes saisons, les yeux rivés&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;sur le bout de seschaussures, cherchant à se protéger de la morsure&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;du vent et de celle desregards. Pas une seule fois il ne lève les yeux&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;vers Big Ben pourtant siproche, pas même au moment où l’horloge&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;martèle les heures de soncarillon mat qui semble figer la ville. Sur&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;le pont, passants ettouristes suspendent leurs pas et dirigent leur&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;regard vers l’horloge maisSam poursuit son chemin, tête baissée.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Pour lui, elle n’est qu’unbanal élément du décor, une flèche de pierre&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;qu’ilvoit tous les jours sur ses écrans. Il s’engouffre dans la bouche du&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;métro, dévale lesescaliers, frôle les murs, se tasse dans un wagon sur&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;le velours élimé d’unsiège, la tête appuyée contre la vitre poisseuse.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Il se laisse emporter loindu &amp;nbsp;centre de Londres, le corps malmené&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;par les sursauts de larame, s’abandonnant d’un coup à la torpeur&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;de ceux qui regagnent leurdomicile après leur journée de travail. Il&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;rejoint l’obscurité de sonstudio situé au dernier étage d’une vétuste&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;maison de brique rouge, enbanlieue, quelque part entre Aldgate&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;East et Whitechapel. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Une fois la porte refermée sur le monde extérieur,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Sam allume son ordinateuret, d’un clic, fait apparaître sur&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;l’écran les photos dujour. Alors débute un long travail qui le tient&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;éveillé tard dans la nuit.Observer, choisir, recadrer les photos pour,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;enfin, imprimer les plusbelles. Lorsqu’il renonce, les yeux rougis&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;par la fatigue, ils’effondre sur son lit et admire, avant de s’endormir,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;les images qui tapissentles murs de la pièce. L’assemblage de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;portraits forme unemosaïque de papier glacé que la lumière orangée&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;caresse avec douceur.Parfois, il feuillette les albums dans lesquels il&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;range tous les clichésqu’il ne peut exposer sur les murs. Des femmes,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;seulement des femmes,blondes, brunes, rousses, au visage ovale ou&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;rond, au teint diaphane ousombre, à la peau laiteuse ou cuivrée.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Des femmes à la grâce épanouie, des jeunes filles à la beauté à peine&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;éclose. Les regardstimides ou téméraires l’effleurent ou le percent,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;le bercent lorsqu’enfin ilferme les yeux. La vie de Sam est une quête&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;insatiable du Beauféminin. Jour après jour, il kidnappe les sourires&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;offerts à l’objectif, lesimprime et les affiche au mur ou les range dans&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;des albums, à l’abri de lapoussière et de l’érosion du temps. Parmi les&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;centaines de femmes qu’ilphotographie chaque jour, il ne garde que&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;deux ou trois clichés,parfois aucun. Il traque l’harmonie du visage,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la délicatesse des traits,la lumière du regard. Il aime parcourir les&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;albums où les femmesfraîchement conquises viennent enrichir sa&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;collection. Il capturel’éclat des yeux, fige les sourires, préserve la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;fraîcheur du teint del’injure des ans. À chacune il fait don de la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;jeunesse éternelle. En échange, les femmes élues lui offrent leur plus&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;beauregard constellé d’images de leur survol de Londres. Dans leurs&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;yeux scintille unkaléidoscope coloré. Il consacre ses nuits et ses jours&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de repos à ses icônes.Inlassablement, ses yeux explorent les murs&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;tapissés de photos. Sesdoigts fébriles s’envolent et glissent sur les&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;lèvres entrouvertes,caressent les chevelures, suivent les contours des&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;joues. À chacune, il murmure le prénom qu’il lui a choisi. Il les aime&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;toutes d’un amour siprofond.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Dans l’unique pièce de sonappartement, il longe les murs, psalmodiant&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;comme un fidèle, égrenantla longue litanie des prénoms&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;donnés : Soumaya, Iris,Elvan, Uma, Ophélie, Cornélia, Lia, Shelsy,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Mariama, Inès, Aïleen… Ils’attarde un instant sur la peau veloutée&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de Leila, noie son regarddans les yeux noirs de Fatou, effleure&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;le visage de Shauna frôlépar un rayon de soleil qui en souligne la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;douceur. Pour toutes, ilressent une tendresse infinie, avec chacune,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;il imagine une histoired’amour. Liaison brûlante, passion charnelle,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;aventure romantique, flirtléger, Sam navigue de l’une à l’autre,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;comme un marin qui, àchaque escale, retrouve une femme aimée.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Relations d’image et depapier, brouillons d’amours imparfaites qu’il&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;ne cesse de raturer,d’effacer et de récrire pour atteindre plénitude et&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;perfection. Il invente desbaisers langoureux échangés dans les allées&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;de Regent’s Park, des motsbrûlants murmurés sur le marché de N&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;otting Hill, des sermentspartagés au bord de la rivière Serpentine,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;des promenades le long descanaux de Little Venice. Londres est sa&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;complice, la toile de fondde ses histoires d’amour, un décor de carte&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;postale où ses romancesnaissent, s’épanouissent puis se flétrissent.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Londres fourmillante dePortobello Road où il cache ses amours&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;interdites avec Aïcha,Londres romantique de Green Park où il&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;embrasse Nevetha à l’ombredes tilleuls millénaires, Londres exubérante&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;de Covent Garden où ilentraîne Lola dans le dédale des allées&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;colorées, Londres élégantede Kensington où il flâne avec Sandra&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sur les places verdoyantesen forme de croissant de lune. Il détache&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;une photo pour l’isolerdes autres, ses yeux fiévreux s’imprègnent du&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;cliché que ses doigtsfrôlent. Alors, il reprend le fil de ses amours,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;poursuitl’intrigue interrompue la veille ou l’avant-veille. Chaque&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;histoire est gravée danssa chair, il ne se trompe jamais. Sam glisse&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de l’une à l’autre et, aumoment de refermer la page sur une aventure,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;il mène toujours saconquête sur la place de Piccadilly, l’abandonne&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;au pied de la statued’Éros. Il la confie au dieu de l’Amour avant de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;rejoindre celle quil’attend ailleurs. Il vit intensément chacune de ses&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;romances. Son corps estsecoué de sanglots lorsqu’il quitte Mina la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;querelleuse, vibre deplaisir lorsqu’il s’approche de Hannah la sulfureuse,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;tremble d’impatiencelorsqu’il attend Sandra la voluptueuse.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Grâce à ses compagnes, ilressent toute la palette d’émotions qu’offre&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;une aventure. Il inventeruptures tapageuses, étreintes furieuses,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;retrouvailles émouvantes.Disputes, jalousies, excès, regrets, remords,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;éclats de rire, il faitvibrer toutes les cordes et lorsqu’enfin il ferme les&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;albums ou détourne sesyeux des photos exposées, il sombre dans un&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sommeil sans songe.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Sam vit seul avec sesmaîtresses de papier. Il n’a pas d’ami, ne&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;parle à personne. Quelquesparoles échangées avec Mike qu’il croise&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;à l’heure du déjeuner, desréponses laconiques aux questions que lui&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;pose, par courtoisie, lacaissière du petit supermarché en bas de chez&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;lui. Rien de plus. Unefois par mois, il prend le train pour la ville de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Maidstone, située à uneheure de Londres. Il rend visite à sa mère qui&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;finit de vieillir dans uninstitut. Il lui apporte des &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 6pt;"&gt;1&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;mincepies &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;àNoël,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;des &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 6pt;"&gt;2&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;hot cross buns &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;à Pâques, des &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 6pt;"&gt;3&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;muffins &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;le reste de l’année. Ils’assoit&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sur une chaise en face deson lit. Elle le regarde sans le voir vraiment,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;des miettes de gâteau auxcommissures des lèvres, l’&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-SemiboldItalic; font-size: 10pt;"&gt;œ&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;iléteint.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Sam reste silencieux, ilfixe la pendule et attend que les aiguilles lui&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;indiquent l’heure dereprendre le chemin de la gare. Alors, il se lève,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;dépose un baiser sur lefront ridé de sa mère, s’éloigne sans un mot,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;comme un automate. Il n’ani frère, ni s&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-SemiboldItalic; font-size: 10pt;"&gt;œ&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;ur, ni cousin. Il s’estcoupé&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;du monde, ne regardepersonne, n’aime personne. Il ignore le monde&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;et ses semblables,poursuit ses chimères, vit ses amours fantômes.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Sam jette le papier grasqui enveloppait son &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 6pt;"&gt;4&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;fish and chips &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;dans&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la poubelle toute proche.Il remonte le col de son blouson, regarde&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;samontre, enfonce ses poings au fond de ses poches, fait quelques&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;pas et s’assied en prenantsoin de replier ses jambes le plus loin&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;possible sous le banc.Encore quinze minutes avant de rejoindre la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;cabine et de libérer Mikequi partira remplacer un autre employé du&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;London Eye, afin qu’ilpuisse à son tour prendre sa pause. Un vent&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;frais souffle sur le quai,gonfle les blousons des passants, ébouriffe&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;les chevelures, froisseles feuilles des arbres qui bordent la Tamise.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Là-haut, les nuagesroulent comme des boules de billard sur le tapis&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;bleu du ciel. Il jette unregard de côté vers la grande roue qui déploie&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;ses tentacules d’acier etdécrit de larges cercles. Sa carcasse gris&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;argent luit sous lesrayons obliques du soleil, ses bulles de verre scintillent&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;dans la lumière crue decette journée de printemps. Il pense&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;à Mike, à toutes lesphotos qu’il aura prises avec son flegme habituel,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sans se soucier ducadrage, de la lumière. Cent vingt clichés&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;fichus, inutilisables,avec peut-être, parmi eux, une perle, une beauté&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;qui aura attendu l’heurede la pause de Sam pour s’élever au-dessus&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de la capitale. Face àlui, sur le fleuve, les bateaux qui transportent&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;les touristes de la Tourde Londres à Westminster croisent ceux qui&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;proposent la croisière ensens inverse. Il se laisse distraire par les&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;grappes de piétons qui sepromènent en bordure de Tamise, une&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;foule bigarrée et bruyantequi semble poussée par le vent.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Soudain, il la voit. Ellemarche seule sur le quai, à l’écart des&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;autres, son téléphonecollé à son oreille. Ses cheveux flamboyants&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;flottent sur ses épaules,les mèches fines s’envolent, courent sur son&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;front, sa nuque. Sa peautrès blanche est lumineuse. Elle avance&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;lentement mais sa démarcheest assurée. Ses longues jambes fines&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;portent des collantsorangés qui sont comme un écho à sa chevelure&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;rousse. Elle serre contreelle une grande besace de toile chamarrée.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Elle passe à présentdevant Sam. Le vent capture son odeur et&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sa voix et les transportejusqu’à lui. Son parfum pimenté le fouette&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;et le pénètre. Sa voixchante des mots qu’il reçoit par bourrasques,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;comme des embruns salés.Il n’entend pas toutes les paroles qu’elle&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sème au vent, mais sonfort accent irlandais évoque des landes âpres,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;descomtés reculés aux confins déchiquetés par une mer féroce. Elle&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;est une tornade fauvevenue des terres celtiques, une femme un peu&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;fée, un peu sorcière. Ilse lève et la suit, comme aspiré par l’air qu’elle&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;déplace en &amp;nbsp;marchant. C’estla première fois qu’il est envoûté par&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;une femme de chair et desang et non par son image. Il est bouleversé&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;par cette fille quipoursuit son chemin sur le quai surpeuplé.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Il s’approche tant qu’ilsent la chaleur des flammèches que le vent&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;furieux semble arracher àses cheveux. Il marche dans son sillage,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;fasciné par le balancementrégulier de ses hanches rondes et pleines.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Arrivée au pied de lagrande roue, elle prend place au bout de la file&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;des touristes quipatientent pour acheter leur billet. Sam marque un&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;temps d’arrêt pourl’observer lorsqu’elle est immobile. Elle garde&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;son bras droit replié surson sac, gonflé comme une outre de vent,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;dans lequel elle vient deranger son téléphone. De l’autre, elle remet&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;un peu d’ordre dans sescheveux de feu. Elle ne fléchit pas sous le&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;poids de la fatigue commeles filles alentour qui attendent, le corps&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;à l’abandon, les musclesrelâchés. Elle étire son cou et lève la tête&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;vers le sommet de la roue.Il avance si près qu’il peut voir les veines&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;bleutées des tempespalpiter sous la peau translucide. Elle se tourne&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;soudain vers lui et lalame de ses yeux gris acier le transperce. Elle a&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;le regard dur des femmesfarouches. La froideur de l’expression qui&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;fige son visage trancheavec le brasier des cheveux qui l’encadrent.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Surpris et sans défense,il se met à trembler et ne sait comment dissimuler&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sa gêne. Il s’éloigne. Sesjambes le portent loin d’elle, vers son&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;antre où il pourra cachersa honte. Lorsqu’il referme la porte sur la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;rumeur de la ville, Mikeremarque son agitation mais, peu habitué&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;à échanger avec soncollègue taciturne autre chose que des banalités&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sur les photos qu’il aprises pendant son service, il ne demande&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;pas à Sam ce qu’il luiarrive. D’ailleurs, il sait bien qu’il ne lui arrive&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;jamais rien. Il s’emparede son journal et quitte la cabine sans plus&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de cérémonial que le gestede la main avec lequel il prend congé de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Sam chaque jour. Cedernier reprend les commandes. Il n’a qu’une&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;idée en tête, prendre enphoto cette fille rousse qui le captive, posséder&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;son image pour inventerune relation passionnelle. Il sait que son histoire&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;avec elle sera belle etprofonde. Il y aura quelque chose&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de plus fort que la lueurd’un regard, la chaleur d’un sourire, l’éclat&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;d’une peau. Elle sera laFavorite, celle qui fera naître la jalousie dans&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;le c&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-SemiboldItalic; font-size: 10pt;"&gt;œ&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;ur de ses rivales depapier. Il a capturé son odeur et, pour la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;première fois, il ressentun émoi qu’il ne connaissait pas. Il sent que&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;plus rien ne sera commeavant. Il parvient peu à peu à maîtriser le&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;tremblement de ses doigtset son index effleure à nouveau régulièrement&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;le bouton rouge, figeantsur l’écran les visages des touristes&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;installés dans leurcapsule. Il jette un coup d’&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-SemiboldItalic; font-size: 10pt;"&gt;œ&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;ilanxieux sur l’écran&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de contrôle qui balaie lafoule massée devant les guichets. Il ne&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;distingue aucune chevelurerousse, elle est déjà en vol. Il cherche,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;fébrile, la silhouette dela belle inconnue. Il l’imagine dans l’une&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;des bulles de verresuspendues au-dessus des eaux brunes du fleuve,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;comme les sujets d’unmobile ballottés par le vent. Il lui faut patienter.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Ni la musique, ni laconcentration qu’exige la qualité des clichés&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;ne trompent son attente.Il observe un court instant la vue que l’on&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;peut admirer depuis lesommet de la roue. La Tamise ondule comme&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;une couleuvre aux écaillesgris brun hérissées par le vent. Au loin,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la Gherkin Tower pointevers les nuages son museau d’acier. On&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;dirait un missile prêt às’élancer dans le ciel. Sam pense qu’au même&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;instant le regard de labelle Irlandaise se perd peut-être aussi dans&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;le fouillis de flèches etde dômes qui forment la ligne d’horizon de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Londres. Soudain, ill’aperçoit dans la nacelle qui &amp;nbsp;s’immobilise un&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;instant face à l’objectif,le temps pour Sam de prendre ses occupants&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;en photo. Une &amp;nbsp;secousse leparcourt. Son c&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-SemiboldItalic; font-size: 10pt;"&gt;œ&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;ur s’emballe, il sent la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;transpiration qui perlesur ses tempes. Il ne contrôle pas le tumulte&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;intérieur qui l’envahitbrutalement. Sa main en suspens a cessé tout&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;mouvement. Elle est là,éblouissante. Ses cheveux fauves, à l’abri&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;du vent, ruissellent surses épaules. Appuyée contre la paroi vitrée,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;elle tourne le dos aupanorama et observe les touristes autour d’elle.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;De toute évidence, ellen’est pas attirée par le spectacle de Londres.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Dans ses yeux argentésbrille une lueur étrange. Sur ses lèvres pincées&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;estdessiné un sourire qu’elle semble ne vouloir offrir à personne.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Il s’ébroue enfin pours’extraire d’une excitation qui le paralyse. Il&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;renonce à prendre lesautres en photo et se concentre sur sa conquête&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;du jour. Il veut faireplusieurs clichés pour garder le souvenir de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;ses jambes, ses hanches,ses épaules, ses cheveux. Son doigt appuie&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;furieusement sur le boutonrouge. Il la mitraille. Qu’importe si son&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;regard est dur et froid,il saura le rendre plus chaleureux, si ses lèvres&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sont closes, il saura lesouvrir pour cueillir un baiser. Qu’importe si&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;les touristess’inquiètent, à la sortie, de ne pas découvrir leur photo&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;et s’étonnent de voirdéfiler des dizaines de clichés de la même jeune&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;femme. S’il est renvoyé,s’il ne peut plus compléter sa collection,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;il restera chez lui. Surles murs de son studio, il retirera tous les&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;portraits et formera unimmense puzzle pour reconstituer son visage,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sa silhouette. Il saitqu’il passera du temps à humer le souvenir de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;son parfum. Il épie chacunde ses gestes pour mieux s’imprégner&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;d’elle, car dans quelquessecondes, elle aura disparu.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Elle s’est éloignée de laparoi et s’est mise un peu à l’écart du&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;groupe. Elle fouille dansson grand sac, les yeux fixés sur l’objectif&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;qu’elle a sans douterepéré. Elle en sort un petit objet noir sur lequel&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;elle exerce une légèrepression, d’un geste lent. Un large sourire&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;fend soudain son visage etdans ses yeux s’embrasent des étincelles.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Sam n’a pas le temps defixer cet instant pour l’éternité. Il a juste le&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;temps de comprendre, enune fraction de seconde. Il entend le bruit&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sourd de la déflagrationde l’autre côté de la paroi métallique, sent le&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;souffle de l’explosion.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Puis rien, plus rien.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 4.5pt;"&gt;1&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 8pt;"&gt;Mince pie &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 8pt;"&gt;: pâtisserie britannique(tartelette ou pie) que l’on déguste au moment&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 8pt;"&gt;des fêtes de Noël. Une &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 8pt;"&gt;mince pie &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 8pt;"&gt;est fourrée de fruits secset d’épices.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 4.5pt;"&gt;2&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 8pt;"&gt;Hot cross bun &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 8pt;"&gt;: petite brioche rondeindividuelle, que les Britanniques mangent&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 8pt;"&gt;pour Pâques et plusspécialement le jour du Vendredi Saint. Une croix en pâte est&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 8pt;"&gt;dessinée sur la brioche.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 4.5pt;"&gt;3&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 8pt;"&gt;Muffin &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 8pt;"&gt;: petite pâtisserieindividuelle, comme une grosse madeleine, que les&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 8pt;"&gt;Britanniques consommenttoute l’année.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 4.5pt;"&gt;4&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 8pt;"&gt;Fish and chips &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 8pt;"&gt;: plat de poisson et defrites servi avec du vinaigre, typiquement&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 8pt;"&gt;britannique, qui étaitautrefois servi dans un cornet de papier journal.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 8pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular;"&gt;Laurence Marconi&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;&lt;i&gt;Pascale&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-8388431110517868904?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/8388431110517868904/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=8388431110517868904&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/8388431110517868904'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/8388431110517868904'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/09/deuxieme-prix-prose-du-concours.html' title='Deuxième prix Prose du Concours Alexandre-VosÉcrits : De la poudre aux yeux'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-gUU4sOrK7Go/TnuSdF_4eSI/AAAAAAAAAwI/5MBwu-I7g4M/s72-c/recuei11.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-6428126452673397026</id><published>2011-09-26T10:12:00.002+02:00</published><updated>2011-09-26T10:13:54.905+02:00</updated><title type='text'>Le recueil "Rencontre"</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-gUU4sOrK7Go/TnuSdF_4eSI/AAAAAAAAAwI/5MBwu-I7g4M/s1600/recuei11.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="232" src="http://4.bp.blogspot.com/-gUU4sOrK7Go/TnuSdF_4eSI/AAAAAAAAAwI/5MBwu-I7g4M/s320/recuei11.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Pour recevoir le recueil de nouvelles et de poésie « RENCONTRE »,  comprenant les textes des lauréats du concours "Alexandre Vos ecrits" ainsi qu'une  sélection des meilleurs nouvelles et poèmes sélectionnés par notre jury,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soyez aimables d'adresser un chèque de &lt;b&gt;12 euros &lt;/b&gt;(10  € pour l'ouvrage + 2 euros pour les frais d'emballage et d'envoi)  libellé à l'ordre de l'« association Alexandre VosEcrits », à l'adresse  suivante :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Association « Alexandre-VosEcrits »&lt;br /&gt;Maison des Associations&lt;br /&gt;11, rue Philippe Bréant&lt;br /&gt;27 300 - Bernay.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Attention !&lt;br /&gt;Prenez soin de préciser l'adresse à laquelle nous devons adresser le livre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-6428126452673397026?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/6428126452673397026/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=6428126452673397026&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/6428126452673397026'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/6428126452673397026'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/09/pour-recevoir-le-recueil-de-nouvelles.html' title='Le recueil &quot;Rencontre&quot;'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-gUU4sOrK7Go/TnuSdF_4eSI/AAAAAAAAAwI/5MBwu-I7g4M/s72-c/recuei11.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-283554199755504788</id><published>2011-09-24T19:14:00.000+02:00</published><updated>2011-09-24T20:38:07.078+02:00</updated><title type='text'>Premier prix Prose du Concours Alexandre-VosÉcrits : Intimes convictions</title><content type='html'>&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-gUU4sOrK7Go/TnuSdF_4eSI/AAAAAAAAAwI/5MBwu-I7g4M/s1600/recuei11.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="232" src="http://4.bp.blogspot.com/-gUU4sOrK7Go/TnuSdF_4eSI/AAAAAAAAAwI/5MBwu-I7g4M/s320/recuei11.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;Docs &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;pour les intimes. Modèle1461, trois oeillets, cuir noir, l’aristocrate&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de la marque. Une icône dela chaussure. Increvable, presque&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;inusable. Pendant desannées, les &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;bobbies&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;londoniensont arpenté le&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;pavé sans parvenir à luifaire lâcher prise. Une virtuose du bitume&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sur coussin d’air. Depuisvingt ans, mon seul modèle homologué.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Depuis cinq minutes, unvrai cauchemar. Une calamité dans&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la neige. À Londres, laneige est moins habile, elle a du mal à se&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;glisser dans lebrouillard. Et puis, Londres, ça grouille de petits&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Anglais disciplinés quibalayent le trottoir devant leur porte. Ici, pas&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;d’Anglais, pas detrottoirs non plus.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Après vingt mètres gagnésde haute lutte au pas du patineur, je&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;pense aux souliers demontagne qui chaussent les pieds d’un mort,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;plus bas dans la voiture.Je maudis mes &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;Docs&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;pour lapremière fois&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de ma vie et je faisdemi-tour. Je ne me plains pas, cela aurait pu se&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;terminer autrement.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Dans le long et ennuyeuxtrajet qui nous conduisait au poste de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;police, l’accident avaitouvert une parenthèse qui ne s’était pas refermée.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Lorsqu’enfin, les cris, lebruit et les tonneaux avaient bien voulu&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;s’arrêter, j’étais restéquelques secondes immobile à l’arrière de la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;voiture. Incrédule.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;De gratitude, j’avaisfailli embrasser le gros sapin qui avait mis fin&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;à notre course folle. Sanslui, on continuait allègrement la descente.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Le blanc uniforme de laneige tasse les perspectives, atténue les d&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;istances, mais coincécontre mon arbre, je devinais sans peine que&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;le ravin se terminait plusbas, beaucoup plus bas. Un coup de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;chance phénoménal. Uneentaille sur mon front colorait le décor,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;mon genou droit semblaitgonflé d’orgueil, je ne m’en sortais pas si&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;mal. Les deux autrespassagers ne s’en sortaient pas du tout. Quand&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la météo daignera secalmer, on viendra les chercher. Ils patientent&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;dans la voiture, caveauprovisoire, et fournissent un équipement plus&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;adapté à monenvironnement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Même équipé randonneur,l’ascension reste sportive. Cela me&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;prend un moment pourremonter à quatre pattes sur la route avec&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;mes &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;Docs &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;autour du cou. J’ai l’aird’un cocker dont les oreilles balaient&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la neige. Je pioche,brasse des tonnes de poudreuse et je comprends&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;assez vite pourquoi lesventes de raquettes connaissent une croissance&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;exponentielle. Sur laroute, j’ai le choix entre passer le col et&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;basculer de l’autre côtéou bien redescendre dans la vallée. Trente&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;kilomètres dans chaquesens avant de rejoindre le premier signe de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;civilisation. J’oublie lecol et j’opte pour la descente.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Ça fait maintenant uneheure que je patauge. Je traîne la jambe&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;le long d’une route où latempête réduit la visibilité à dix mètres.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Par un temps pareil, pasla moindre chance de croiser un touriste.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Mon portable s’étonnequand je cherche du réseau. Les rafales figent&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la morsure des flocons surmes joues. Le froid intense me rappelle&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;chaque seconde pourquoi jene dois pas m’arrêter de marcher.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Largement de quoi medemander si j’ai fait le bon choix. Et puis,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;tout à coup, en contrebas,la petite musique délicieuse d’un moteur&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;met mes doutes en sommeil.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Un 4x4 rutilant, toutdroit surgi d’une publicité, qui monte la côte&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;en poussant les rapports.Pas le modèle asiatique qui, d’ordinaire,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;encombre les trottoirs.Non, du sérieux, du fréquentable. Un pur&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;produit de technologiebritannique qui émerge du rideau blanc. Je&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sors ma plaque et je meplante au milieu de la route, le bras levé, les&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;Docs &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;pendues à mon cou.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Le chauffeur commence parpiler en chassant un peu de l’arrière,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;rattrapela trajectoire d’un adroit coup de volant pour exécuter&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;ensuite un beau dérapage,qui met la voiture en travers de la route.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;La vitre du côtéconducteur s’immobilise à cinquante centimètres de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;mon nez. On peut dire cequ’on veut du flegme britannique, mais&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;outre-Manche, même lamécanique a du respect pour les forces de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;l’ordre. Le chauffeur n’yest pour rien. Au bout de vingt secondes&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;interminables, la vitrefumée s’abaisse en ronronnant et une tête&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;hilare me lance :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;— C’est pourtant pas untemps à mettre un poulet dehors !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Un mariole.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Une caricature dereprésentant en aspirateurs. Un concentré de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;V.R.P. Le genre multicartesurvitaminé, bronzé U.V. toute l’année,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;avec la panoplie complète: les kilos en trop, la montre suisse, les&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;cheveux gominés et lapoignée de main poisseuse.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Mon sauveur.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Il me passe au scanner, demes chaussures d’emprunt jusqu’à l’entaille&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;sur mon front, s’arrêteune seconde sur mes &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;Docs&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;ensautoir et&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;relance la conversation :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;— C’est moi ou vous n’avezpas l’air dans votre assiette ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Un mariole psychologue,mes préférés.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Je prends une longueinspiration et je lui déballe tout, dans l’ordre.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Les hommes pressés, laneige qui &amp;nbsp;tombe en épais rideau, le chauffeur&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;qui conduit trop vite, lavoiture qui oublie un virage, les tonneaux, la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;longue glissade façon &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;bobsleigh &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;et le choc terrible. &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;Terminus &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;sur mon&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;beau sapin, roi desforêts. Ma remontée sans les deux autres policiers,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;morts au champ d’honneur,restés au frais dans la carcasse de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la voiture.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Mon commercial prend latête de circonstance, le modèle compatissant.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Déformation professionnelle,toujours s’attirer la sympathie&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;du client. Mais son numérone parvient pas à dissimuler la petite&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;étincelle qui s’allumedans son regard. Ce n’est pas avec ça qu’il va&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;gonfler son chiffre, maissa journée de galère au beau milieu de la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;tempêtede neige vient de prendre un intérêt inattendu. Il saisit très&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;vitela promesse de frisson au siège social, il tient l’anecdote du mois&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;devant la machine à café.Un sujet de conversation quand il invitera&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la petite stagiaire duservice informatique au restaurant japonais.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Il s’en frotterait presqueles mains d’avance, je tombe à pic. Il&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;commençait à trouver letemps long, je lui sauve sa journée.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;— Montez ! On y va !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;À voir mon air contrarié,il rajoute aussitôt :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;— Vous savez, si onredescend, on va mettre deux heures avant de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;trouver un téléphone, jeparle même pas des portables. En remontant&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;par le col, on chopera duréseau dès qu’on basculera de l’autre&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;côté. Et puis le prochainvillage sera dix kilomètres plus bas.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Il a l’air sûr de lui,oscille légèrement la tête en battant des&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;paupières. Comme undentiste qui vous demande d’être raisonnable.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Je m’installe dans sonintérieur cuir, délace les chaussures de marche&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;que je dépose délicatementdans la neige. Merci pour la balade et&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sincèrement désolé. J’aibeau apprécier le service rendu et déplorer&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;l’absence de polyvalencede mes chaussures favorites, vingt ans&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de fidélité ont la peaudure, je reviens à mes premières amours. Je&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;ferme la portière et jetente de sauver ce qui reste de mes orteils en&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;les collant à la bouche duchauffage.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Mon nouveau chauffeurredémarre. Je suis bien tombé, il a de la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;conversation et il tient àm’en faire profiter.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;— Avec toute cette neige,on n’y voit pas à dix mètres. On pourrait&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;dire que vous avez eu dela chance, mais je suis sûr que ça n’a rien à&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;voir. Moi, j’ai l’intimeconviction que tout est écrit d’avance, qu’on&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;ne peut pas y échapper. Etvous, c’était pas écrit que votre route&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;s’arrêtait là, c’est tout!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Non, je me trompais, pasun mariole. Un illuminé.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Mais après tout, il n’apeut-être pas tort. Cumuler, le même jour,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;un vol plané en voiture etun raseur en tout-terrain, ça donne des&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;raisons de douter de sabonne étoile. À l’écouter enfiler les lieux&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;communs sur sa théorie del’écriture anticipée, je rêve d’une énorme&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;gomme qui remettrait lescompteurs à zéro.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Enun quart d’heure, je sais tout de lui. Ses études supérieures,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;son parcoursprofessionnel, sa prime de fin d’année s’il continue à&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;cartonner, ses parties desquash hebdomadaires avec le D.R.H., sa&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;femme qui élève sesenfants, ses vacances à Megève, son appart’ sur&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la côte. Il étale sa vieprivée à grands coups de certitudes. Un mastic&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;opaque pratique pourmasquer les fissures. Il a l’intime conviction&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;récurrente. Comme un ticde langage qui grippe les rouages.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;On ne met pas bienlongtemps à remonter la route que j’ai eu tant&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;de mal à redescendre.Comme Chaplin dans &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;LaRuée vers l’or&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;,le&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;4x4 avale les lacets avecappétit. Son propriétaire ne peut pas s’empêcher&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de me dire qu’il a suivides cours de conduite sur neige, payés&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;par sa boîte pour garderles cadres au volant même dans les pires&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;conditions. Il appuie sansdéplaisir sur le mot « cadre ». Je hoche&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la tête et admire lamaîtrise avec laquelle il s’amuse dans son gros&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;jouet.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Il s’arrête juste avant levirage. Dans la congère, notre sortie de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;route de tout à l’heure afait un énorme trou comme à l’emporte-pièce.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Il descend pours’approcher du bord et jeter un oeil. Mes&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;orteils donnent tant bienque mal les premiers signes de résurrection&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;et se refusent à risquerla double peine. Je baisse la vitre. En contrebas,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la voiture de policecommence à se fondre dans le paysage, sous&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;le feuilleté des floconsqui, patiemment, se déposent. Mon bavard&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;siffle entre ses dents etapprécie la hauteur de la chute. Il sort son&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;portable en me jetant unregard en coin. Sous prétexte de vérifier le&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;réseau, il en profite pourprendre un cliché. Un petit souvenir. Un&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;supplément photo pour sonexposé des faits. Le ragot multimédia&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;pour balancer sur lesboîtes mail des collègues. Mon raclement de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;gorge le fait sursauter.Il se tourne vers moi et quand il voit ma tête,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;le portable disparaît danssa poche.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Ilbredouille une phrase qui commence par :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;— Vous êtes certain que… ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Je ne le laisse pas finir.Dans ma partie, on apprend assez rapidement&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;à reconnaître ce genre dechoses. Oui, je suis certain qu’ils&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sont morts. Mieux,catégorique. Il opine comme pour dire… oui… évidemment… désolé… Et remonte dansla voiture sans un regard&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;derrière lui.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;On reprend l’ascension. Lejeune cadre dynamique ne met pas&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;longtemps à refairesurface et à se prendre pour Vatanen. Pour&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;montrer qu’il a des nerfs,il fait même celui qui s’intéresse. Il&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;remet son dictaphone enmarche. Pendant son passage à l’école de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;commerce, il a dû faire uncarton dans les cours de force de vente.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;— Je suis sûr que dansvotre branche, vous êtes un bon. J’ai l’intime&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;conviction que vous êtesun perfectionniste, peut-être même&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;un peu maniaque, non ? Çase voit tout de suite, vos mains sont&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;soignées, manucurées, vousavez l’œil à tout. Vous faites attention au&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;moindre détail. Je metrompe ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Non, Sherlock Holmes, tues même tombé tout près. Mais l’intime&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;conviction, servie àtoutes les sauces, commence sérieusement&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;à me fatiguer. Ça continuebien cinq bonnes minutes comme ça, sa&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;logorrhée. La patience n’ajamais été mon fort, pour qu’il se taise&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;enfin un peu, je luiraconte ce qu’il veut entendre. Du bien lourd,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;du bien gras, du quipourra resservir. Du peu ragoûtant pour faire&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;frissonner la ménagère deplus de quarante ans. Je sens qu’il lui faut&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de l’utile, du concret. Lafantaisie l’indiffère, le spirituel l’ensommeille.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Je ne pouvais pas rêverauditoire plus attentif. Il est pendu à&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;mes lèvres, une premièrecommuniante devant l’autel sentant venir&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;l’illumination. Il finitmême par lever le pied et conduire presque n&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;ormalement. Il pousse desOh ! et des Hein ! Sa bouche s’arrondit à&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;chaque nouvelleinformation, ses yeux en boules de billard jonglent&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;devant l’inconcevable.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;— C’est comme le gars dontils ont parlé à la télé ! Celui du&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;dictionnaire ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Il en redemande, j’enétais sûr. C’est toujours comme ça avec les&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;ventres mous.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Passée la première sueurfroide, avalée la première salive amère que&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;fait monter le dégoût, ilstueraient leur mère pour un autre épisode.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;C’estune règle d’or, ne jamais décevoir les gentils imbéciles. Alors,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;c’est ma tournée, je luirepasse les plats. J’avais failli oublier le sordide,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;je rattrape ma bévue. Monreprésentant est aux anges. Il en tremble&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;presque, la lèvre humide,les mains toujours moites. Bien au chaud&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;dans son char d’assaut, ilse frotte à l’horreur et imagine déjà son&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;succès auprès de la petitestagiaire. Entre les sushis et le saké tiède.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;L’homme au dictionnaire.Ça ne peut pas mieux tomber, c’est&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;une affaire qui me touchede près. Rien de bien nouveau sous le&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;soleil. Un tueur en sériequi, pour l’instant, échappe aux forces de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;l’ordre. Le profilclassique, mode opératoire répétitif et sens aigu de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la mise en scène. Avectoutefois, un petit détail qui le rend unique,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;son goût prononcé pour lafantaisie et la richesse de la langue française.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Un homme qui trouveplaisant d’accompagner d’un bon mot&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;les natures mortes de sestableaux macabres. À chaque fois, une page&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de dictionnaire agrafée àmême la poitrine des victimes. Une définition&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;passée au surligneur. Unmélange d’humour noir et d’amour de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la langue. Une conjonctiondélirante entre les expressions françaises&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;et l’anatomie humaine.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Le premier corps découvertpar la police avait marqué les esprits.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Sur la page dedictionnaire, le mot « Décamper », surligné en jaune&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;fluo. En dessous, selon unangle improbable, le cadavre correspondant&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;maintenait avec ses mainsses jambes enroulées autour de son&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;cou. Pour les amateursd’humour facile et de délicatesse, ça donne&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;« Prendre ses jambes à soncou ». Au fil des pages du dictionnaire des e&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;xpressions, aucune dessept victimes répertoriées n’avait eu l’air de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;trouver ça désopilant.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Sans rien dévoiler dessecrets de l’enquête, je peux bien lui en&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;remettre un peu, à monbaratineur. Pour la route. Après tout, c’est&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;lui qui a demandé undeuxième service. Les enquêteurs ont retrouvé&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;« EXORBITANT ».&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Il répond immédiatement :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;— Coûter la peau desfesses !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Intéressant, mais un peuvulgaire, non désolé, c’était « Coûter les&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;yeuxde la tête », beaucoup plus visuel, si j’ose dire. Mais justement&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;à propos d’erreur, dans lasérie, il y a eu aussi « SE TROMPER ».&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Il cherche trois secondeset sort sans trop y croire :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;— Se mettre le doigt dansl’oeil ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Bien, il a compris leprincipe ! On continue. « AFFAMÉ ? »&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;C’est plus dur, ilgamberge un moment et puis avec une grimace,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;me dit en secouant la tête:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;— Pas « L’estomac dans lest… » quand même, c’est impossible.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Non, non, il se trompe.Terriblement délicat, j’en conviens.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Extrêmement difficile,mais rien d’impossible. Je m’arrête là, si je&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;poursuis, il va finir partrouver ça drôle.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Il continue de rouler unmoment sans rien dire. J’ai réussi à épuiser&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;les batteries dudictaphone, c’est reposant. Et puis, maintenant, il&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;n’a plus besoin de moipour se retourner l’estomac. Il y parvient très b&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;ien tout seul. Monsieur ades lettres, à voir sa tête, il est en train&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de s’offrir une plongéesolitaire dans les abîmes du dictionnaire. Et&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;les phrases qui remontentà la surface n’ont pas l’air de lui plaire.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Ce n’est plus d’excitationqu’il transpire, le bel étalon. Son bronzage&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;orangé vire au vert. Il vanous faire un malaise. Côté conducteur, la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;vitre fumée ronronne cinqcentimètres vers le bas et laisse passer&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;quelques flocons. Le DonJuan est en sursis. Les narines pincées&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;cherchent un peu d’airfrais.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Il commence à se demandersi c’est une si bonne idée que ça, l’escapade&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;nipponne avec la stagiairequi le dévore des yeux. Le wasabi&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;lui donne des brûluresd’estomac et il ne digère pas le tofu. C’est le&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;problème avec la cuisinejaponaise. On se régale de bouchées minuscules,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;on s’empiffre façonbonsaï, on croit qu’on ne parviendra jamais&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;à se &amp;nbsp;rassasier. Et si l’onfeint d’ignorer la petite voix de la raison qui&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;suggère de lever le pied,l’indigestion arrive sur le coin de la figure à&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la vitesse d’un platanesur une nationale.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;C’est l’approche du colqui le sauve. Il ferme le dictionnaire,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;pose ses baguettes etretrouve d’instinct les conversations de fins de b&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;anquets.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 10pt;"&gt;—&lt;span style="font: normal normal normal 7pt/normal 'Times New Roman';"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Regardez-moi ça, j’enétais sûr ! Le chasse-neige est monté&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;jusqu’au col et puis il afait demi-tour. Tout ça parce qu’on est en&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;limite de département,quelle bande de cons à la D.D.E. ! Ils s’en&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;contrefoutent desautomobilistes !&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Je sens bien qu’il meurtd’envie d’ajouter que si le chasse-neige&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;avait poursuivi sa routepour dégager de l’autre côté du col, mes&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;petits camarades seraientencore en vie, mais il se mord la langue à&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;temps. Nous ne sommes pasencore assez intimes. Une petite demi-heure&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;au comptoir du premiercafé rencontré sur la route et j’y aurai&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;droit.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Pour l’instant, il seretient, il veut montrer que tout bavard qu’il&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;est, il a du cœur.Question d’éducation.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Juste avant de basculer del’autre côté, il stoppe son engin au&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;milieu de la route etannonce :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;— À partir de maintenant,on devrait pouvoir téléphoner, vous&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;avez du réseau ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Mon portable n’a pas aiméla neige, il me prête le sien et sort pour&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la pause pipi sans arrêterle moteur.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Je dois avouer que je nesuis même pas certain de savoir utiliser&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;son téléphone. Je n’en aipas l’intention non plus. Je préfère&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;les livres. J’ai toujoursaimé lire, c’est grâce à la lecture que j’entretiens&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;ma mémoire d’éléphant. Lesnouvelles technologies n’ont&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;jamais été ma tasse dethé. Comme les sports mécaniques, d’ailleurs.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;J’aurais été bienincapable de conduire le 4x4 avec toute cette neige.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Maintenant, avec la routedégagée, cela devrait aller mieux.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Je l’observe qui sesoulage sur la neige du bas-côté, il se déhanche&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;étrangement. L’airappliqué, concentré, le bout de la langue au coin&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;des lèvres. Celam’intrigue un court instant et puis je comprends. Je&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;me souviens d’un jeu quandj’étais petit. L’hiver, avec des hauteurs&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;de neige conséquentes,c’était notre activité favorite. Un rituel. Avec&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;les copains, on serangeait tous en rang d’oignons face au talus, le&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;pantalon sur les chevilleset au signal, on traçait nos initiales dans&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;la neige. Le premier àterminer était déclaré champion. Et le lendemain,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;on recommençait. Je nesais pas &amp;nbsp;pourquoi, parce que c’était toujours le&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;même qui gagnait. Le monderepose sur d’infimes injustices.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Ian Irvine ne voyait pasl’intérêt de mettre les points sur les I, il&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;finissait toujours lepremier. Et tout le monde battait Greg Williams&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;qui avait un mal fou avecle G.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;C’est ce que mon chauffeurest en train de faire. Ce grand benêt,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;qui était prêt à tournerde l’œil il y a cinq minutes, joue dans la neige&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;comme un gamin. Avec sabelle situation et sa grosse voiture, il n’a&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;jamais grandi. Unhomme-enfant, fier de ses jouets et des sous qui&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sonnent dans sa tirelire.Un gosse, qui croit encore au Père Noël,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;convaincu d’être le plusfort dans la bagarre parce que les grands font&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;exprès de tomber. Unenfant qui croit tout savoir, mais qui ignore&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;encore tant de chosesparce qu’on ne dit pas tout aux enfants.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Parce qu’évidemment, je nelui ai pas tout dit.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Pourquoi raconter laportière arrachée par les tonneaux ? Pourquoi&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;lui dire que je suis unoiseau qui a quitté sa cage ? Pourquoi préciser&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;que, bloqué par le sapinprovidentiel, le chauffeur respirait encore q&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;uand j’ai pu m’extrairedu véhicule ? Pour quelles raisons lui avouer&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;que, dans mon infiniebonté, j’ai abrégé ses souffrances, avant d’empocher&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sa plaque de police, sonportable qui ne supporte pas la&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;neige, son arme dans sonétui de ceinture et sa veste de montagne ?&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Quand j’ai fait demi-tourpour les chaussures, c’est son voisin qui&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;m’a dépanné, mais lui, jen’y suis pour rien, il est mort tout seul,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;comme un grand.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Pourquoi balayer sescertitudes ? Il est amusant le petit représentant&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;avec son intime conviction! Comment peut-il être certain de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;tout ? Moi qui ne suisjamais sûr de rien, cette aptitude à vouloir faire&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;partager ses propresvérités me fatigue. Et puis, sans même parler de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;convictions, je trouve cepartage indécent. Quel besoin de se mettre&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;à nu devant le premierinconnu ? Pourquoi tant de mépris de l’intimité&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;? Parce qu’il en atoujours eu à en revendre ? Quelques années&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;d’enfermement m’ont faitchérir la solitude, le cauchemar quotidien&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;de la promiscuitéobligatoire est encore trop présent pour que je me&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;vautredans l’intimité partagée, dévoilée. J’ai mérité un peu de repos.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;J’en ai suffisamment bavéavant de trouver ma porte de secours. Celle&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;qui libère de tout, mêmecoincé dans un placard grand comme une&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;boîte à chaussures. J’aitrouvé refuge dans le dictionnaire. Bloqué&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;dans l’impasse, la têtecontre le mur du fond, c’est le dictionnaire&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;qui m’a aidé à sortir dulabyrinthe, qui m’a fait tenir jusqu’au bout&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;du tunnel. Je leconnaissais par coeur. Je commençais même à savoir&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;comment j’allais en tirerparti, plus tard, quand je sortirai.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Si j’avais un conseil àdonner à mon vendeur de casseroles, ce&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;serait celui-ci. Une pagede dictionnaire, tous les soirs avant de s’endormir.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Deux pages pour lesjournées difficiles. Un baume pour les&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;nerfs, mille fois mieuxqu’une verveine. Une page de dictionnaire&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;pour une nuit sanscauchemars.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Mais je n’ai pas deconseil à lui donner, il est trop tard.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Alors, j’attends qu’ilrevienne. En rechaussant mes &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Italic; font-size: 10pt;"&gt;Docs&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;, en&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;renouant soigneusement meslacets, je fouille ma mémoire. Ma&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;mémoire d’éléphant. Quandla réponse émerge, limpide, évidente, je&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;sens déjà l’effet apaisantdu dictionnaire. Je me détends et je souris.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Ma journée se poursuitplus agréablement qu’elle n’avait&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;commencé.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;Si ma mémoire est bonne,et je sais qu’elle est bonne, le dictionnaire, &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;pour INTIME CONVICTION,propose à mon représentant,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;au milieu d’un florilègede certitudes, de confiance, de croyances&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;mâtinées de solideassurance, le choix entre « Mettre sa main au feu »&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;ou « Donner sa tête àcouper ». Voilà qui ouvre des perspectives intéressantes.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Je ne sais pas pourquoi,mais j’ai l’intime conviction que&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 13px;"&gt;mon jeune ami brûle de medonner un avis tranché sur la question.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: 10pt;"&gt;Dominique Chappey&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: small;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 13px;"&gt;&lt;a href="http://quelunivers.jimdo.com/"&gt;http://quelunivers.jimdo.com/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;&lt;i&gt;Pascale&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: ACaslon-Regular;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-283554199755504788?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/283554199755504788/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=283554199755504788&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/283554199755504788'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/283554199755504788'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/09/premier-prix-prose-du-concours.html' title='Premier prix Prose du Concours Alexandre-VosÉcrits : Intimes convictions'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-gUU4sOrK7Go/TnuSdF_4eSI/AAAAAAAAAwI/5MBwu-I7g4M/s72-c/recuei11.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-6695397725293905057</id><published>2011-09-21T15:46:00.000+02:00</published><updated>2011-09-22T22:11:37.088+02:00</updated><title type='text'>Premier prix Poésie du concours Alexandre-VosÉcrits</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-gUU4sOrK7Go/TnuSdF_4eSI/AAAAAAAAAwI/5MBwu-I7g4M/s1600/recuei11.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="232" src="http://4.bp.blogspot.com/-gUU4sOrK7Go/TnuSdF_4eSI/AAAAAAAAAwI/5MBwu-I7g4M/s320/recuei11.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;La fleur au fusil&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne m’en veux pas si je pleure un peu : j’ai toujours cru que l’histoire&lt;br /&gt;des chiens était l’histoire des hommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jamais trop de joies, l’amour à coups de poing.&lt;br /&gt;Est-ce que tu le sens, le poids ?&lt;br /&gt;Des corps&lt;br /&gt;Des jours&lt;br /&gt;Des lendemains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les espoirs s’écrivent à l’alcool fort&lt;br /&gt;Toujours&lt;br /&gt;Se marquent à l’encre sous la peau.&lt;br /&gt;Il ne manque pas grand-chose avant le vide&lt;br /&gt;Juste des ailes dans le dos. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; *&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me demande souvent à quoi pensent les hommes, lorsqu’ils&lt;br /&gt;tombent.&lt;br /&gt;Moi, je pense à toi. À hier, aux dernières secondes.&lt;br /&gt;Celles qui séparent le rêveur du défenestré, le ciel du goudron, le&lt;br /&gt;battement du trait.&lt;br /&gt;L’amour rend con&lt;br /&gt;La douleur, aveugle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors j’ai renoncé aux couleurs, à l’eau, à toutes ces choses inutiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne t’en fais pas&lt;br /&gt;Ça sera pire demain.&lt;br /&gt;Il y aura du verre cassé, une grosse gueule de bois et quelques&lt;br /&gt;entailles dans ce qu’il me reste de vie : l’arbre est couché, je ne suis&lt;br /&gt;plus aussi fort qu’avant.&lt;br /&gt;Je vieillis, doucement. Je pourris, doucement. Il m’arrive même&lt;br /&gt;d’être lâche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, tu vois, de ton iris sont tombées les graines qui n’ont&lt;br /&gt;jamais fleuri&lt;br /&gt;Les enfants qui ne sont jamais nés&lt;br /&gt;Les hommes qui n’en seront jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tiens, je te donne mon silence.&lt;br /&gt;Une pousse de rien, immense dans le verbe taire. Une petite marguerite&lt;br /&gt;que l’on piétine&lt;br /&gt;Une fleur un peu.&lt;br /&gt;Une fleur beaucoup.&lt;br /&gt;Une fleur contre la tempe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;D 609 &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un champ de coquelicots. Paysage épouillé, un peu perdu.&lt;br /&gt;Hors du temps des enfants s’aiment&lt;br /&gt;S’aiment&lt;br /&gt;Quelques graines de pavot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est loin le bonheur&lt;br /&gt;Et l’idée qu’on s’en fait s’estompe dans l’odeur insistante des camions&lt;br /&gt;Toujours statiques&lt;br /&gt;En warning sur le bas-côté des choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, il y avait un champ de coquelicots. Couleur oubliée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne reste que le rouge de la petite monnaie&lt;br /&gt;Les mains grasses qui la portent&lt;br /&gt;Et la bouche fanée des femmes mortes en plein soleil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Pont de Normandie&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Le Havre&lt;/i&gt;, malade, s’accrochait encore un peu aux bras amples de la&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Seine&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;C’était une ville de brumes, une expérience grise.&lt;br /&gt;Sa gueule ouverte, éclaboussée des couleurs sales, toussait des bouts&lt;br /&gt;d’asphalte.&lt;br /&gt;Partout du béton, en pleine chute, s’écroulant en volutes sous un ciel&lt;br /&gt;titubant.&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Le Havre&lt;/i&gt;… ou quand la lumière vomit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bout des fumées, dans la rouillure opaque d’un nuage, comme un&lt;br /&gt;sourcil posé à l’oeil des marées,&lt;br /&gt;était un pont.&lt;br /&gt;Un pont salvateur, un chemin second, planté, là, dans l’iris de&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Honfleur&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et me voici, chétif, pendu à ses épaules gigantesques ; étourdi par&lt;br /&gt;l’espace vertigineux me séparant des vagues. En bas, l’océan gonfle&lt;br /&gt;et se rétracte, comme un muscle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le vent… le vent puissant, qui bat les nuques, transperce les tissus&lt;br /&gt;pour ne toucher qu’un seul nerf.&lt;br /&gt;J’ai l’échine à vif, les pupilles renversées&lt;br /&gt;Je me noie dans la hauteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la masse presque hilare des raisons en partance, comme on fait&lt;br /&gt;le silence sous le cri d’un homme fort, je me suis tu.&lt;br /&gt;Bousculé par le roulis bruyant des pensées vagues, je laissais exploser&lt;br /&gt;ma petitesse ; cette lâcheté odorante que je porte comme un pagne,&lt;br /&gt;en mon torse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ici, mes jours ont la teinte des premières couleurs de la nuit. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sourire joli, la couleur du tabac dans le blanc des canines. La douleur&lt;br /&gt;s’habille de soi, petit manteau de chair bleuie vautré dans le gris de&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Seine-Maritime&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;Cela fait six mois maintenant que tu es morte.&lt;br /&gt;Opération à coeur ouvert, la solitude est une maladie.&lt;br /&gt;Et elle crie dans chaque souffle que ma peau est orpheline. La vie&lt;br /&gt;est faite de vide.&lt;br /&gt;Mon corps en porte les stigmates, bien au-delà de quelques rides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bam-bam… bam-bam…&lt;br /&gt;Je sens ton pouls en décalé battre le glas dans mon aorte. Tout&lt;br /&gt;tremble, palpite jusque sous les ongles ;&lt;br /&gt;j’ai un peu peur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Papa m’a dit que tous les hommes avaient peur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Frisson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ici, mes jours ont la teinte des premières couleurs de la nuit. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, j’ai rendu au vide&lt;br /&gt;sa part de petite chair.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;par Olivier Gay&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;Pascale&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-6695397725293905057?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/6695397725293905057/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=6695397725293905057&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/6695397725293905057'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/6695397725293905057'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/09/premier-prix-poesie-du-concours.html' title='Premier prix Poésie du concours Alexandre-VosÉcrits'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-gUU4sOrK7Go/TnuSdF_4eSI/AAAAAAAAAwI/5MBwu-I7g4M/s72-c/recuei11.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-2753297024298499197</id><published>2011-09-12T09:29:00.000+02:00</published><updated>2011-09-12T09:29:29.902+02:00</updated><title type='text'>La symbolique des fluides</title><content type='html'>&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-H7atqGlUs6Y/Tm20PWEGMZI/AAAAAAAAAwE/_oE8OTba_uY/s1600/P1010032.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://2.bp.blogspot.com/-H7atqGlUs6Y/Tm20PWEGMZI/AAAAAAAAAwE/_oE8OTba_uY/s320/P1010032.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Sublimez votre vraie nature&amp;nbsp;!&lt;/i&gt; Au bord de la route, un panneauvante les mérites d’une eau de source&amp;nbsp;: un couple transporté de bonheur –sourire niais, regard pétillant – s’abreuve de la boisson miraculeuse. Lesous-titre indique &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Parce que nous sommesfaits d’eau.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Ma vraie nature&amp;nbsp;? Pff, jene suis pas potomane, moi&lt;/i&gt;&amp;nbsp;! Efflam saisit son dictaphone. Au volant,les téléphones portables sont interdits, les dictaphones, non, se dit-il,savourant sa propre mauvaise foi – une de ces petites lâchetés personnellesdont il a le secret...&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;«&amp;nbsp;Mon tempérament… quel est-il ? Comment me définir ?J’occupe un poste de comptable dans un lycée. Je gère des gens et de l’argent.Les procédures administratives, ça me connaît, mais les affaires humaines sontplus délicates… Je suis un peu fermé, aux autres, et à moi-même, aussi, jecrois. »&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Il part pour la mer, le temps devacances, en quête d’une piste, sinon vers les étoiles, du moins vers unmieux-être, la rémission, peut-être… Il s’est déjà arrêté à Brest, qui n’estpas vraiment une ville, mais une île qui brûle de larguer les amarres, un boutde terre jaloux du grand large. Caressée, battue par les vagues et le vent,toujours ballottée, jamais sereine… Résolument maritime, elle reflète les étatsd’âme mieux que nul autre lieu, exalte les cœurs torturés, enivre les espritsfantasques. Emportés, ombrageux, souvent usés, sans cesse aux aguets, seshabitants lui sont semblables&amp;nbsp;: des corps morts qui rêvent de voguer.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Un peu plus loin, sur la côte, la solitude du paysagehivernal laisse la place à quelques humains, heureux de retrouver un semblantde vie hors de leur foyer. Ils avancent vers la mer, aimantés. Elle est lepoint de mire, le point de chute, le point final de leur promenade. Ils lalongent, la scrutent, s’y plongent. Une vedette s’est échouée sur les rochers,faisant deux victimes. Les promeneurs observent les gendarmes hisser l’épavejusqu’à la route. La mer ne pardonne pas. Les Bretons l’ont dans le sang&amp;nbsp;:il leur faut de l'eau pour respirer. Si vous soulevez le ciré d’un natif dupays, vous lui verrez les branchies.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Arrivé à bon port sur son lieu de villégiature, Efflams’étonne que l’on prenne autant de précautions à extraire ce rafiot disloqué del’océan, alors qu’il ne naviguera probablement plus jamais. Il descend sur laplage, admire les belles courbes des rides d’oscillation formées par les vaguessur le sable dans la zone de l'estran. On dirait un lit qui aurait gardél'empreinte&lt;span style="color: red;"&gt; &lt;/span&gt;de corps de femmes endormies.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Une fille, ciré rouge et bottes de pluie, lui lance&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Dites, vous auriez du feu&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Blandine, un mélange de Blancheet de Blédine, un parfum d’enfance transie aux lèvres, est installée dans un renfoncementnaturel formé par la roche. Il bredouille&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Euh, non, désolé…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Ah, dommage…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Elle pense &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;fonction phatique phrastique, mots du discours, courts&lt;/i&gt;. Ce jargonprofessoral – déformation professionnelle – l’exaspère autant qu’il la ravit. Elles’éloigne à grands pas, cherche des yeux des fumeurs potentiels, semble hésiterun instant, s’arrête lorsque son regard effleure l'horizon&amp;nbsp;– on la croiraiten proie à une soudaine révélation. Les yeux dans les nuages, elle leur confieces mots muets :&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText3" style="text-align: justify;"&gt;On ne s’est pas dit adieu, et,pourtant, tu as dû en formuler, des paroles définitives que l’on n’a pasentendues. Tu as dû saluer le ciel, à jamais, la mer et la musique, aussi, etchacun de nous, en silence, en regards, en soupirs, en pleurs toujoursdissimulés…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText3" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 0cm;"&gt;Blandine, soudain, se remeten marche, pour disparaître derrière les rochers qui masquent une partie de laplage.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Efflam est remonté sur la dune.Il poursuit son chemin, constate que la coque de noix gît maintenant là-haut,le flanc éventré. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Il reprend son magnétophone.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 18.0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;«&amp;nbsp;Le silence de la douleur est telle une sombrenormalité : il ne se passe rien, et cependant je sais que quelque chose en moiest en train de hurler dans un autre champ de conscience auquel je n'ai plusaccès, une mémoire oubliée. Quotidien sans relief. Absence totale de sensationsphysiques douloureuses.&amp;nbsp;Et, en plus de la fibre sensorielle, il me manquela fibre sympathique. Un asocial plongé dans un bain social acide, voilà ce queje suis…&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 0cm;"&gt;Il se tait quand il aperçoitle ciré rouge en contrebas. Adossée à la paroi rocheuse, elle semble fouillerle ciel du regard.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 18.0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText3" style="text-align: justify;"&gt;Tu souriais. Tu savais que tuallais te briser les vertèbres et tu souriais.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Efflam s’amuse de la voir si inspirée, comme en proie àune crise de mysticisme consommé. Il ajoute au micro&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Que peutdonc signifier l’expression &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;mysticismeconsommé&lt;/i&gt; ? Un potage contemplatif, peut-être&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Il se détourne de la plage pour aller se réfugier aubistrot, de l'autre côté de la route. Il a besoin de chaleur, de réconfort. Ilest accueilli par un concert d’aboiements. Juchée sur les pattes arrière, lachose le menace du haut de ses trente centimètres. Il s’empresse de s’asseoir etcommande une bière &lt;i&gt;Océane&lt;/i&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;.&lt;/i&gt; Unefois servi, il sort son appareil, l’essuie, appuie par erreur sur &lt;i&gt;retour rapide&lt;/i&gt;,l’arrête, puis le remet dans sa poche.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;La porte tintinnabule. Lechien aboie. Le canot gît toujours sur le bord de la chaussée. &lt;i&gt;Tiens, leciré rouge…&lt;/i&gt; Elle s’installe à trois tables de lui, un livre posé dans uncoin qu’elle n’ouvre pas. Il reprend le cours de ses pensées, sans les dire àvoix haute, cette fois : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Tu sais que ton corps est au supplice, mais les plaies n’ont aucun échoen toi, alors ton esprit se charge de souffrance, pour que ta plainte soitreçue, ton sang reconnu comme sacré, et non versé en vain, car voici le dramede l’a-douleur&amp;nbsp;: l’organisme semble anesthésié, et on a l'impression deflotter dans un monde cotonneux.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Moi, ce que j’aime, c’est le roc.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Paf&amp;nbsp;! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Le livre est tombé de latable, mais elle ne s'en préoccupe pas. Elle continue de tourner la petitecuillère dans sa tasse, le regard fixé sur le mur d’en face. Mi-amusé,mi-curieux, Efflam se lève pour ramasser l’ouvrage. Il a le temps d’en lire letitre&amp;nbsp;– &lt;i&gt;Le miracle de l’eau&amp;nbsp;&lt;/i&gt;– avant de le tendre à lademoiselle.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Merci, dit-elle, il estprécieux.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Une illuminée&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;&amp;nbsp;! &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;E&lt;span style="mso-bidi-font-style: italic;"&gt;lle croit aux miracles&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;… Illance&amp;nbsp;:&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Ça parle de l’eau deLourdes, c’est ça&amp;nbsp;?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Elle part d’un petitrire&amp;nbsp;:&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Non, pas vraiment, cen’est pas tout à fait le genre de miracle auquel je crois…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Ah&amp;nbsp;? Et vous croyezen quoi, alors&amp;nbsp;?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Au pouvoir de l’esprit,et de la matière, aussi, la matière à l’état liquide…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Il brandit sonverre&amp;nbsp;:&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Vous pensez réellementque &lt;i&gt;ceci&lt;/i&gt; a des pouvoirs magiques&amp;nbsp;?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 18.0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Elle hausse lesépaules&amp;nbsp;:&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 18.0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Ce que vous buvez, là,non, même si cette bière est brassée à l’eau de mer, mais certains liquides,oui… D’ailleurs, nous sommes tous des créatures aquatiques&amp;nbsp;: nos cellulesse développent dans le liquide amniotique…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Oui, bien sûr, mais lapetite enfance n’a pas grand-chose à voir avec la suite, n’est-ce pas&amp;nbsp;?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Vous savez, on en parlesouvent comme d'une période enchantée, c'est pourtant durant les premièresannées qu'on découvre l'horreur du monde. Et ça n’est pas plus mal, car on sesent exister pleinement. La vie trop douce ne permet pas de prendre la mesuredes choses à accomplir ni d’en saisir l’urgence. Comprendre très jeune quel'enfer est sur Terre aide à supporter de nombreuses souffrances et, surtout, àen relativiser l’impact.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Il se dit qu'elle estquand même sacrément givrée, avec son ciré couleur carapace de crabe. Ilcommence à regretter d'avoir engagé la conversation. Il doit trouver une façonde conclure... Une affiche au mur lui donne une idée. Elle représente un oiseaumazouté, avec pour légende &lt;i&gt;Agissons&amp;nbsp;! &lt;/i&gt;– ces injonctions stérilesl’énervent, elles exacerbent un sentiment d’impuissance déjà trop présent chezlui&amp;nbsp;:&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Vous avez une idée del’endroit où elle se trouve, l'ancre de l'&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;AmocoCadiz&lt;/i&gt; ? On m’a dit que c’était par ici et j’aimerais aller la voir…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Elle est plus au nord, surle port de Portsall, je peux vous montrer, si vous voulez…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Ah oui, c’est gentil… Jene connais pas la région, j’arrive de Paris.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Vous avez unevoiture&amp;nbsp;?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Quel con. Dans le panneau.Il est tombé droit dedans. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;En conduisant, il se sentobligé de meubler&amp;nbsp;:&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Vous pensez réellementque nous sommes en enfer&amp;nbsp;?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Oui… La souffrance estomniprésente…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Ah, voilà qui l’interpelle,lui dont le corps est en proie à une douloureuse analgésie.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Et vous, de quoi souffrez-vous,si ce n’est pas indiscret…&amp;nbsp;?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Elle répond dans unsouffle&amp;nbsp;:&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;J’ai perdu une sœur.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Merde. Il déteste les gensen deuil, il ne sait jamais comment réagir, ça le fout mal à l’aise. Il trouvela formule d’usage tellement usée qu’il préfère ne rien dire.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Elle poursuit&amp;nbsp;:&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;C’est étrange, vous voyez,on perd ses clés, on perd son chemin, on peut même perdre la tête… Moi, j’aiperdu une sœur. Or on n’égare pas une sœur, sinon on pourrait la retrouver, ily aurait toujours un espoir. Mais j’ai vu son corps, mort… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Vite, dire quelque chose,ne pas laisser le malaise s’installer. Le regard fixé sur la route, ilose&amp;nbsp;:&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Elle est morte dequoi&amp;nbsp;?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Elle a mis fin à ses jours.Les sangles, les médicaments, le rasoir, elle avait tout prévu…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 18.0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Sondébit s’est accéléré. Elle fait une pause, puis&amp;nbsp;:&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 18.0pt;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText2" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: windowtext;"&gt;Le plus douloureux, pourmoi, c'est d'avoir été absente de sa décision. Elle a fait un geste dont jesuis exclue, ça m’est insupportable… Le seul lien avec l’au-delà de ma sœur, cesont les mots qu’elle a écrits avant de se pendre.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Elle se tait. Il attend. Ilespère ces mots.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Après quelques minutes durantlesquelles elle se perd dans la contemplation du paysage qui défile, il hasarde:&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Elle vous a écrit… une lettre&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Une lettre, oui.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Un sourire triste effleure sonvisage. Un silence, puis elle reprend&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Vous connaissez le chant des dunes ? Les grains de sable quivibrent dans le désert en émettant des sons&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Vaguement, oui… &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Eh bien, au sein de l’univers, tout est une question de vibrations.La voix, la pensée émettent une pulsation, celle-ci se propage à traversl’espace et modifie notre environnement à tout instant. Si je pense &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;amour&lt;/i&gt;, là, maintenant, très fort,j'envoie une onde qui va le porter vers un être en manque d’affection. J’aidécouvert cela grâce à ma sœur. Le lendemain de sa mort, quand je me suisréveillée dans un monde sans sœur, j'ai jeté des bouteilles à la mer...&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;… Avec des messages dedans&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Non, non, rien de tel… L’eau suffit, elle porte en elle toutesles intentions dont on veut la charger, il suffit d’y croire, je pense…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Comme pour appuyer ses paroles,elle sort une bouteille de son sac, inscrit&lt;span style="color: red;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;curiosité&lt;/i&gt; au feutre sur le plastique, unfeutre d’un bleu profond, presque noir. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Vous voyez, si je mettais cette eau au congélateur jusqu’à cequ’elle gèle, et que vous compariez les cristaux ainsi formés à d’autres, nonsoumis à l’influence du mot &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;curiosité&lt;/i&gt;,leur aspect serait tout à fait différent !&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Face à son enthousiasme enfantin,il ironise&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Et alors&amp;nbsp;? J’imagine que la glace n'a jamais les mêmes contours...C’est ça, le miracle dont parle votre livre&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Tout à fait, mais écoutez-moi au lieu de faire dessarcasmes&amp;nbsp;: les cristaux produits par de l’eau soumise à des messagespositifs sont tout simplement magnifiques, alors que ceux qui ont subil'influence de mots négatifs sont complètement chaotiques.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Ah, parce que l’auteur s’est amusé à tester ce genre dechoses&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Oui, dit-elle en jouant distraitement avec le récipient. Lematin qui a suivi le décès de ma sœur, j'ai pris les bouteilles qui meservaient à m'emplir de la force de cette eau et je suis allée jusqu'à l'océan.J’y ai jeté &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;amour&lt;/i&gt;, j’y ai jeté &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;gratitude&lt;/i&gt;, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;harmonie&lt;/i&gt;, aussi, et quelques autres…&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Détournant les yeux de la route,il capte le pauvre sourire triste qui éclaire à peine son visage parintermittence, la limpidité de son regard, son air interrogateur, un peu perdudans le vague. On dirait un phare désolé au milieu des flots dont la lueurpeinerait à percer les ténèbres.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Elle se replie dans ses pensées, parle à celle qu’elle necesse d’interpeller, de maudire, de fêter, mais les âmes n’ont pas de nom, ça,elle le sait&amp;nbsp;: depuis sa disparition, sa sœur ne s’appelle plus…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Disparition. Quel mot incongru. Tu étais toujours là, après. Lessouvenirs me tourmentent, ceux que je ne retrouve pas, car tu deviensaléatoire. Toi, tu ne disparais pas, mais toi et moi, les moments&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;partagés, qui s’éloignent chaque jour à mesureque le sable du temps s’écoule.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Efflam sent l’anxiété croître. Angoisse ettristesse&amp;nbsp;: le cocktail explosif. Désemparé face à cette âme en peine, hantépar une douleur insondable car défaillante, il voudrait aller plus loin, plusprofond dans sa souffrance à elle pour calmer la sienne, il aimerait savoir lefaire. Aider. Communiquer.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Il ne sait pas.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Écoutez, l’ancre de l’&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;AmocoCadiz&lt;/i&gt;, on laisse tomber. J'ai dit ça juste parce que j'essayais de vous fuir…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Blandine éclate de rire.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Ah ben vous en êtes un &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;drol&lt;/i&gt;,vous&amp;nbsp;! Il fallait me prévenir que vous vouliez vous débarrasser de moi !&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Dès qu'il parle vrai c'est la même chose : on se moque delui. Il se sent pris au piège. L’étau se resserre sur sa gorge.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-align: justify; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Arrêtez-vous là, je me débrouillerai pour rentrer.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Elle a dit ça d’un ton qui ne trahit nul affect,fermement, sans état d’âme aucun. Le panneau indique &lt;i&gt;Melon&lt;/i&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-style: italic;"&gt;, un nom qui lui évoque toujours &lt;i&gt;onomastication&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;,terme qu’elle a plaisir à mâchouiller longuement. La route borde la mer. Efflamgare la voiture sur le bas-côté. Elle descend sans un mot, s'éloigne à pasrapides. Il a envie de pleurer. Il respire déjà moins bien. De petitesinspirations vers le haut, une grande expiration vers le bas, et le voilà quichiale comme un gosse. Il ouvre la boîte à gants, fouille frénétiquementjusqu’à trouver son cran d’arrêt, un vieux Mercator à la lame un peu ternie.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Blandine poursuit sa marche vers le nord. Les vagues quise brisent en contrebas creusent en elle le vide laissé par l'absente. Même siles souvenirs qu’elle a de sa sœur se délitent dans le ressac de sa mémoire,cette béance lui parle de leur histoire commune. &lt;i&gt;J&lt;/i&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;e n'ai perdu personne, j'ai trouvé l'absence&lt;/i&gt;. Depuis le gesteultime, ses membres sont gourds – &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;ultime&amp;nbsp;:c’est ce que tu es désormais&lt;/i&gt;. Elle a l’impression d’être plongée dans de lavase et que le moindre mouvement la ferait sombrer. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Accompagner la vase, faire corps avec elle, surtout ne pas me débattre,ce serait le meilleur moyen de couler.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Efflam a remonté sa manche et découvert un bras strié deraies rouges. Son souffle s'apaise peu à peu tandis que la lame du couteautrace de nouveaux sillons dans la peau, incisions superficielles maissuffisantes pour laisser le sang affluer. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Jesuis vivant, je suis vivant, je suis vivant… &lt;/i&gt;La plainte monte et va ens’amplifiant, au même rythme que les coups portés sur sa chair. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;On découvre l’horreur du monde et on se sentexister pleinement. &lt;/i&gt;Les mots de Blandine lui reviennent et il s’acharne deplus belle jusqu’à se vider de toute énergie. Il retombe dans le siège,haletant, hébété, abattu. Rien. Aucune douleur. Il regarde le pauvre brasmeurtri et ensanglanté. Dégoûté, désolé. Il enrage. Quinze ans déjà que soncerveau l'a trahi, quinze ans depuis cet accident vasculaire cérébral qui l’a laissédans le coma plusieurs mois durant, long sommeil dont il finit par seréveiller, cotonneux, sa femme à ses côtés, Alexia, rayonnante de le voirressusciter. S’ensuivit toute une batterie de tests pour déterminer ce qui l’adébranché de sa vie, car il s'agit bien de cela : souffrir, c'est exister, sesentir &lt;i&gt;là&lt;/i&gt;. Chez lui, le message que les neurones devraient transmettrene passe pas. L'information n'est pas relayée. Il est coupé de sa chair, coupéde ce qui fait de lui un être vivant. Le cordon ombilical qui reliait son âme àson corps a été sectionné.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Blandine a fait halte au restaurant &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;le Chenal&lt;/i&gt;,&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt; &lt;/i&gt;dont elle appréciela situation, face à la mer, mais aussi l'ambiance, sympathique et feutrée. Elles’installe sur un canapé, devant ce qui ressemble à un banc très bas taillédans un bois sombre. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Ah, tu as choisi la bonne place ! s'exclame Théo, le serveur,on vient de recevoir du mobilier africain, c'est une table d'autopsie…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Perplexe, la jeune femme observe le meuble&amp;nbsp;: unplateau très étroit, tout en longueur, avec, à l'une des extrémités, unetablette penchée qui doit permettre de poser la tête du cadavre.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Brrr&amp;nbsp;! C’est sordide, dis donc ! Elle a déjà servi&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Non, tu penses bien&amp;nbsp;! Qu’est-ce que tu prends&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Elle commande une &lt;i&gt;godinette&lt;/i&gt;, joyeux mélange trèssucré de fraises, d’eau-de-vie et de vin blanc, mais préfère aller s'installerà l'extérieur, sur la terrasse devant laquelle des enfants jouent au ballon,loin de cette table mortuaire. Elle pense à cet homme dont elle ne sait quasimentrien, un type un peu paumé, probablement... Sans qu'elle sache pourquoi, ill'émeut. Elle à qui l'on reproche souvent son ton docte a toujours été attiréepar les esprits taciturnes.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Théo lui apporte son apéritif.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Ça fait un moment qu’on ne t’avait pas vue dans le coin,dis&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Eh oui, à la saison froide, j’hiberne&amp;nbsp;! Là, j’étais enroute pour aller voir l'ancre de l'&lt;i&gt;Amoco&lt;/i&gt;, et puis je me suis arrêtée enchemin...&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;C’est bizarre d’exposer le symbole d’un naufrage aussidramatique…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Je suppose que ça rapporte quelque argent à la commune… Maistu as raison, on en a assez souffert comme ça…&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Bof, j’étais encore dans les limbes, alors…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Pour moi, ça reste un souvenir d’enfance maculé d’une gluenoire et visqueuse, l’interdiction de grimper sur les rochers, qui étaientpourtant notre aire de jeux favorite, et surtout les oiseaux… épouvantailsfigés dans leur habit mortuaire… Ça fait partie de &lt;i&gt;ma&lt;/i&gt; Bretagne, au mêmetitre que le breton…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Ah bon, tu le parles ?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Hélas, non… Ma grand-mère paternelle le parlait, pourtant,mais mon père n'a pas eu le droit de se l'approprier... Le monde de magrand-mère a disparu le jour où l'on a décidé de sanctionner les enfants pourle moindre mot prononcé dans la langue de leur pays. Tu sais, comme le réflexede Pavlov&amp;nbsp;: un terme breton, une punition... &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Elle prend une gorgée du breuvage qui la fait toussertellement il est fort.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 70.8pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -52.8pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Tu vois, on m’a coupée de mes racines avant même ma naissance…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Pourquoi tu ne l’apprends pas ?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Ce monde-là n’existe plus… Tu peux toujours déchiffrer deshiéroglyphes, tu ne feras pas renaître la civilisation égyptienne qui les acréés. Quand une langue meurt, elle emporte avec elle tout l’univers qu’elledécrivait…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Là, tu exagères, quand même&amp;nbsp;! &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Mais il ne s’agit pas seulement d’un moyen d’expression, devocabulaire et de grammaire, non, c’est toute une réalité&amp;nbsp;! Si tu lacompares à un bateau, les œuvres mortes, la partie émergée, représenteraient lemode de vie… En dessous, tu as les œuvres vives, celles que l'on ne voit pas,qu'on pourrait associer aux mots, aux idées... Les unes ne peuvent exister sansles autres... Par exemple, savais-tu que les Indiens n'avaient pas de verbe &lt;i&gt;protéger&lt;/i&gt;pour la nature, tout simplement parce qu'ils ne la mettaient pas en danger&amp;nbsp;?Ma grand-mère, elle, a dit des mots d’amour en breton, et avec lui, cetamour-là est mort…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Mouais, c’est extrême comme raccourci…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Mais je suis quelqu’un d’extrême&amp;nbsp;! Je suis née au bout dumonde !&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Théo s’esclaffe avant de s’excuser&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Attends, il faut que j’aille servir…&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Il retourne à l'intérieur durestaurant. Blandine pense à sa sœur, à celle qui, dans sa famille, avaitrepris le flambeau de ce parler inconnu et lui en rapportait des bribes, telsles trophées d’une civilisation perdue... Elle pense au silence des morts quis'apparente à celui de l'univers dans lequel ils se sont fondus... &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Certains mots doivent disparaître de mondictionnaire intime, références devenues trop douloureuses, expressions,paroles et musiques, vivier d'un imaginaire conjoint. En réponse à ton mutisme,mon vocabulaire se fait lacunaire.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Un ballon atterrit à ses pieds. Blandine le renvoie augamin, puis se dirige vers les toilettes. Les femmes à gauche, les hommes àdroite. Au milieu, les lavabos, communs. Là, Efflam est en train de se laverles mains. La jeune fille marque un temps d'arrêt, car elle constate&lt;span style="color: red;"&gt; &lt;/span&gt;que, non, ce ne sont pas les mains qu'il passe sousl'eau, mais les avant-bras... Et ce qu’elle distingue également, au moment derefermer la porte, c'est la coloration rouge du liquide qui ruisselle de sesbras.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Efflam panique. Il l’a vue entrermais ne sait que faire. &lt;i&gt;Vite, disparaître&amp;nbsp;!&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;M'enfermer aux WC, jusqu’à ce qu'elle s'en aille&lt;/i&gt;. Après, ilavisera. Dans la précipitation, il fait tomber le dictaphone de sa poche et savoix résonne tout à coup :&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;« …Je sais quequelque chose en moi est en train de hurler dans un autre champ de conscienceauquel je n'ai plus accès, une mémoire oubliée.&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Quotidien sans relief…&amp;nbsp;»&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Le volume est au maximum, bon dieu&amp;nbsp;! Il faut qu’ill’arrête&amp;nbsp;!&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;«&amp;nbsp;…A&lt;span style="mso-bidi-font-style: italic;"&gt;bsence totale desensations physiques douloureuses.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Et, en plus de la fibresensorielle, il me manque la fibre sympathique.&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Un asocial plongé dans un bain social acide, voilà ce que je suis…&lt;/i&gt;&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Le temps de s’essuyer grossièrement les mains et il faittaire sa voix. Il file se réfugier aux WC. Lui et sa manie de s’enregistrer… Ilse parle, sans arrêt il se parle, parce qu’il ne sait pas parler aux autres. Iln’est qu’un pauvre type, rien d’autre. Sa femme avait tenté de le raisonner, dele réconcilier avec son corps, car elle ne supportait pas ses mutilations devenuestrop fréquentes – à elle, il était difficile de les cacher. Au final, il ne luiinspirait plus que de la peur.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Efflam entend la porte s’ouvrir. Sa passagère névrosée estsortie. Il va pouvoir quitter cet endroit où il espérait... quoi, d'ailleurs ?Parvenir à la fin de ses souffrances en allant jusqu'à la fin de la terre ?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Alexia lui avait tout d’abord pris rendez-vous chez unpsychiatre, avant de l’inscrire à un cours de yoga, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;pour te reconnecter avec tes énergies vitales&lt;/i&gt;&lt;span style="mso-bidi-font-style: italic;"&gt;, selon ses dires&lt;/span&gt;. Elle l’avait ensuiteemmené en voyage en Nouvelle-Calédonie, après avoir lu un article à propos d’unetribu kanake dont le chef se déclarait capable de réincarner un homme en proieà des idées suicidaires, &lt;i&gt;enfin, sur un plan symbolique&lt;/i&gt;, s’était-elleexclamée, sans doute pour excuser l’absurdité de la démarche. Sur place, lesorcier ne voulut pas les recevoir, car il fallait &lt;i&gt;faire coutume,&lt;/i&gt;&amp;nbsp;selonl’expression consacrée. Or, aucun des guides touristiques parcourus par safemme n’évoquait le don que l’on doit effectuer, et qui atteste de la valeurdes mots échangés – ou peut-être s’agissait-il d’un acte de lecturemanqué&amp;nbsp;? Quant à cette tradition, Efflam y voyait le même principe quecelui de la digraphie en comptabilité&amp;nbsp;: ce qui est porté au débit d’uncompte est crédité sur un autre… C’est un flux d’événements dont la balancedoit être équilibrée&amp;nbsp;: je te transmets mon expérience et tu gagnes ensagesse… Il ne put en bénéficier, comme si on lui eût refusé la souffrancequ’il quémandait. Ils étaient rentrés en métropole, elle, dépitée, lui, plutôtsoulagé malgré ce sentiment d’injustice. Le lendemain de leur retour, Alexiaquittait le domicile conjugal pour ne plus jamais revenir. Il s'était alorsinstallé dans sa petite routine, de huit heures du matin à dix-huit heures lesoir – sauf réunion tardive – en habit de fonctionnaire, le reste du tempsenfermé chez lui, à avaler ses &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;inhibiteurssélectifs de la recapture de la sérotonine&lt;/i&gt; – d’après le descriptif de sonantidépresseur – et à bricoler dans son atelier. Quand ses crises d’angoisse leprenaient, sa caisse à outils se révélait le meilleur des anxiolytiques. Lacisaille ou le cutter pour les bras et les jambes, le marteau ou la pince pourles doigts de pieds – il évitait la main, trop visible.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Blandine a repris la route. Elle marche dans le soir quivient, dans cette zone crépusculaire où les âmes des défunts semblent enfinaccessibles. Elle se confie une nouvelle fois au ciel : &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Autant de mots queje ne te dirai pas, autant de rires qui ne se mêleront pas au tien, autant delarmes que tu ne me verras pas verser, autant d’autant que j’aurais voulupouvoir partager.&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Je ne peux pascomprendre ta douleur, mais mon amour pour toi est toujours aussi fort.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Elle tourne le regard vers l’océan noir qui disperse sesparoles silencieuses dans le vent&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;C’est ça, lamort&amp;nbsp;: de l’amour en souffrance.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Efflam revient à sa table,soulagé de ne voir le ciré rouge nulle part. En s’installant, il découvre qu’onlui a apporté de l’eau au lieu du vin qu’il a commandé. Faisant un geste aubarman pour lui signaler l'erreur, il saisit la bouteille et remarque alors lemot qui y est inscrit au crayon, un feutre d’un bleu très profond, presquenoir&amp;nbsp;: DOULEUR.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Quand le serveur arrive à sa table, Efflam s’excuse&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText" style="margin-left: 36.0pt; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: 7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Ça ira, j’ai trouvé ce que je cherchais, je vousremercie.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Fouettée par le vent, Blandineavance sur la plage, s'enfonce dans la mer et ne s'arrête qu'au moment où l’eaula submerge. &lt;i&gt;J'y ai jeté amour. J'y ai jeté gratitude. Harmonie, aussi, etquelques autres...&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;C'était le seul endroit où les retrouver.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;Halicante&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;&lt;i&gt;Pascale&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoBodyText"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;&lt;i&gt;photo : M.M&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-2753297024298499197?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/2753297024298499197/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=2753297024298499197&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/2753297024298499197'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/2753297024298499197'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/09/la-symbolique-des-fluides.html' title='La symbolique des fluides'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-H7atqGlUs6Y/Tm20PWEGMZI/AAAAAAAAAwE/_oE8OTba_uY/s72-c/P1010032.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-4873777413696055730</id><published>2011-09-11T11:30:00.000+02:00</published><updated>2011-09-11T11:46:27.647+02:00</updated><title type='text'>1Q84 – Haruki Murakami</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;style type="text/css"&gt; &lt;!--		@page { margin: 2cm }		P { margin-bottom: 0.21cm }	--&gt;&lt;/style&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-GxYMZ0q0Fbw/Tmx7gJmLRsI/AAAAAAAAAwA/i7MLA9hJL48/s1600/1q84.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="247" src="http://1.bp.blogspot.com/-GxYMZ0q0Fbw/Tmx7gJmLRsI/AAAAAAAAAwA/i7MLA9hJL48/s320/1q84.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Deux ans que les lecteurs françaisattendent la traduction de ce qui fut un succès littéraire aujapon, rien que ce chiffre qui en dit long : 3 millions d'exemplairesvendus en 2009.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Les deux premiers tomes de 1Q84viennent de sortir en France et s'exposent sur les gondoles en cetterentrée, difficile de ne pas les voir. La curiosité aidant et ilfaut l'avouer, un réel engouement pour certains romans de cetauteur, voilà, 23€ le livre : dans le sac.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Enfin seulement le premier tome. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Tengo est un professeur a qui il nemanque pas grand chose pour devenir écrivain.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Aomamé est une jeune justicière quiélimine, sur les ordres d'une vieille femme, et avec un pic à glaceparticulièrement bien effilé, les maris violents.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Ces deux destins nous sont relatésdans des chapitres qui alternent et dont on ne fait que percevoirdans ce premier tome les résonances.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Sur commande de son éditeur, Tengo varetravailler un texte d'une étrange jeune fille dyslexique afin dele proposer à un concours. Le livre est publié et remporte vite ungrand succès, mais l'histoire qu'il raconte, bien que surréaliste,semble ne pas être vraiment de la fiction. Il y est question de«&amp;nbsp;little people&amp;nbsp;» et d'une chrysalide de l'air. D'unechèvre aveugle et d'un monde parallèle où deux lunes brillent dansle ciel. D'ailleurs, depuis quelques temps, Aomamé les voit, cesdeux lunes. Tout comme il lui semble que certaines périodes del'histoire ont disparu de sa mémoire. Ajoutons à cela ladécouverte, par ces deux jeunes gens qui s'ignorent, d'une secteperdue dans les montagnes où de bien étranges pratiques s'opèrent, et nous aurons idée de quelques uns des ingrédients qui font ce livre.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Haruki Murakami est très doué pourinventer une histoire. Ce roman en est une preuve supplémentaire etforce est d'avouer que ma curiosité est aiguisée quand au bout deces 500 premières pages il faut fermer le premier tome. Qui sontces «&amp;nbsp;little people&amp;nbsp;» qui viennent ici comme en écho du«&amp;nbsp;big brother&amp;nbsp;» du 1984 d'Orwell ? Quelle est cettehistoire de petites filles violées?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Alors, il me faudra donc acheterle deuxième livre? (un troisième sortira en mars 2012)&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Je ne sais pas encore.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;C'est que toute cette histoire estlargement délayée dans un verbiage inutile et agaçant au pointd'en perdre de la saveur. Bien sûr il y est question del'histoire du japon, d'interrogations sur les pouvoirs occultes ouencore de réflexions sur le monde de l'édition. N'empêche que pour écrire 1500 pages, il faut quand même avoir pas mal de choses àraconter or il  me semble bien, après ce premier tome, qu'un seullivre aurait suffit! Pour  exemple ce court paragraphe complètementinutile mais toutefois assez représentatif de certains contenus deces pages :&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;«&amp;nbsp;Comme il serait heureux s'il yavait école tous les jours. Il priait même pour qu'il n'y ait plusjamais de dimanche. Une prière jamais exaucée, bien sûr.&amp;nbsp;»&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Bien sûr&lt;/i&gt;.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Je retiendrai donc une histoirecaptivante. Mais je crois que je vais miser sur dame chance pour metrouver à la bibliothèque le jour où le deuxième tome y fera sonapparition plutôt que de me précipiter chez mon libraire. Et sicelle ci fait sa mesquine, j'irais taper à la porte de damepatience.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;En attendant de le trouver, ce ne sont pas les livresqui manquent.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;Edith &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-4873777413696055730?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/4873777413696055730/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=4873777413696055730&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/4873777413696055730'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/4873777413696055730'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/09/1q84-haruki-murakami.html' title='1Q84 – Haruki Murakami'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-GxYMZ0q0Fbw/Tmx7gJmLRsI/AAAAAAAAAwA/i7MLA9hJL48/s72-c/1q84.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-671035883149885325</id><published>2011-09-08T15:13:00.001+02:00</published><updated>2011-09-08T15:13:51.202+02:00</updated><title type='text'>Les résultats du concours Alexandre-VosÉcrits- Édition 2011</title><content type='html'>Nouvelles&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) &lt;i&gt;Intimes convictions&lt;/i&gt; / Dominique Chappey &lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;2) De la poudre aux yeux &lt;/i&gt;/ Laurence Marconi&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;3)La voiture de Dieu est une Audi noire &lt;/i&gt;/ Sonia Guillemet&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Accessits&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;L’express de quatre heures dix &lt;/i&gt;/ Jean-Marie Rousset&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;Et ça recommence&lt;/i&gt; / Matthieu Heidet&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;Les pieds sur terre&lt;/i&gt; / Christophe Charlemagne&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;L’étrange petit vieillard assis un jour d’orage,&lt;br /&gt;sur une banquette de skaï grenat &lt;/i&gt;/ Claudine Créach&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;On-Ko-Chi-Shin &lt;/i&gt;/ Pierre-Camille Podvin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poésie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) &lt;i&gt;La fleur au fusil, D 609, Pont de Normandie&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Olivier Gay &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2) &lt;i&gt;Descente&lt;/i&gt; : Tryptique de poèmes&lt;br /&gt;Florian Nguyen&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3) &lt;i&gt;L’attente&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Kwine Lilas&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Accessits&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Toi cadavre, Octobre, Entre les gouttes&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Philippe Auberge &lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;La part infime, Après la révolution, Teneur en sel&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;François Leturck &lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;La minute misandrie, Pluie de mai, Transgression&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Laure Portal&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Impossible !, Et si je veux, moi ?, Je veux…&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Camille Rozan&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Encore un tour, Clapotis, Après toi le déluge&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Perrine Minvielle-Debat&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;La naissance du jour, Quand la neige tomba, Trinité du temps&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Gérard Raymond&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;À mes ancêtres, À cache-cache, Ecce homo&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Marianne Belis&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;&lt;i&gt;Pascale&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-671035883149885325?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/671035883149885325/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=671035883149885325&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/671035883149885325'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/671035883149885325'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/09/les-resultats-du-concours-alexandre.html' title='Les résultats du concours Alexandre-VosÉcrits- Édition 2011'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-6034868697867097094</id><published>2011-09-01T16:38:00.000+02:00</published><updated>2011-09-02T09:16:43.050+02:00</updated><title type='text'>Alors Carcasse – Mariette Navarro</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif;"&gt;&lt;style type="text/css"&gt; &lt;!--		@page { margin: 2cm }		P { margin-bottom: 0.21cm }	--&gt;	&lt;/style&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-wPm9WskVhAI/Tl-XTg6y6FI/AAAAAAAAAv8/Hx_s-uQYm7M/s1600/carcasse.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://1.bp.blogspot.com/-wPm9WskVhAI/Tl-XTg6y6FI/AAAAAAAAAv8/Hx_s-uQYm7M/s320/carcasse.jpg" width="207" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;«&amp;nbsp;Plusieurs aussi sont là, aubeau milieu de leur époque, mais Carcasse particulièrement est auseuil, caresse du pied le seuil et se tient là, avec au visage uneimpression d'absence qui cloche beaucoup avec le reste. C'est queCarcasse est quelque part, mais c'est partout ailleurs, et sous biend'autres formes. Tout le temps de préférence ailleurs, Carcasse, etça cloche.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Premières lignes du livre de MarietteNavarro. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Présentation de Carcasse, cepersonnage  aux contours flous, mais qui se tient là sur le seuil,sans toutefois pouvoir avancer. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Quel est ce seuil, qui sont ces autresqui passent, que peut faire Carcasse s'il ne peut franchir cetancrage qui le fait tenir debout ? &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;62 pages d'une écriture poétique,troublante et maitrisée, qui bien plus que de relater quelque chose,nous invite à accompagner les affres et les espoirs de Carcasse. Etqu'on ne s'y trompe pas, si la lecture est éprouvante, ce n'est pasen raison d'une quelconque empathie ou identification quis'installeraient  mais bien parce que l'auteur réussit cette prouessed'inviter le lecteur dans le livre afin qu'il participe à cesnon-évènements qui en font la matière. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Il s'agit bien de s'approcher au plusprès d'une posture, avec l'espoir, la lucidité et les hésitations de Carcasse, commed'une possible réponse face à tout ce qui nous entoure et nousdépasse mais qui nous appartient quand même. Qu'on le veuille ounon. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Il me semble qu'il s'agit là d'un trèsgrand livre. Le premier livre de cet auteur.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Edité chez Cheyne. Lu aux dernière«&amp;nbsp;Lectures sous l'arbre&amp;nbsp;» par Denis Lavant. Et glissédans mon panier&amp;nbsp; avec pour condition&amp;nbsp;de ne pas le garder trop longtemps : c'est que le livre a encore denombreux lecteurs à rencontrer.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;Edith&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-6034868697867097094?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/6034868697867097094/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=6034868697867097094&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/6034868697867097094'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/6034868697867097094'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/09/alors-carcasse-mariette-navarro.html' title='Alors Carcasse – Mariette Navarro'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-wPm9WskVhAI/Tl-XTg6y6FI/AAAAAAAAAv8/Hx_s-uQYm7M/s72-c/carcasse.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-6922292257093235184</id><published>2011-08-28T15:41:00.008+02:00</published><updated>2011-08-28T16:15:41.487+02:00</updated><title type='text'>La delicatesse – David Foenkinos</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-PAjG1yjeBWs/TlpC1kKzuTI/AAAAAAAAAv4/N-H07HFRI_4/s1600/delicatesse.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://4.bp.blogspot.com/-PAjG1yjeBWs/TlpC1kKzuTI/AAAAAAAAAv4/N-H07HFRI_4/s320/delicatesse.jpg" width="197" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;210 pages, 10 prix littéraires et traduction dans 15 langues, voilà le pédigrée de ce petit roman de David Foenkinos particulièrement bien ficelé.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Nathalie était plutôt discrète (une sorte de féminité suisse). Elle avait traversé l'adolescence sans heurt, respectant les passages piétons.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Et zou, c'est parti...&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Nathalie vivra ensuite un bel amour sans nuage avec François, son mari, jusqu'au jour où il se fera écraser en partant faire son jogging.  Suivront le deuil, puis le temps aidant, l'émergence d'un nouveau possible, forcément très différent.  &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Le roman est bâti de courts chapitres, ponctués de notes de l'auteur ou de changement de focales. Ainsi et pour exemple «&amp;nbsp;la discographie de John Lennon s'il n'était pas mort en 1980&amp;nbsp;» ou encore «&amp;nbsp;le nombre de paquets de Krispolls vendus en 2002&amp;nbsp;». La lecture est aisée, la concentration allégée par les changements de rythmes et l'auteur fait preuve de pas mal de fantaisie dans les nombreux aphorismes qui viennent soutenir l'histoire. (Oui, parce qu'il faut quand même avouer que c'est un peu léger, autrement.)&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;En vrac ou dans le désordre :&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Il y a peut-être une 	dictature du concret qui contrarie en permanence les vocations.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Le sommeil est un chemin 	qui mène à la soupe du lendemain.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;" Rien n'était tragique. Il savait qu'il existait des navettes entre l'île de la souffrance, celle de l'oubli, et celle, plus lointaine encore, de l'espoir."&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Il faudrait penser à tous 	ces destins qui échouent sur les rivages de leurs possibilités.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Paradoxalement ce qui ici étoffe le roman, à savoir ces petites phrases savamment assenées, enferment dans le même temps la narration et circonscrivent le lecteur dans le seul espace de ce qui est écrit (et non de ce qui pourrait se lire) ce qui a pour effet d'en réduire la dimension. Voilà c'est ça, peu de place pour l'imaginaire. C'est dommage quand même.&lt;br /&gt;Ceci dit, ce joli petit produit fera probablement un très beau film : sortie décembre 2011 avec Audrey Tautou dans le rôle de Nathalie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;Edith &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-6922292257093235184?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/6922292257093235184/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=6922292257093235184&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/6922292257093235184'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/6922292257093235184'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/08/la-delicatesse-david-foenkinos.html' title='La delicatesse – David Foenkinos'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-PAjG1yjeBWs/TlpC1kKzuTI/AAAAAAAAAv4/N-H07HFRI_4/s72-c/delicatesse.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-8445897671114843924</id><published>2011-08-22T20:02:00.003+02:00</published><updated>2011-08-22T20:07:22.149+02:00</updated><title type='text'>Des lézards dans le ravin – Juan Marsé</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-BDomLZnfHa0/TlKVCCEBraI/AAAAAAAAAv0/5MVFIdP8Nh8/s1600/lezrds+dans+le+ravin" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://4.bp.blogspot.com/-BDomLZnfHa0/TlKVCCEBraI/AAAAAAAAAv0/5MVFIdP8Nh8/s320/lezrds+dans+le+ravin" width="189" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif;"&gt;Retour en littérature ibérique en compagnie de ce nouveau roman : «&amp;nbsp;Des lézards dans le ravin&amp;nbsp;» écrit par Juan Marsé.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif;"&gt;L'histoire pour commencer : celle qui se trame autour de la disparition de Victor Bartra, anti-franquiste raté, aux faits de résistance pitoyables mais très doué dans l'alcoolisme. Derrière lui, ou même peut-être devant, une femme, belle et enceinte et un jeune adolescent, David, dont l'esprit aiguisé le tourmente autant que ses acouphènes, fidèles séquelles des bombardements passés. Nous sommes à Barcelone, dans le quartier de Guinardo où se trouvent les petites pièces louées par la famille. L'inspecteur Galvan est chargé de l'enquête. Un flic violent et sans pitié qui ne va rien trouver de mieux que de tomber amoureux de madame Bartra, la belle rouquine, et ce au grand mécontentement de David, qui n'ignore rien des agissements du policier. Deux autres personnages gravitent dans cette atmosphère lourde et poussiéreuse des perdants, Paulino, jeune homme inverti et pas bien fin -cependant ami de David, surtout quand il s'agit d'aller chasser le lézard, et Etincelle, le chien agonisant dont le rôle et la pitoyable mésaventure seront déterminantes dans le roman. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Donc, une histoire.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt; Pourtant, ce n'est pas elle qui fera l'originalité du roman, même si elle ne manque pas de clairvoyance sur cette Espagne franquiste faite de tortures et d'injustices. Il s'agira plutôt &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;de la construction du livre et particulièrement &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;de la place du narrateur dont il n'est pas nécessaire de révéler l'identité. Ce dernier devient le témoin non seulement de ce qui se dit, mais aussi de ce qui s'imagine,  particulièrement quant il s'agit des discussions que David tient avec «&amp;nbsp;les  voix des gens qui ont peur et qui s'appellent depuis très loin et se cherchent.&amp;nbsp;». Ainsi cette relation imaginaire entre le jeune homme et le pilote d'un Spitfire en flamme dont la photographie trône au dessus de son lit. Difficile et d'ailleurs inutile, de vouloir faire la part des choses qui se jouent dans le réel ou s'inventent dans l'esprit du jeune adolescent. De toute façon, le tout est finement bouclé, même si parfois un peu longuet, et c'est par petites touches d'une écriture agile et percutante que nous seront contées les mésaventures de la famille Bartra.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Reste le titre, une belle trouvaille; en espagnol ça donne « Rabos de Lagartijà&amp;nbsp;» ce qui doit signifier quelque chose comme queues de lézards (mais peut-être qu'un jeu de mots m'échappe), parce que cette traduction en français : «&amp;nbsp;Des lézards dans le ravin&amp;nbsp;»  offre vraiment plus d'entrées, aussi pertinentes les unes que les autres.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;Edith &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-8445897671114843924?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/8445897671114843924/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=8445897671114843924&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/8445897671114843924'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/8445897671114843924'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/08/des-lezards-dans-le-ravin-juan-marse.html' title='Des lézards dans le ravin – Juan Marsé'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-BDomLZnfHa0/TlKVCCEBraI/AAAAAAAAAv0/5MVFIdP8Nh8/s72-c/lezrds+dans+le+ravin' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-1312892163731774203</id><published>2011-08-08T12:42:00.000+02:00</published><updated>2011-08-08T12:42:59.264+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='billet d&apos;août'/><title type='text'>Lady L. - Romain Gary</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:WordDocument&gt;   &lt;w:View&gt;Normal&lt;/w:View&gt;   &lt;w:Zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt;   &lt;w:TrackMoves/&gt;   &lt;w:TrackFormatting/&gt;   &lt;w:HyphenationZone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt;   &lt;w:PunctuationKerning/&gt;   &lt;w:ValidateAgainstSchemas/&gt;   &lt;w:SaveIfXMLInvalid&gt;false&lt;/w:SaveIfXMLInvalid&gt;   &lt;w:IgnoreMixedContent&gt;false&lt;/w:IgnoreMixedContent&gt;   &lt;w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;false&lt;/w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;   &lt;w:DoNotPromoteQF/&gt;   &lt;w:LidThemeOther&gt;FR&lt;/w:LidThemeOther&gt;   &lt;w:LidThemeAsian&gt;X-NONE&lt;/w:LidThemeAsian&gt;   &lt;w:LidThemeComplexScript&gt;X-NONE&lt;/w:LidThemeComplexScript&gt;   &lt;w:Compatibility&gt;    &lt;w:BreakWrappedTables/&gt;    &lt;w:SnapToGridInCell/&gt;    &lt;w:WrapTextWithPunct/&gt;    &lt;w:UseAsianBreakRules/&gt;    &lt;w:DontGrowAutofit/&gt;    &lt;w:SplitPgBreakAndParaMark/&gt;    &lt;w:DontVertAlignCellWithSp/&gt; 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&lt;![endif]--&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="Standard" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-vacqPSrF-To/Tj-9C_Rgf9I/AAAAAAAAAvw/ridiKp9EUdM/s1600/Lady+L.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://4.bp.blogspot.com/-vacqPSrF-To/Tj-9C_Rgf9I/AAAAAAAAAvw/ridiKp9EUdM/s320/Lady+L.jpg" width="195" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Standard" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Comment ne pas tomber sous le charme et la finesse du roman de Romain Gary? Impossible de résister à Lady L. cette belle et vieille aristocrate anglaise qui se décide du haut de ses 80 ans à confier à son vieil ami,&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;poète-lauréat de la cour, son histoire.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class="Standard" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Et quelle histoire!&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Standard" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="Standard" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Mais avant d'en présenter rapidement la trame, dire que ce qui frappe d'emblée dans le livre, est sans contestation possible, le talent d'écrire. Il ne s'agit pas pour Romain Gary de seulement conter une histoire, mais aussi de poser les caractères, d'envelopper les personnages d'une aura palpable, de les faire penser puis dialoguer dans des arguments les plus surprenants, toujours forts bien étayés par la grande histoire et le tout servi par&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;un humour qui ne se prive pas de tirer parfois sur le décapant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="Standard" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;L'histoire quant à elle?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="Standard" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Nous apprendrons que Lady L. est loin d'être une aristocrate de vieille souche, mais est née Boudin dans un quartier pauvre et fort mal fréquenté de Paris. Que la donzelle après avoir pris ses distances avec un père entreprenant usera quelque peu de ses charmes pour faire son petit bout de chemin, chemin sur lequel elle rencontrera et aimera Armand Denis, célèbre anarchiste terroriste nihiliste de la fin du XIXème siècle.&lt;/div&gt;&lt;div class="Standard" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt; Les raisons qui mèneront Lady L. à s'appeler ainsi, à jouir d'une des plus grandes fortune des Royaumes Unis et surtout à devoir confier ses souvenirs au prude poète, je vous laisse le découvrir par vous même, pour nous focaliser plutôt sur ce qui fait aussi la matière de ce livre : l'engagement idéologique. Car «&amp;nbsp;dame Humanité&amp;nbsp;» est bien présentée ici comme la plus grande rivale d'Annette qui toute séduisante soit-elle, n'en est pas moins concurrencée par les attraits de Liberté, Egalité et Fraternité. Armand Denis est un idéaliste en quête d'absolu qui cherche à faire du monde, avec son petit groupe de comparses, la matière même de l'art en le façonnant à coup de bombes et d'attentats. Il ne recule devant rien pour imposer son idéologie qui vise à changer la condition de l'homme et à lutter contre les inégalités sociales. La question qui se discute alors habilement tournera autour des moyens efficaces pour y accéder, et ne manquera pas de mettre en lumière les contradictions dont l'extrémisme s'accompagne et qui fera dire à l'auteur : «&amp;nbsp;Comme c'est étrange, il suffit qu'une idée noble et généreuse atteigne à la démesure pour qu'elle devienne aussitôt étroitesse d'esprit.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Standard" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Le plus grand révolutionnaire du roman pourra alors surprendre. Et faire sourire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Standard" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Quant à Dame Humanité....&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="Standard" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="Standard" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;Edith &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="Standard" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-1312892163731774203?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/1312892163731774203/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=1312892163731774203&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/1312892163731774203'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/1312892163731774203'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/08/lady-l-romain-gary.html' title='Lady L. - Romain Gary'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-vacqPSrF-To/Tj-9C_Rgf9I/AAAAAAAAAvw/ridiKp9EUdM/s72-c/Lady+L.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-1462938960860660290</id><published>2011-08-05T11:01:00.000+02:00</published><updated>2011-08-05T11:01:40.033+02:00</updated><title type='text'>La tempête - Juan Manuel De Prada</title><content type='html'>&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-YatuxomQRsA/Tjuw4sGkjoI/AAAAAAAAAvs/Tl-sxHg5IRg/s1600/tempete.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://1.bp.blogspot.com/-YatuxomQRsA/Tjuw4sGkjoI/AAAAAAAAAvs/Tl-sxHg5IRg/s320/tempete.jpg" width="284" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Ciblons peut-être la littérature ibérique pour s'engager dans ce mois d'aout. Y dénicherons-nous ce soleil planqué derrière les nuages bretons?&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Dans ma pile toute fraîche de cette deuxième partie d'été,&amp;nbsp; «&amp;nbsp;La tempête&amp;nbsp;», de Juan Manuel De Prada. Quelques pages pour comprendre que l'histoire se déroule à Venise en janvier : mince, ça commence mal. Ceci dit, j'aurais peut-être évité l'écueil si j'avais su que L'Accademia était un musée italien et non espagnol. Dans ce musée, jalousement gardé par Gilberto Gabetti, le père de la belle Chiara, le tableau éponyme du livre, œuvre de Giorgione. &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Alejandro Ballesteros, maître assistant en histoire de l'art, vient au musée pour voir de ses propres yeux, le tableau qui aura été le sujet de sa thèse et pour lequel il aura consacré les cinq dernières années de sa vie, dans le but de produire -enfin, une interprétation qui puisse convaincre les plus grands spécialistes.&amp;nbsp; (Oui, vous avez compris comme moi, Alejandro a bossé cinq ans sur un tableau qu'il n'avait jamais vu. Lecteur, il est probable que l'on se moque de toi.)&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Témoin d'un meurtre dès son arrivée, voilà notre critique embarqué bien malgré lui dans le glauque d'une histoire de faussaires et de trafiquants d'art; histoire édulcorée d'une passion amoureuse et colorée de masques et de personnages de la commedia dell'arte. Ajoutons à cela quelques références mythologiques : ça aurait pu faire du bon roman.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Et bien non.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;On aimerait y croire pourtant au niveau de la page 179 quand il y est question des dernières paroles de Sanson : «&amp;nbsp;Moriatur anima mea cum philistiim. (Que meure mon âme avec les philistins)&amp;nbsp;» et qu'un rebondissement dans l’analyse du tableau&amp;nbsp; se profile. Mais manque de bol c'est la fin du chapitre. Le problème est bien là, que cela concerne le caractère des personnages ou encore l’approfondissement des idées qui pourtant sont présentes, le pauvre lecteur que nous sommes reste sur sa faim.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Sans vouloir trop charger la gondole, il me faut encore dire que le style est ampoulé et prétentieux. Trop facile de penser qu'il puisse s'agir d'un problème de traduction car même les descriptions sont comme des cailloux jetés dans les canaux de Venise et les métaphores font des plofs qu'il ne m'est pas possible de caractériser de retentissants, bien que l'auteur se complaise à les répéter. &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;«&amp;nbsp;Elle parlait avec la gravité des sphinges, une gravité prématurée qui la ridait en profondeur et en surface et l’éloignait de moi, comme l’interposition de thèmes occultes, d’allégories abstruses ou de points de vue défiant la vraisemblance éloigne une peinture de ceux qui la regardent.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-Nfiy__llATs/TjusbvmUrHI/AAAAAAAAAvo/S_wHkZ08WUw/s1600/P1080392.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://1.bp.blogspot.com/-Nfiy__llATs/TjusbvmUrHI/AAAAAAAAAvo/S_wHkZ08WUw/s320/P1080392.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Alors pourquoi être allée jusqu'au bout de ce livre?&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Parce que j'attendais celui que lisait ma copine et dont elle semblait se délecter autant que moi de la tarte aux prunes, sauf qu'elle prenait un peu moins de temps pour l'avaler...&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;En exergue de ce prochain roman (qu'elle aura fini par digérer) ces quelques vers alléchants dédiés à Yane Avril par Alphonse Allais :&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;«&amp;nbsp;Ah! Fallait-il que je vous visse,&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Fallait-il que vous me plussiez,&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Qu'ingénument je vous le disse,&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Que fièrement vous vous tussiez.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Lady L. de Romain Gary, sera le prochain roman, détrônera t-il la tarte aux prunes&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;Edith &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-1462938960860660290?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/1462938960860660290/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=1462938960860660290&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/1462938960860660290'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/1462938960860660290'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/08/la-tempete-juan-manuel-de-prada.html' title='La tempête - Juan Manuel De Prada'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-YatuxomQRsA/Tjuw4sGkjoI/AAAAAAAAAvs/Tl-sxHg5IRg/s72-c/tempete.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-1178071050455922815</id><published>2011-07-30T13:42:00.001+02:00</published><updated>2011-07-30T13:45:32.929+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='billet d&apos;août'/><title type='text'>Un désir Fou de danser - Elie Wiesel</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; font-family: Verdana,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-oDGzgrxYZGE/TjPqyAl0nzI/AAAAAAAAAvk/vJ1oS6K738Y/s1600/tango.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="400" src="http://4.bp.blogspot.com/-oDGzgrxYZGE/TjPqyAl0nzI/AAAAAAAAAvk/vJ1oS6K738Y/s400/tango.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;style type="text/css"&gt; &lt;!--  @page { margin: 2cm }  P { margin-bottom: 0.21cm } --&gt; &lt;/style&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Les vacances battent leur plein, sur les routes les kilomètres de bouchons s'amoncèlent et bientôt les peaux blanches vireront au rouge. Dans les kiosques les vendeurs se réjouissent : la vente des magazines people va redoubler et de toute part chauffent les cartes bleues. En Éthiopie les mômes crèvent, de la Libye on ne comprend plus rien si ce n'est qu'on y meurt toujours trop et l'eldorado américain est criblé de dettes. Bref, le monde marche sur la tête; on pourrait même s'étonner qu'il continue de marcher.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Allez, tout cela ne date d'hier, me direz-vous, et n'est pas Atlas qui veut. Voici donc quelques pistes pour continuer à avancer :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;en 1, il y a la  politique de l'autruche (très prisée),&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;en 2,&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt; la politique tout court.  (Vous savez ce truc chargé de mettre en oeuvre des idées)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;en 3 la folie, comme un petit pas de coté, un drôle de petit pas de danse.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;«&amp;nbsp;Il y a des moments où il faut être anormal pour vouloir vivre dans l'enfer des hommes&amp;nbsp;»  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;C'est la solution que choisit Doriel, le personnage du roman d'Elie Wiesel «&amp;nbsp;Un désir fou de danser&amp;nbsp;».  Oh, bien sûr le contexte est différent, nous sommes après guerre et Doriel est juif. Rescapé de l'holocauste, il n'en est pas moins un des rares survivants. Un peu trop chargé de mémoire, un peu trop cultivé, un peu trop riche, Doriel choisi la folie. D'ailleurs n'est-il pas fou, comment ne pas être fou quand on est habité par un dibbouk, un esprit malin ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;L'histoire se passe dans le cabinet d'une Psychanalyste à New York. Elle commence dans un chaos de mots et de pensées, à l'image de l'esprit du patient. Thérèse Goldschmidt, au risque de faire éclater sa vie personnelle va tenter de le guider en dehors de sa folie. Progressivement et avec moult difficultés, certaines serrures s'ouvriront et ce ne sera pas faute de multiplier les clefs. Plus que de traiter un fou, il s'agit de  guider le regard vers ce que l'inconscient peut refouler au plus profond de ses méandres et d'aller sonder là où se forment les murs de l'enfermement et de la solitude. La réponse à ses maux, Doriel la connaissait depuis longtemps : «&amp;nbsp;Celui qui aime, qui crée ou recrée ne serait-ce que le temps d'un clin d'oeil, a déjà emporté une victoire sur l'absurde fatalité.&amp;nbsp;» il suffisait juste qu'il puisse y accéder.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Belle lecture : la qualité des réflexions dans ce roman est remarquable; les questions sont posées, contextualisées sans qu'aucune certitude ne soit assénée. C'est toute la nature humaine qui est interrogée, y compris  dans ce qu'elle contient d'inhumain. Il y est question du rapport de l'homme à soi même, de l'homme aux autres ou encore de l'homme à Dieu.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Sur la construction du livre ou encore sa crédibilité je serais pourtant moins dithyrambique. Difficile de se mettre dans la peau d'un psychanalyste, même quand on est prix Nobel de la paix, aussi certains dénouements m'auront t-ils semblé peu crédibles.  La fin est un peu facile voire décevante.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Il n'en reste pas moins que cette lecture aura été marquante et passionnante. Je laisse donc la parole à l'auteur pour ces deux extraits séparés de presque 200 pages :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;«&amp;nbsp;L'homme peut-il devenir fou à cause de Dieu?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;«&amp;nbsp;Il faudrait peut-être imaginer les dieux rendus fous par les hommes&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Dieu. Une quatrième piste pour avancer pendant l'été?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Je me contenterais de la question.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;Edith &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-1178071050455922815?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/1178071050455922815/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=1178071050455922815&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/1178071050455922815'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/1178071050455922815'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/07/un-desir-fou-de-danser-elie-wiesel.html' title='Un désir Fou de danser - Elie Wiesel'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-oDGzgrxYZGE/TjPqyAl0nzI/AAAAAAAAAvk/vJ1oS6K738Y/s72-c/tango.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-5748761715769919590</id><published>2011-07-16T20:42:00.000+02:00</published><updated>2011-07-16T20:42:03.874+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='billet d&apos;août'/><title type='text'>Dompter la bête - Ersi Sotiropoulos</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif;"&gt;&lt;style type="text/css"&gt; &lt;!--  @page { margin: 2cm }  P { margin-bottom: 0.21cm } --&gt; &lt;/style&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; font-family: Verdana,sans-serif; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-lBlTNFsYXqo/TiHZorVfaoI/AAAAAAAAAvg/MQV1z1KyLj4/s1600/arton4222-33344.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://2.bp.blogspot.com/-lBlTNFsYXqo/TiHZorVfaoI/AAAAAAAAAvg/MQV1z1KyLj4/s320/arton4222-33344.jpg" width="223" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif; margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Il y a toujours une certaine excitation à choisir ses livres de vacances. Il y a ceux que l'on &lt;i&gt;doit&lt;/i&gt; lire et qui trainent depuis un bon moment au pied du lit, ceux pour lesquels on ne prend aucun risque, un peu comme pour s'assurer d'une bouée de sauvetage au cas où et puis les livres choisis sans trop réfléchir, pour une quatrième de couverture, une présence en tête de gondole ou un défit au hasard. Voilà comment «&amp;nbsp;Dompter la bête&amp;nbsp;» a atterri dans ma valise. Ensuite j'ai vu qu'il était édité chez Quidam et alors là je me suis dit : «&amp;nbsp;ben oui ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Aris, le personnage principal de l'histoire est présenté en quatrième de couverture comme un politicien pas forcément véreux, ni bon ni mauvais, mais par contre sérieusement mené par ses pulsions sexuelles. Évidemment ça m'a fait un peu sourire.  &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;L'histoire commence doucement, peut être même un peu mollement. Ersi Sotiropuolos nous présente un politique en passe d'être mis au placard, marié à une femme effacée, boulimique, père d'un fils à qui il aura manqué quelques minutes d'oxygénation à la naissance, lui même fils d'une mère qui perd un peu la boule. Tout cela l'affectant peu, d'autant plus qu'il entretient une relation adultère avec une maitresse passionnée, sur fond de tauromachie. Les choses commencent à prendre de l'ampleur quand arrive un nouveau personnage, Mariol (oui, l'auteur ne manque pas d'humour) ami du fils, dont une des occupations vise à semer la terreur au volant de sa vieille Peugeot et qui jouera ici le rôle du grain de sable qui vient tout faire dérailler.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Ensuite l'histoire s'accélère. En même temps que les personnages prennent de l'étoffe viennent habilement se greffer des références helléniques. Aris ressemble de très près à Ares, le dieu de la guerre et de la destruction et comment ne pas penser à Eros et Thanatos une fois le livre fermé? Eros et thanatos, ingrédients indispensables à l'oeuvre d'art or notre pauvre Aris aimerait tant être un poète reconnu. Mais il faut croire que cela n'aura pas suffit à notre auteur. Une fois toutes les pièces bien posées sur l'échiquier, voilà qu'un deuxième jeu se dessine à la sauce Nietzschéenne : celle de l'éternel recommencement.  &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;La fin est excellente, tragique on s'en doute, mais surtout pleine de dérision pour ce personnage d'Aris qui jusqu'au bout restera égocentré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;Edith&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-5748761715769919590?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/5748761715769919590/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=5748761715769919590&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/5748761715769919590'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/5748761715769919590'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/07/dompter-la-bete-ersi-sotiropoulos.html' title='Dompter la bête - Ersi Sotiropoulos'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-lBlTNFsYXqo/TiHZorVfaoI/AAAAAAAAAvg/MQV1z1KyLj4/s72-c/arton4222-33344.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-7824988578465711524</id><published>2011-07-01T15:54:00.000+02:00</published><updated>2011-07-01T15:54:48.822+02:00</updated><title type='text'>Charlotte (Je suppose que je mens)</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-Cg8z1wSpTpI/Tg3Rd4lBm5I/AAAAAAAAAvc/ikTrjYHLgQ4/s1600/woman+seated+in+the+underground+1941.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/-Cg8z1wSpTpI/Tg3Rd4lBm5I/AAAAAAAAAvc/ikTrjYHLgQ4/s320/woman+seated+in+the+underground+1941.jpg" width="257" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font: normal normal normal 16px/normal Georgia; line-height: 18px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font: normal normal normal 16px/normal Georgia; line-height: 18px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font: normal normal normal 16px/normal Georgia; line-height: 18px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font: normal normal normal 16px/normal Georgia; line-height: 18px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Charlotte a peur de l'Autre et d'elle-même plus encore&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Elle  est grosse, et sous les plis de sa peau&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Se  cachent des mots ronds&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Comme  les formules magiques qu'un enfant se récite&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Espérant  disparaître et lasser l'explosion&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;On  l'a enfermée 4 mois de l'autre côté - côté cage - car on ne voulait plus qu'elle  se cloître chez elle&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;La  vie de Charlotte est un non-sens pour nous, les écarquillés&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Elle  ne se bat pas contre la vérité ; elle ne recherche pas la satisfaction précieuse  d'être aimée ; elle n'envisage pas de corps suant, gonflé d'Eros et offert sans  honte à l'orgueil des muqueuses&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Elle  ne pratique aucune activité artistique&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Elle  ne se trouve pas moche puisqu'elle ne se pose même pas la question&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Et  nous, les clinquants affreux, nous, dis-je bien à contre-coeur, nous&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Nous  cherchons à l'intégrer pour digérer mieux nos assiettes&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Ravaler  notre appétit&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Nous  parlons à sa place&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Nous  pensons à sa place&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Nous  rions à sa place&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Puis  échangeons des tapées de pitié dès qu'elle sort du fumoir&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Et  rejoint lentement sa chambre&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Pour  observer son lit défait&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;En  marmonnant qu'elle ne veut pas vivre&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font: normal normal normal 16px/normal Georgia; line-height: 18px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font: normal normal normal 16px/normal Georgia; line-height: 18px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;Pierre Anselmet&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana;"&gt;Dessin : Henry Moore (&lt;i&gt;Woman seated in the underground&lt;/i&gt;, 1941)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;Pascale&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: x-small;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-7824988578465711524?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/7824988578465711524/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=7824988578465711524&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/7824988578465711524'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/7824988578465711524'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/07/charlotte-je-suppose-que-je-mens.html' title='Charlotte (Je suppose que je mens)'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-Cg8z1wSpTpI/Tg3Rd4lBm5I/AAAAAAAAAvc/ikTrjYHLgQ4/s72-c/woman+seated+in+the+underground+1941.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-7084297696810324628</id><published>2011-06-28T14:08:00.000+02:00</published><updated>2011-06-28T14:08:11.288+02:00</updated><title type='text'>L'art d'écrire ....</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-F_q2tfPbPoQ/TgnDhKdLUiI/AAAAAAAAAvY/YXnFH5wIjwM/s1600/Bretagne+2010-+DSC04862.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="214" src="http://4.bp.blogspot.com/-F_q2tfPbPoQ/TgnDhKdLUiI/AAAAAAAAAvY/YXnFH5wIjwM/s320/Bretagne+2010-+DSC04862.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;L'art d'écrire ne s'enseigne pas du haut d'une  chaire d'amphithéâtre. L'apprenti romancier qui prétend l'acquérir ne l'obtient  que de haute lutte par la fréquentation assidue des chefs-d'œuvre, voire celles  des œuvres mineures, qui seule pourra contribuer à son édification. Il faut  accompagner le livre dans tous ses méandres, il faut accepter de s'immerger  jusqu'à l'asphyxie dans la cadence, le phrasé, la période d'un autre pour  reprendre souffle sur une de ses plages et alors, peut-être, comprendre comment  naît le flux, ce qu'il porte, où il va.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;La lecture a été la seule école où Virginie  Douhet se soit sentie à son aise et dont elle ait beaucoup appris. Elle a lu des  milliers de romans et abordé chacun d'eux avec la curiosité passionnée du  gourmet comme s'il était un plat cuisiné par un grand chef. Bien sûr, jamais, au  grand jamais, celui-ci n'a livré sa recette. Du reste, elle ne cherchait pas une  recette, mais les fragments d'une révélation, les éclats d'un éblouissement  mental ou sensuel. Bien que non passive, surtout pas passive, elle s'est  longtemps, doucement laissé irradier par ses lectures.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana;"&gt;Casus belli, Anne Bragance, pp 100-101&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;&lt;i&gt;Pascale&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;&lt;i&gt;photo : cb&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: x-small;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-7084297696810324628?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/7084297696810324628/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=7084297696810324628&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/7084297696810324628'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/7084297696810324628'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/06/lart-decrire.html' title='L&apos;art d&apos;écrire ....'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-F_q2tfPbPoQ/TgnDhKdLUiI/AAAAAAAAAvY/YXnFH5wIjwM/s72-c/Bretagne+2010-+DSC04862.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-1814135918676658334</id><published>2011-06-19T14:34:00.001+02:00</published><updated>2011-06-19T14:36:42.976+02:00</updated><title type='text'>On n'est pas là pour disparaître</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-u6ZP26FJbgM/Tf3siDGFz9I/AAAAAAAAAvU/rFGZMHWypRE/s1600/101_0484.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="213" src="http://2.bp.blogspot.com/-u6ZP26FJbgM/Tf3siDGFz9I/AAAAAAAAAvU/rFGZMHWypRE/s320/101_0484.JPG" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;Les écrivains sont souvent superstitieux. Ils n'aiment pas raconter des  évènements épouvantables bien qu'entièrement inventés, de peur que la fiction  finisse par rejoindre la réalité et que, par on ne sait quelle opération  magique, ce qu'ils pensaient être le fruit de leur imagination ne se produise  dans leur existence même. Les écrivains sont souvent superstitieux. Je connais  même une étude universitaire très sérieuse sur ce phénomène qu'on peut appeler  sens de l'avenir, prédicition ou propension insconsciente à calquer sa vie sur  celle de personnages que l'on a forgés de toutes pièces. Quand on est sujet à  une telle superstition, l'écriture devient une activité extrêmement dangereuse  et l'on est retenu sans cesse dans son travail par une peur incontrôlable, la  peu en quelque sorte de déclencher les évènements par sa parole, la peur de  faire advenir dans les faits ce qui appartenait au domaine de la fiction.  Certes, c'est une peur qui a son revers, car croire tout ce qu'on écrira peut  avoir des conséquences sur le déroulement des faits, c'est s'octroyer un pouvoir  exhorbitant sur le monde, le hasard ou la fatalité. Il n'empêche. La  superstition, en général, inhibe notre capacité créatrice et nous tient en  captivité.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;em&gt;C'est pourquoi nombre d'écrivains préfèrent écrire des romans à l'eau de ose  que travailler sur la maladie de A. ou sur tout autre dégénérescence du corps et  de l'esprit. Personnellement, je ne suis pas exempte de ces craintes et je dois  avouer que la perspective d'écrire sur ce qu'il adviendrait de moi si j'étais  atteinte de cette maladie, ou si la personne qui partage ma vie en était  atteinte, est loin de me réjouir. Car non seulement il est désagréable de se  plonger, même en fiction, dans un avenir sombre et sans espoir, mais comme je  viens de le dire, on peut en plus craindre de déclencher par le seul pouvoir de  son imagination ce qu'on souhaiterait justement éviter à tout prix.&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;On n'est pas là pour disparaître, Olivia Rosenthal, pp. 36-37&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;Pascale&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;photo : m.cf&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-1814135918676658334?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/1814135918676658334/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=1814135918676658334&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/1814135918676658334'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/1814135918676658334'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/06/on-nest-pas-la-pour-disparaitre.html' title='On n&apos;est pas là pour disparaître'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-u6ZP26FJbgM/Tf3siDGFz9I/AAAAAAAAAvU/rFGZMHWypRE/s72-c/101_0484.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-2559417598612163107</id><published>2011-05-18T11:12:00.001+02:00</published><updated>2011-05-19T09:09:23.524+02:00</updated><title type='text'>Le cœur cousu</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: x-small;"&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;U&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana; font-size: x-small;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;n luxe infini que cette lecture perdue pour les autres ! Tous ces mots entrant pour ne plus jamais ressortir. Une véritable promenade d'agrément dans un jardin interdit, réservé aux nantis, aux lettrés, aux savants, un jardin où fleurissait l'ogueil des hommes masqué sous l'apparence d'un innocent chapelet de petites&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;i&gt;taches noires.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;Le&amp;nbsp;cœur cousu, Carole Martinez, p. 170&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;i&gt;Et ses mains, vous ai-je jamais parlé de ses  mains ?&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;i&gt;Les mains des conteuses sont des fleurs agitées  par le souffle chaud du rêve, elle se balancent en haut de leurs longues tiges  souples, fanent, se dressent, refleurissent dans le sable à la première averse,  à la première larme, et projettent leurs ombres géantes dans des ciels plus  sombres encore, si bien qu'ils paraissent s'éclairer, éventrés par ces mains,  par ces fleurs, par ces mot&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;s.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;i&gt;Anita ne sait plus lire, elle a oublié, elle  s'est soudain refusée aux mots écrits.&lt;br /&gt;Elle dit que l'écriture enterrera les  mains des conteuses et qu'aucune voix ne nous guidera plus dans les ténèbres du  mythe. Les lettres écrites, ces courbes, cette encre, ces mots morcelés,  pourriront sur les feuilles, mémoire morte. Les contes seront oubliés. Pour  elle, tout livre est un charnier. Rien ne doit être inscrit ailleurs que dans  nos têtes.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;i&gt;Elle a des contes tatoués sur les lèvres, un  baiser de sa bouche, une caresse de sa main nous les imprime sur le  front.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: x-small;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: x-small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;Le&amp;nbsp;cœur cousu, Carole Martinez, p. 324-325&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-b0JX6p_Vbxk/TdONNLy5WpI/AAAAAAAAAvQ/4lcVZ2O7C64/s1600/C+41xQHHsbLsL._SL500_AA300_.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://4.bp.blogspot.com/-b0JX6p_Vbxk/TdONNLy5WpI/AAAAAAAAAvQ/4lcVZ2O7C64/s1600/C+41xQHHsbLsL._SL500_AA300_.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;&lt;i&gt;Pascale&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;photo : amazon&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4985308415642766751-2559417598612163107?l=lesmusesatremplin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/feeds/2559417598612163107/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4985308415642766751&amp;postID=2559417598612163107&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/2559417598612163107'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4985308415642766751/posts/default/2559417598612163107'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesmusesatremplin.blogspot.com/2011/05/le-coeur-cousu.html' title='Le cœur cousu'/><author><name>Les muses à tremplin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05221581465082679178</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-b0JX6p_Vbxk/TdONNLy5WpI/AAAAAAAAAvQ/4lcVZ2O7C64/s72-c/C+41xQHHsbLsL._SL500_AA300_.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4985308415642766751.post-4864566278817636013</id><published>2011-05-08T23:09:00.000+02:00</published><updated>2011-05-08T23:09:29.585+02:00</updated><title type='text'>Variations sur un même thème</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-size: x-small;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 13px; font: normal normal normal 16px/normal Georgia; line-height: 18px;"&gt; &lt;div align="right" style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/--C30omYz9xM/TccFEa29EcI/AAAAAAAAAvM/JtbTSrawYYc/s1600/PICT0007NB.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="193" src="http://3.bp.blogspot.com/--C30omYz9xM/TccFEa29EcI/AAAAAAAAAvM/JtbTSrawYYc/s200/PICT0007NB.jpg" width="200" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right" style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right" style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right" style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;La première année de ta vie  commença dans une bulle.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Une  désirée bonne bulle.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Une  bulle rien que par et pour le bien.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Lors,  était-elle étanche?&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Pas  sûr du tout. En tout cas ma sérénité ne l'était pas.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Mais  une bulle éliminatrice et définitivement étanche sur la longueur, ai-je  farouchement espéré cahin caha dans le chaos de l'inconscience de ma vie.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Cette  bulle se trouvait être placée dans une chambre cuisinette d'un meublé du vieux  Texas. Fort douteux, sordide à ses heures, et plus encore à certaines autres.  Avec des gens.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Ton  père y habita. C'est par lui que j'y ai atté(incomplet)&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Maman&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Ma  mère a toujours aimé Dieu et les dictionnaires ; qu'elle déclame la Bible ou le  Petit Robert c'était pareil : nous étions tous fascinés par sa ferveur.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Enfin,  tous... Ma soeur et moi.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Nous  regardions ses poils sous les bras, ses cheveux gris mal peignés, ses grands  yeux qui s'écarquillaient. Nous nous mettions à rire. Elle aussi.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Une  fois, ma tante m'a dit que, lorsque nous étions petits, nous citions  régulièrement des noms de fruits comme : goyave, kiwi, ou papaye, ou lychees...  Nous récitions maladroitement des passages de l'Apocalypse selon Saint-Jean.  Nous chantions des chants Vietnamiens. Nous jouions à inventer des mots.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Tout  était possible puisque Dieu veillait sur nous...&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Et  puis un jour, à la sortie de l'école, Dieu n'a pas pu m'expliquer pourquoi elle  n'est pas venue. Nous l'avons attendue des heures et des heures. Ma petite sœur  pleurait ; je restais droit comme un cri mâché, le souffle court, les poings  serrés. C'est finalement notre grand-père - Papyli - qui est venu nous chercher.  J'ai appris plus tard qu'elle lui avait laissé un mot, expliquant qu'elle devait  partir parce qu'elle ne voulait pas être une mauvaise mère.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Le  temps a passé.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Elle  est revenue.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;On  l'a internée.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Et  nos grand-parents ont enfin eu notre garde officielle.&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;*&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;&lt;br style="margin: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;" /&gt;Je  la revois de temps en temps, qui arpente les rues de sa démarche lunaire. Je lui  dis parfois bonjour, parfois non. Je sais que si je lui parle j'aurai 5 minutes  de conversation pour deux-trois heures d
